
Volkswagen vit un drôle de grand écart. D’un côté, l’électrique continue de grignoter du terrain en Europe. De l’autre, à l’échelle mondiale, le groupe recule sur les voitures 100 % électriques, notamment sur deux marchés qui comptent énormément : la Chine et les États-Unis. Fin des aides publiques, tensions commerciales et concurrence plus agressive : le décor a changé, et vite.
Sur le premier trimestre, le groupe Volkswagen a livré environ 200 000 voitures 100 % électriques dans le monde, soit -8 % sur un an. Le signal est clair : la progression n’est pas uniforme.
En Europe, la tendance est pourtant positive : les ventes de modèles électriques progressent de 11,5 %. La part de l’électrique monte à 20 % des livraisons en Europe de l’Ouest, contre 19 % un an plus tôt. En pratique, cela veut dire qu’une voiture livrée sur cinq par le groupe dans cette zone est désormais 100 % électrique.
Mais à l’échelle mondiale, la bascule reste plus lente : l’électrique ne représente encore que 9,75 % des livraisons du groupe, ce qui illustre un marché très contrasté selon les régions.
Le vrai point de rupture se situe hors d’Europe. En Chine, premier marché automobile mondial, les livraisons de voitures électriques du groupe chutent de 63,8 % sur un an. Aux États-Unis, le décrochage est encore plus violent avec -80,1 %.
Les raisons se recoupent. La fin des aides publiques à l’achat (en Chine fin 2025, et à l’automne aux États-Unis) a cassé une partie de la demande. S’ajoutent des facteurs structurels : hausse des droits de douane outre-Atlantique, concurrence très dure des constructeurs locaux en Chine, et guerre des prix qui pèse à la fois sur les volumes et sur les marges.
La difficulté n’épargne pas les autres motorisations. Toutes énergies confondues, Volkswagen a livré 2,05 millions de véhicules sur le trimestre, soit -4 % par rapport à 2025.
En Chine, les volumes globaux reculent de 15 %, et d’environ 20 % aux États-Unis. Même les marques premium du groupe encaissent le coup en Chine : Porsche recule de 21 % et Audi de 12 %.
Dans ce contexte, Volkswagen ajuste sa stratégie. Si l’électrique ralentit, les hybrides rechargeables créent une surprise positive : le groupe en a écoulé 109 000 sur le trimestre, soit +31 %. Pour beaucoup, c’est une technologie de transition qui reste très attractive.
Autre signal à surveiller : les commandes repartent légèrement. Les prises de commandes progressent de 3 % toutes motorisations confondues, et de 4 % pour les seuls modèles électriques. Des modèles comme le Skoda Elroq ou le futur Porsche Cayenne électrique participent à ce regain d’intérêt.
Pour la Chine, Volkswagen prépare une offensive avec une nouvelle génération de modèles électriques développés localement, via des partenariats avec des acteurs comme Xpeng ou SAIC. L’objectif est de proposer des voitures mieux adaptées aux attentes du marché chinois, aujourd’hui dominé par des marques locales très rapides, avec des usages fortement orientés vers le connecté.
Volkswagen n’est pas “contre” l’électrique : le groupe fait face à une réalité plus compliquée, où les règles du jeu changent selon les pays, les aides disparaissent, et la concurrence accélère. L’Europe donne de l’air, mais la vraie bataille se joue sur l’équilibre mondial et la capacité à proposer les bons produits au bon endroit. La suite dépendra d’une chose : transformer cette phase de transition en nouveau départ.
Le groupe Volkswagen a livré environ 200 000 voitures 100 % électriques dans le monde, en recul de 8 % sur un an.
La part des véhicules électriques atteint 20 % des livraisons en Europe de l’Ouest.
En Chine, les livraisons de voitures électriques du groupe ont chuté de 63,8 % sur un an, et aux États-Unis elles se sont effondrées de 80,1 %.

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