
Les barèmes de Global NCAP ne font pas de cadeaux. Et la Toyota Starlet vendue en Afrique du Sud (qui n’est autre qu’une Suzuki Baleno rebadgée) vient de se prendre un carton rouge : zéro étoile pour la protection des adultes. Pire encore, l’organisme a interrompu certains essais tellement les résultats étaient mauvais.
La Starlet décroche zéro étoile sur le volet « protection des adultes », une performance rare — mais dont aucun constructeur ne veut. Global NCAP va même jusqu’à préciser qu’avec une telle note, la voiture reste « conforme aux normes d'homologation et donc légalement commercialisable, mais dépourvu de technologies de sécurité modernes essentielles ».
Si ce nom vous paraît lointain, c’est normal : la Toyota Starlet est principalement vendue en Afrique du Sud. En Europe, on a plutôt connu cette base technique sous un autre badge : Suzuki Baleno. Lors de son arrivée sur le marché en 2016, la compacte avait obtenu trois étoiles — et quatre avec des airbags supplémentaires en option. Entre-temps, comme c’est aussi le cas en Europe, les exigences du barème se sont durcies.
En une dizaine d’années, la compacte fabriquée en Inde a surtout reçu de nouveaux pare-chocs et quelques évolutions mécaniques lors du changement de blason. Côté sécurité, l’équipement correspond au minimum légal en Afrique du Sud : airbags frontaux et ESP.
Le gros point noir vient de la résistance structurelle. Lors d’un choc frontal, la zone des pieds subit d’importantes déformations. Et les résultats se dégradent encore lors d’une collision latérale avec un véhicule.
Sans airbags latéraux sur les modèles testés, le constat devient inquiétant : thorax et tête sont jugés insuffisamment protégés. La voiture et les mannequins ayant tellement mal encaissé l’impact, Global NCAP a renoncé au test de choc latéral contre un poteau.
Au final, la sentence est nette: zéro point, donc zéro étoile, pour la protection des adultes. En revanche, les enfants s’en sortent mieux avec 29,33 points et trois étoiles.
Richard Woods, directeur général de Global NCAP, a réagi sans détour : « Ce résultat zéro étoile pour Toyota est choquant. La Starlet, l’une des voitures les plus vendues en Afrique du Sud, présentait une carrosserie instable ainsi qu’une protection insuffisante de la tête et du thorax, deux points très préoccupants. »
Du côté de Toyota Afrique du Sud, la première ligne de défense est claire : le test serait obsolète. Le constructeur explique que le modèle testé correspondait à une version d’entrée de gamme en fin de carrière.
Toyota affirme que la Starlet est désormais systématiquement équipée d’airbags latéraux. Cela ne réglerait pas les faiblesses structurelles évoquées, mais améliorerait la protection des occupants en cas de choc latéral. Même si la voiture testée ne représenterait plus exactement celle actuellement en vente, la situation soulève malgré tout des questions sur les véhicules déjà en circulation — et, par extension, sur la sécurité des propriétaires de Suzuki Baleno dont ce modèle dérive.
En attendant de nouveaux tests, la note de zéro étoile reste celle en vigueur. Global NCAP a déjà annoncé avoir racheté anonymement des Toyota Starlet dans leur version actuelle afin de mener de nouveaux essais, qui pourraient être moins catastrophiques.
Ce zéro étoile rappelle une chose simple : être « légalement vendable » ne garantit pas un haut niveau de protection dans la vraie vie. Les prochains essais diront si la Starlet peut remonter la pente — et, surtout, si les évolutions annoncées suffisent à transformer un mauvais buzz en vraie amélioration de sécurité. L’avenir dira si ce modèle réussit à passer d’un symbole de retard à un exemple de rattrapage.
Zéro étoile pour la protection des adultes.
Des airbags frontaux et l’ESP.
29,33 points et trois étoiles.

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