
Même si le sujet fait moins de bruit qu’avant, l’affaire des airbags Takata est loin d’être réglée. En France, des dizaines de milliers de voitures attendent encore le remplacement d’un ou plusieurs airbags défectueux, y compris dans des zones où le risque d’explosion incontrôlée est plus élevé. Et comme certaines technologies utilisées par l’ancien équipementier japonais restent moins bien connues, l’État a décidé de serrer la vis avec de nouvelles mesures pour rendre les rappels plus efficaces.
L’affaire Takata, vieille de plus de dix ans, a vraiment explosé dans l’Hexagone avec le rappel de plusieurs dizaines de milliers de Citroën C3 et DS3. Les mesures se sont accélérées ensuite, avec des évolutions successives du cadre de contrôle. Mais le Gouvernement va plus loin avec un arrêté daté du 15 juin 2026, publié au Journal officiel le 20 juin. L’objectif : mieux encadrer les campagnes de rappel lancées par les constructeurs, parfois sous la contrainte, pour tenter de refermer ce scandale industriel majeur.
Le cœur des changements concerne les véhicules les plus anciens, produits avant septembre 1999. À cette époque, ces airbags n’utilisaient pas encore le nitrate d’ammonium (le composé chimique que l’on retrouve dans les airbags plus récents). Sur ces voitures de la fin des années 1990, Takata s’appuyait sur un gaz non azoté, le NADI 5-AT, pour gonfler le coussin de sécurité quasi instantanément en cas d’accident.
Ces modèles ne sont pas forcément concernés par un rappel de type « stop drive » (avec immobilisation immédiate du véhicule et possibilité de contre-visite au contrôle technique). Dans les faits, cela a souvent permis à des propriétaires de continuer à rouler. Mais désormais, les constructeurs devront mettre en place de nouvelles actions pour améliorer le niveau de connaissance de ces airbags à technologie ancienne, car l’État est mieux renseigné sur les générations plus récentes.
Avant le 31 août prochain, les marques qui utilisent des airbags NADI devront transmettre au Service de surveillance du marché des véhicules à moteur (SSMVM) un « plan de surveillance de l’état des airbags remplacés ». Concrètement, ce document doit inclure :
Des échantillons d’airbags remplacés devront aussi être transmis afin de permettre des essais indépendants.
Le but est clair : mieux évaluer la dangerosité de coussins gonflables pouvant parfois avoir une trentaine d’années. Le plan de surveillance donne lieu à des rapports semestriels, dont le premier doit être transmis au SSMVM avant le 28 février 2027.
En fonction des résultats, le SSMVM pourra ensuite se positionner sur la nécessité de modifier le périmètre des véhicules soumis à un « stop drive ». Autrement dit : les consignes pourraient se durcir à l’avenir pour certains véhicules. Les dispositions de l’arrêté restent applicables jusqu’au 31 juillet 2030.
Les modifications ne s’arrêtent pas aux véhicules anciens. Dans certains territoires d’outre-mer et en Corse, le contenu du rapport hebdomadaire transmis au SSMVM est revu à la hausse. Ce choix s’explique : ce sont des zones qui ont payé un lourd tribut dans cette affaire.
Leur climat plus chaud et plus humide est en effet le plus propice aux explosions incontrôlées d’airbags défectueux.
Dernier point marquant : la liste des constructeurs concernés évolue avec l’ajout de Porsche. Pourtant, la marque figure toujours parmi celles qui ne seraient pas touchées par le scandale Takata. L’explication donnée par le ministère de la transition écologique : Porsche a vendu des modèles « équipés d’airbags avec dessicant » qui doivent être placés sous surveillance.
Et si cette surveillance conclut que c’est nécessaire, un rappel pourrait ensuite être demandé par le Gouvernement.
En renforçant les contrôles sur les airbags les plus anciens, en musclant la surveillance dans les zones à risque climatique et en élargissant le périmètre des constructeurs suivis, l’État cherche à reprendre la main sur un dossier qui n’a jamais vraiment disparu. La prochaine étape pourrait bien être un durcissement des « stop drive » pour certains véhicules : un signal que la sécurité, elle, ne peut pas attendre — et que la suite de l’histoire reste à écrire.
Les véhicules les plus anciens, produits avant septembre 1999, sont les principaux concernés.
Un « plan de surveillance de l’état des airbags remplacés » doit être transmis, incluant notamment la recherche de fuites sur le gonfleur, un essai en enceinte fermée avec mesure de la pression de combustion pour une partie des gonfleurs, et d’autres analyses.
Leur climat plus chaud et plus humide est le plus propice aux explosions incontrôlées des airbags défectueux.
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