
À l’approche des municipales lyonnaises, Jean-Michel Aulas promet de s’attaquer à un classique local : les bouchons du tunnel de Fourvière. Son idée est radicale : creuser un nouveau méga-tunnel routier pour “faire sauter” les embouteillages, au prix d’un chantier long et coûteux, et potentiellement financé en partie par un péage.
Le secteur de Fourvière est présenté comme un enfer quotidien, avec des embouteillages qui se forment au pied de la colline. Ils pèsent sur la vie de 100 000 conducteurs qui circulent le long des berges du Rhône : une immense majorité de Lyonnais, mais aussi des automobilistes en transit, notamment pendant les périodes de congés scolaires.
Donné favori dans de récents sondages pour la mairie, Jean-Michel Aulas explique vouloir s’attaquer “sérieusement” à ces bouchons. L’ancien président de l’Olympique Lyonnais, fondateur de la société Cegid, bientôt âgé de 77 ans, affirme que, s’il est élu, il lancerait avec son alliée à la Métropole Véronique Sarselli un chantier d’ampleur destiné à fluidifier le trafic dans ce secteur.
Le projet, tel qu’annoncé, repose sur un tunnel de huit kilomètres à creuser sous Lyon et ses deux fleuves. Ambition assumée : “C’est à la hauteur de notre très haute ambition pour le territoire”, a justifié Jean-Michel Aulas.
Le calendrier et le budget avancés frappent fort : 10 ans de travaux, pour un coût estimé à deux milliards d’euros. Véronique Sarselli soutient pour sa part que ce tunnel pourrait “enlever 40 millions de véhicules par an” dans la ville.
Sur le financement, Jean-Michel Aulas se dit confiant quant à l’intérêt que pourraient avoir des acteurs privés, décrivant le projet comme un “véritable actif” qui pourrait s’amortir sur un temps long et créer des milliers d’emplois.
Et il n’écarte pas une option très concrète : une fois le chantier terminé et l’ouvrage mis en service, faire contribuer les usagers via un péage pour les conducteurs empruntant cette double voie routière sous Lyon.
La proposition ne fait pas l’unanimité, loin de là. Le président écologiste de la Métropole, Bruno Bernard, candidat à sa succession, balaye le projet en avançant que 85% des utilisateurs du tunnel de Fourvière veulent entrer dans Lyon, et non l’éviter.
Il le qualifie de “mirage technique et financier” qui “ne résout absolument rien”, et met en avant une autre piste : la gratuité du réseau de bus, métros et tramways de l’agglomération pour les mineurs dont les parents ont un abonnement.
Entre le méga-tunnel à 2 milliards sur 10 ans et la priorité donnée aux transports en commun, le débat met en scène deux visions très différentes de la mobilité à Lyon. Reste à voir laquelle s’imposera — et comment la ville choisira de se déplacer dans les années qui viennent.
Le projet évoque huit kilomètres de tunnel à creuser sous la ville.
Les travaux dureraient 10 ans.
Le coût est estimé à deux milliards d’euros.
Pendant que Lyon débat de tunnels, d’autres réalisent leur rêve automobile: une Porsche 911 en leasing souple avec garanties, grâce à Joinsteer.

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