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Voitures de l’État : fin du thermique pour ministres et préfets dès 2027

Voitures de l’État : fin du thermique pour ministres et préfets dès 2027

Après avoir multiplié les aides à l’achat et relancé le leasing social, le gouvernement veut passer à l’étape suivante : montrer l’exemple. Une circulaire signée le 9 juin impose un basculement obligatoire vers l’électrique à partir du 1er janvier 2027 pour toutes les nouvelles voitures et utilitaires légers acquis par l’État. En parallèle, une campagne de communication est lancée autour du slogan « L’électrique, c’est fantastique ».

Dès 2027, l’État passera au tout électrique pour ses véhicules
Dès 2027, l’État veut basculer ses véhicules vers le tout électrique, avec des dérogations à justifier.

Pour le gouvernement, la crédibilité du discours passe désormais par l’exemplarité. L’idée est simple : difficile de convaincre entreprises et particuliers d’investir dans l’électrique si l’administration continue, elle, à renouveler ses flottes avec des modèles thermiques. Et pour embarquer le grand public, l’État pousse en même temps une campagne mettant en scène les bénéfices supposés de l’électrique.

Une directive stricte : 100% électrique pour les nouveaux véhicules de l’État dès 2027

À compter du 1er janvier 2027, tous les véhicules particuliers et utilitaires légers acquis par les services de l’État et leurs établissements publics devront être électriques. Le texte couvre large : achats de véhicules neufs ou d’occasion, et locations longue durée. Et ce n’est pas réservé aux véhicules “de service” au sens classique : l’obligation s’applique aussi aux véhicules des membres du gouvernement et des préfets, pour l’ensemble des usages administratifs.

Tous les véhicules particuliers et utilitaires légers acquis par l’État devront être électriques dès 2027
Le périmètre annoncé inclut voitures particulières et utilitaires légers acquis par l’État et ses établissements publics.

La mesure durcit un cadre déjà existant, mais jusque-là plus souple, qui fixait surtout des ratios de véhicules à faibles émissions lors des renouvellements. Là, le message est beaucoup plus net : le thermique pur comme les hybridations (y compris rechargeables) sont exclus des acquisitions ordinaires, au moins lorsque l’électrique est considéré comme opérationnel.

La directive précise aussi que l’obligation vaut « dès que les conditions d’opérations le permettent », reconnaissant que l’offre de véhicules et les infrastructures de recharge ne couvrent pas encore tous les usages. Pour le gouvernement, l’enjeu est double : réduire la dépendance aux carburants fossiles dans les transports et renforcer une forme de souveraineté énergétique en misant sur une électricité majoritairement nationale. Le discours relie aussi l’électrification du parc public à des enjeux économiques, sur fond de tensions internationales ayant renchéri les prix des carburants.

Des dérogations prévues pour les véhicules “opérationnels”

Tout ne peut pas basculer du jour au lendemain, et le texte le reconnaît. Certains services ont des véhicules soumis à des contraintes difficiles à concilier, pour l’instant, avec l’offre électrique : fortes charges utiles, autonomie prolongée, interventions urgentes, usage intensif. C’est typiquement le cas d’une partie des flottes de secours, des forces de l’ordre ou de certains services techniques. Pour ces parcs dits « à vocation opérationnelle », un processus spécifique est prévu.

Des aménagements possibles pour certains véhicules d’intervention urgente
Certains véhicules liés à des interventions urgentes pourront bénéficier d’aménagements.

Les administrations concernées devront toutefois justifier précisément leurs besoins et présenter avant fin 2026 une trajectoire d’électrification couvrant la période 2027-2029.

Les arguments jugés recevables sont encadrés : absence d’un modèle adapté, autonomie insuffisante, charge utile incompatible, infrastructures de recharge inadaptées ou contraintes techniques spécifiques. Mais ces dérogations ne sont qu’un sursis : la circulaire fixe déjà l’objectif final, avec une convergence de l’ensemble des flottes de l’État vers le 100 % électrique à l’horizon 2035. Le texte soulève aussi une question de fond : même avec une échéance repoussée, la pertinence d’une telle trajectoire interroge pour certains usages, notamment pour les véhicules de secours, des forces de l’ordre ou de corps d’armée, qui font pourtant partie des administrations d’État.

Une campagne grand public pour aligner l’État, les entreprises et les particuliers

L’électrification des flottes de l’État s’accompagne d’une campagne de communication. Sous le slogan « Électrifions la France » et la signature « L’électrique, c’est fantastique ! », le gouvernement annonce un dispositif multicanal : presse nationale et régionale, radio, réseaux sociaux, vidéo en ligne, et même un partenariat avec Le Bon Coin visant les moments de décision liés au logement et à la mobilité.

Campagne gouvernementale « Électrifions la France »
Le gouvernement déploie une campagne pour promouvoir le passage à l’électrique.

La campagne s’appuie sur trois registres présentés comme factuels : le pouvoir d’achat (environ 3 € pour 100 km en électrique, et 12 € pour un “plein” à domicile selon la campagne), le confort énergétique (promesse d’une facture de chauffage divisée par deux avec une pompe à chaleur face à une chaudière fioul ou gaz) et la facilité d’accès aux infrastructures, avec la mise en avant de la progression du réseau de bornes et des solutions de recharge.

Mais certains points font tiquer. Le chiffre de 3 € les 100 km repose sur un tarif de 0,19 €/kWh lié à une borne à domicile. Or, si la majorité des recharges se font bien chez soi, cette option reste loin d’être accessible à beaucoup de gens en immeuble : moins de 13% des immeubles collectifs ont validé l’installation d’une infrastructure de recharge, et un Français sur deux vit en immeuble. Résultat : sur borne publique, les tarifs ne seront pas les mêmes, et peuvent beaucoup varier selon la puissance, l’heure de recharge et l’emplacement, parfois bien plus que du simple au double.

Dernier détail qui n’est pas passé inaperçu : la voiture “générée” par IA utilisée dans la communication du gouvernement est jugée très éloignée du style d’une petite électrique produite en France, et plus proche visuellement d’une électrique chinoise.

Conclusion

En imposant le 100 % électrique pour ses nouveaux véhicules dès 2027, l’État affiche une volonté d’exemplarité et trace une trajectoire qui vise le tout électrique à l’horizon 2035, tout en laissant des portes entrouvertes pour les missions les plus contraignantes. Reste maintenant à voir si l’offre, la recharge et les usages réels suivront le rythme affiché — et si cette bascule peut devenir un vrai mouvement collectif plutôt qu’un simple mot d’ordre.

Foire aux Questions

À partir de quand les ministres et préfets devront-ils utiliser des véhicules électriques pour les nouvelles acquisitions de l’État ?

À compter du 1er janvier 2027, l’obligation s’applique aussi aux véhicules des membres du gouvernement et des préfets pour les nouvelles acquisitions concernées.

Quels types de véhicules sont concernés par l’obligation d’électrique pour les achats et locations de l’État ?

Ce sont les véhicules particuliers et les utilitaires légers acquis par les services de l’État et leurs établissements publics, que ce soit en neuf, en occasion ou en location longue durée.

Quel est l’objectif final fixé pour les flottes de l’État concernant l’électrique ?

L’objectif final est que l’ensemble des flottes de l’État converge vers le 100 % électrique à l’horizon 2035.

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