
En Europe, beaucoup d’armées roulent déjà avec des véhicules issus de modèles “civils”, adaptés ensuite aux besoins du terrain. L’Allemagne n’échappe pas à la règle : des Volkswagen modifiés circulent depuis des années. Mais avec le contexte géopolitique actuel, la marque change de braquet et annonce réfléchir à produire ses propres véhicules destinés aux forces armées.
L’idée : reconvertir son site d’Osnabrück pour aller plus loin que de simples adaptations. Et ce n’est pas qu’une intention sur le papier : en à peine quatre mois, les ingénieurs auraient déjà mis au point deux prototypes.
Jusqu’ici, Volkswagen contribuait surtout de manière indirecte : des carrossiers spécialisés comme Freytag Karosseriebau ou INTAX se chargeaient de modifier des Transporter et des Amarok. On restait sur des transformations relativement légères : peinture verte spécifique, équipements radio, éclairage modifié… bref, des véhicules encore proches de la série.
Avec une nouvelle division interne, le constructeur veut aller beaucoup plus loin : deux puis trois modèles adaptés à des usages variés.
Pour fabriquer ces véhicules spécifiques, l’usine d’Osnabrück doit devenir un élément central. Le site, situé dans le nord-ouest de l’Allemagne, compte 2 300 salariés et se spécialise dans la production de petites séries pour l’ensemble du groupe Volkswagen (cabriolets, roadsters), tout en travaillant aussi sur le développement de prototypes.
Premier véhicule annoncé sur ces lignes : le MV.1. Un prototype a déjà été présenté au salon de la défense allemand Enforce Tac, en février.
Le MV.1 est basé sur le Volkswagen Amarok, mais il va bien au-delà des modifications vues jusqu’ici. Son système électrique est dédoublé, avec un faisceau en 12 V et un second en 24 V. Des équipements sont ajoutés pour la communication, comme des radios et des ordinateurs portables.
La benne du pick-up est transformée en une plateforme de mission modulaire. Elle peut recevoir différents kits selon les besoins, avec une idée simple : viser un maximum de polyvalence pour parler à un maximum de corps d’armée. Ces kits doivent pouvoir être échangés directement sur le terrain par les militaires eux-mêmes.
Certaines configurations intègrent des tiroirs de rangement, une autre permet de transporter un quad. Pour augmenter les capacités d’emport, le pick-up peut aussi recevoir un attelage. Et en cas de situation difficile, un treuil est prévu, capable de tracter jusqu’à 3,6 tonnes.
Le MV.1 reçoit également un système de camouflage et un mode furtif développés par DES Defense (Diedrich Engineering Systems). L’objectif : réduire l’empreinte électromagnétique du véhicule, autrement dit le rendre difficilement détectable.
Les suspensions, les pneus et les protections sous le véhicule ont aussi été revus pour un usage militaire.
Pour déplacer le MV.1 et ses équipements, Volkswagen utilise le V6 3.0 TDI, associé à une boîte automatique à 10 rapports.
Volkswagen ne s’arrête pas au MV.1 : un MV.2 est également présenté. Changement d’échelle, de gabarit et d’usage, même si la logique de conception reste proche. Cette fois, la base est le grand utilitaire Crafter, avec les mêmes équipements standards de communication et de camouflage.
Le MV.2 bénéficie lui aussi d’une transmission intégrale et de renforts pour sortir des sentiers battus. Et surtout, il peut recevoir plusieurs configurations : centre d’opérations mobile, transport de troupes, évacuation de blessés, poste de surveillance d’opérations de drones, ou encore transport de motos pour les forces de reconnaissance.
Volkswagen annonce d’ailleurs que d’autres personnalisations seraient possibles selon les besoins.
La marque semble aussi avoir anticipé d’éventuelles tensions sur l’approvisionnement : le MV.2 et son 2.0 TDI peuvent fonctionner au gazole comme au kérosène, après quelques modifications.
Entre reconversion industrielle, prototypes déjà prêts et véhicules pensés comme de vrais outils multi-missions, Volkswagen ne se contente plus d’être un fournisseur indirect. Reste à voir jusqu’où cette nouvelle branche ira — et comment ces plateformes évolueront si la demande s’accélère. Une chose est sûre : l’automobile “de série” n’a jamais été aussi proche du terrain.
Le site d’Osnabrück, situé dans le nord-ouest de l’Allemagne, est celui que Volkswagen dit envisager de reconvertir pour produire ses véhicules destinés aux forces armées.
Le MV.1 est basé sur le Volkswagen Amarok, tandis que le MV.2 est basé sur le grand utilitaire Crafter.
Le MV.1 utilise le V6 3.0 TDI, associé à une boîte automatique à 10 rapports.

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