
Volkswagen vit une période particulièrement mouvementée. Entre la concurrence chinoise, les droits de douane américains et une transition vers l’électrique qui coûte cher, les profits du groupe ont fortement chuté en 2025. Pour retrouver de la rentabilité, le constructeur prépare une restructuration d’ampleur qui pourrait aller jusqu’à 50 000 suppressions de postes en Allemagne d’ici 2030. Une transformation industrielle majeure pour l’un des plus grands groupes automobiles au monde.
À première vue, le tableau commercial reste impressionnant. En 2025, Volkswagen a réalisé 321,9 milliards d’euros de chiffre d’affaires, un niveau très proche de 2024 (à 324,7 milliards d’euros). Les volumes aussi tiennent : environ 9 millions de véhicules livrés dans le monde.
Le vrai décrochage, c’est l’argent que le groupe arrive à gagner avec tout ça. Le résultat opérationnel a été quasiment divisé par deux : 8,9 milliards d’euros en 2025 contre 19,1 milliards d’euros l’année précédente. Et la marge opérationnelle est tombée à 2,8 %, alors qu’elle était encore à 5,9 % en 2024. En clair : Volkswagen continue de vendre, mais chaque voiture rapporte beaucoup moins.
Le bénéfice net a lui aussi reculé fortement : environ 6,9 milliards d’euros en 2025, soit une baisse d’environ 38 à 44 % sur un an. C’est le niveau de rentabilité le plus faible depuis 2016, quand le groupe gérait les conséquences du Dieselgate.
Cette dégradation s’explique aussi par une série de chocs cumulés. Volkswagen a dû absorber près de 9 milliards d’euros de charges exceptionnelles, dont 5 milliards d’euros liés à l’ajustement de la stratégie électrique de Porsche, 3 milliards d’euros liés aux droits de douane américains, ainsi qu’environ 1 milliard d’euros de coûts liés aux restructurations en cours.
Au-delà des chiffres, Volkswagen fait face à un secteur automobile qui change vite et partout en même temps. Le directeur financier Arno Antlitz estime que les marges actuelles du groupe ne suffisent pas pour rester compétitif à long terme.
La Chine reste le plus grand marché du groupe, mais la pression monte. Les ventes de Volkswagen y ont reculé d’environ 6 %, tirées vers le bas par une concurrence locale de plus en plus agressive, notamment des constructeurs chinois spécialisés dans les véhicules électriques.
En Amérique du Nord, les ventes ont chuté d’environ 12 %, en grande partie à cause des droits de douane imposés par les États-Unis. À l’inverse, certains marchés résistent mieux : les ventes ont progressé d’environ 5 % en Europe et de 10 % en Amérique du Sud.
La bascule vers l’électrique est un autre défi central. En Europe, les commandes de véhicules électriques ont progressé d’environ 55 %, mais ces modèles restent plus coûteux à développer et à produire. Ils représentent aujourd’hui 22 % du carnet de commandes européen du groupe.
En parallèle, la demande mondiale pour les voitures électriques s’est révélée moins rapide que prévu. Résultat : plusieurs constructeurs, dont Volkswagen, revoient le rythme de leurs investissements.
Pour s’adapter à cette nouvelle réalité industrielle, Volkswagen prépare une transformation en profondeur. Le groupe a annoncé que jusqu’à 50 000 postes pourraient être supprimés en Allemagne d’ici 2030.
Une grande partie du mouvement concerne déjà la marque Volkswagen : un accord avec les syndicats prévoit 35 000 suppressions de postes au sein de la marque d’ici la fin de la décennie. D’autres divisions seraient aussi touchées, notamment Audi, Porsche et la filiale logicielle Cariad.
Si le plan va au bout, l’effectif en Allemagne pourrait passer d’environ 293 000 salariés fin 2024 à près de 250 000 dans les prochaines années, même en tenant compte de certains recrutements.
La restructuration s’inscrit dans un plan plus large pour améliorer l’efficacité. Volkswagen veut centraliser davantage certaines fonctions stratégiques. Les divisions achats, production et ventes seront pilotées directement depuis Wolfsburg sous l’autorité du directeur général Oliver Blume. L’objectif : simplifier l’organisation et mieux exploiter les synergies entre les marques du groupe, de Volkswagen à Audi, Porsche, Skoda ou Lamborghini.
Volkswagen affirme avoir déjà économisé 1 milliard d’euros en 2025 grâce aux premières mesures. L’ambition est d’atteindre plus de 6 milliards d’euros d’économies annuelles d’ici 2030.
Pour la suite, le groupe reste prudent : il prévoit une croissance du chiffre d’affaires comprise entre 0 et 3 %, avec une marge opérationnelle qui pourrait remonter entre 4 % et 5,5 %.
Volkswagen est face à un cocktail rare : tensions géopolitiques, bataille mondiale sur l’électrique et concurrence plus mordante que jamais. La stratégie est claire : reprendre le contrôle des coûts, simplifier la machine et tenter de reconstruire des marges plus solides. La question, maintenant, c’est de savoir à quelle vitesse le groupe peut se réinventer sans casser ce qui fait sa force — et si ce virage ouvrira une nouvelle ère plus durable pour l’industrie.
Jusqu’à 50 000 postes pourraient être supprimés en Allemagne d’ici 2030.
321,9 milliards d’euros de chiffre d’affaires ont été réalisés en 2025.
Le résultat opérationnel a atteint 8,9 milliards d’euros en 2025.

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