
Dans une lettre ouverte adressée à la ministre de la Transition énergétique, Monique Barbut, le président de BMW Group France dit soutenir l’objectif : atteindre 33 % de voitures 100 % électriques dans les ventes en 2026. Sur le papier, le message est clair : l’entreprise ne remet pas en cause la direction.
Mais il ajoute une précision qui change tout : viser 33 % n’a de sens que si cela ne se fait pas au détriment du volume global du marché. En d’autres termes, afficher une part élevée ne sert pas à grand-chose si, dans le même temps, le nombre total d’achats s’effondre.
Le raisonnement est simple : un marché qui passerait de 1,7 million à 1,4 million d’unités, même avec 33 % d’électrique, aboutirait à moins de véhicules « propres » en valeur absolue.
Au-delà du pourcentage, la lettre insiste surtout sur l’instabilité réglementaire. Vincent Salimon met en avant un chiffre marquant : la fiscalité automobile française aurait connu plus de vingt changements en cinq ans, dont un dispositif rétroactif en février 2025.
Pour un constructeur, ces ajustements à répétition rendent la planification bien plus difficile. Les investissements se décident sur plusieurs années, alors que les règles fiscales, elles, peuvent évoluer d’un budget à l’autre. Dans ce contexte, avancer devient un exercice d’équilibriste.
Le dirigeant salue tout de même une décision : la suppression du malus au poids pour les véhicules électriques, qui devait initialement s’appliquer en juillet 2026 aux modèles dépassant 2 100 kilos.
Mais BMW Group France pousse pour aller plus loin, avec plusieurs pistes citées : l’extension de l’avantage en nature pour les véhicules de fonction électriques, un soutien au marché de l’occasion électrique, l’ouverture des voies de covoiturage aux véhicules 100 % électriques, un leasing social élargi, voire un moratoire sur la fiscalité automobile.
La lettre avance aussi un argument budgétaire : ces mesures ne coûteraient rien à l’État en s’autofinançant, notamment via le manque à gagner en TVA, qui se chiffrerait en milliards d’euros chaque année.
Dernier point mis en avant : un paradoxe difficile à ignorer. Alors que l’objectif est d’accélérer la décarbonation, les émissions moyennes du parc augmentent à mesure que l’âge moyen des véhicules progresse.
Si les ménages repoussent l’achat d’une voiture par manque de visibilité ou de pouvoir d’achat, la transition peut se retrouver freinée, faute de renouvellement du parc. L’industrie, elle, ne rejette pas l’objectif électrique, mais demande des règles stables et cohérentes pour avancer sans contraction du marché.
Au final, une question reste en suspens : le gouvernement misera-t-il sur le symbole des 33 %… ou sur le maintien d’un volume de ventes suffisamment élevé pour produire des effets concrets ?
Entre ambition climatique et réalité économique, le message de BMW Group France est limpide : accélérer l’électrique, oui, mais avec de la stabilité et une trajectoire qui ne casse pas le marché. Si les règles gagnent en cohérence, la transition pourrait enfin prendre de la vitesse — et devenir un mouvement durable, plutôt qu’un sprint sous contrainte.
En 2026, une voiture neuve sur trois devrait être 100 % électrique en France (33 %).
La fiscalité automobile française aurait connu plus de vingt changements en cinq ans, dont un dispositif rétroactif en février 2025.
La suppression du malus au poids pour les véhicules électriques, initialement prévue pour juillet 2026 au-delà de 2 100 kilos, est saluée.

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