
Après un arrêt brutal décidé en février 2025, le chantier de l’autoroute A69 entre Castres et Toulouse vient de franchir un tournant décisif. La cour administrative d’appel de Toulouse a rétabli les autorisations environnementales de ce projet de 53 km, déjà réalisé à plus de 80 %, ouvrant la voie à une reprise des travaux. L’État évoque désormais une mise en service attendue à l’automne 2026, malgré une polémique toujours vive sur le terrain.
Imaginée au début des années 2000 et déclarée d’utilité publique en 2018, l’autoroute A69 doit relier Castres à Toulouse. Mais le chantier de ce tronçon long de 53 km avait été stoppé net le 27 février 2025 par le tribunal administratif de Toulouse. Les magistrats avaient alors estimé que le projet ne répondait pas à une « raison impérative d’intérêt public majeur » suffisante pour justifier ses atteintes à la biodiversité, dénoncées par de nombreuses associations, et ce malgré l’utilité économique avancée par l’État et des élus locaux.
Face à cette décision, l’État avait fait appel et demandé un sursis à exécution, afin d’éviter une interruption prolongée d’un chantier déjà très avancé. Selon le concessionnaire Atosca, 82 % des terrassements et 95 % des ouvrages d’art et hydrauliques étaient déjà terminés.
En mai, la cour administrative d’appel avait autorisé la reprise provisoire des travaux, jugeant les arguments de l’État sérieux. La décision rendue le 30 décembre 2025 va plus loin : elle tranche sur le fond et valide définitivement les autorisations environnementales pour la poursuite du chantier.
Dans son arrêt, la cour administrative d’appel de Toulouse reconnaît explicitement l’existence d’une raison impérative d’intérêt public majeur pour cette liaison autoroutière. Elle estime également qu’aucune solution alternative satisfaisante n’était disponible et que les mesures environnementales prévues permettent de maintenir les espèces protégées concernées dans un état de conservation favorable.
Ce revirement par rapport à la décision de première instance vient conforter la position défendue par l’État depuis le début du contentieux : l’A69 répondrait à des besoins de mobilité et de désenclavement d’un territoire jugé insuffisamment connecté au réseau autoroutier national.
La décision clarifie la situation sur le plan juridique, mais elle ne met pas fin aux tensions locales. Le projet bénéficie du soutien d’une large partie des élus et des acteurs économiques du Tarn, qui mettent en avant la réduction des temps de parcours, des gains en sécurité routière et une meilleure desserte du territoire.
Concrètement, le temps de parcours entre les deux villes serait de 25 minutes avec l’A69, soit un gain estimé à près de 35 minutes par rapport à l’itinéraire actuel par la RN126.
À l’inverse, des collectifs écologistes mobilisés depuis plusieurs années continuent de dénoncer un projet jugé incompatible avec les enjeux environnementaux actuels. Le tracé affecte environ 420 hectares, dont des terres agricoles, et certaines associations évoquent un chantier qui s’étalerait sur une quarantaine d’hectares supplémentaires non déclarés.
Ces opposants estiment aussi que la construction de l’autoroute générerait 253 000 tonnes d’équivalent CO₂, un chiffre contesté par le concessionnaire, qui met en avant des mesures de compensation et des incitations tarifaires pour les véhicules à faibles émissions.
Avec cette décision, l’État entend sécuriser le calendrier. Les travaux se poursuivent officiellement en vue d’une mise en service annoncée pour octobre 2026. Une échéance encore conditionnée à l’absence de nouveaux rebondissements judiciaires, mais qui redonne de la visibilité à un projet longtemps qualifié d’« autoroute fantôme ».
En attendant, 1 000 ouvriers et quelque 320 engins de chantier vont reprendre du service.
En rétablissant les autorisations environnementales, la justice remet l’A69 sur les rails et redonne un cap clair à un chantier déjà très avancé. Mais entre promesse de désenclavement et contestation écologique, le projet reste un symbole des arbitrages difficiles à venir. La suite dépendra autant des travaux que de la capacité du territoire à se projeter dans ce que cette infrastructure va réellement changer.
53 km.
82 % des terrassements et 95 % des ouvrages d’art et hydrauliques étaient déjà terminés.
25 minutes, avec un gain estimé à près de 35 minutes par rapport à l’itinéraire actuel par la RN126.

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