Le constructeur chinois Great Wall Motor (GWM) veut accélérer son ancrage sur le Vieux Continent avec un cap clair: produire à grande échelle au plus près des clients. L’industriel, déjà connu pour sa marque électrique Ora, prospecte activement pour sa première usine en Europe et cite notamment l’Espagne et la Hongrie comme options prioritaires. De quoi sécuriser volumes, délais et compétitivité, tout en musclant sa présence commerciale.
Great Wall Ora 5, le SUV compact qui casse les prix ?
Ce plan industriel s’accompagne d’un feu vert produit très ambitieux: GWM prévoit au moins sept nouveautés dès le milieu de l’année, ciblant les segments à gros volumes. Star annoncée, l’Ora 5 arrive comme un SUV électrique compact dévoilé à Guangzhou et attendu en Europe à partir du second semestre 2026. Sous le capot, un moteur de 150 kW (204 ch) et des batteries LFP au choix, 45,3 kWh ou 58,3 kWh, pour des autonomies annoncées à 480 et 580 km selon le cycle CLTC. Rien de révolutionnaire sur la fiche technique, mais un positionnement prix qui pourrait faire très mal: en Chine, les précommandes démarrent à 109 800 yuans (environ 15 480 $). Reste à connaître la tarification européenne, qui sera déterminante face aux généralistes et aux nouveaux entrants.
Pour que l’implantation européenne décolle, GWM veut jouer la carte de l’efficacité totale: coûts d’énergie et de logistique serrés, chaînes d’approvisionnement optimisées et import de certains composants pour l’assemblage local. Objectif: encaisser au mieux les surcoûts et contourner l’effet ciseau des droits de douane sur les véhicules entièrement importés. Parker Shi, président de GWM International, parle d’un investissement massif et de long terme, avec un point d’équilibre recherché à chaque étape du projet pour garantir la viabilité économique et une montée en cadence durable.
Great Wall n’en est pas à son premier essai
Ce push européen n’arrive pas de nulle part. GWM a déjà tenté l’aventure industrielle en Europe en s’appuyant sur Litex Motors en Bulgarie, avec l’assemblage de la C10 et quelques autres modèles. L’initiative a pris fin après moins de 10 000 ventes, mais le groupe est revenu à la charge avec Ora et Wey, en misant sur un axe plus premium: 100% électrique pour Ora, hybride rechargeable pour Wey. Résultat mitigé jusqu’ici, avec des volumes en baisse et une présence encore discrète dans nos rues. À l’international, le groupe revendique pourtant plus de 450 000 véhicules vendus, preuve d’un potentiel qui reste à concrétiser chez nous. En bref, la mission est double: regagner des parts sur des segments dominés par les acteurs historiques et tenir la cadence face aux concurrents chinois déjà très actifs en Europe, à l’image de BYD qui multiplie les implantations.
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Journaliste automobile
Accro aux deux et quatre roues, je mixe actu et techno pour partager chaque jour l’essentiel de la mobilité, sans tourner le dos à l’histoire.






