
Royaume-Uni, Italie, Espagne… dans plusieurs pays européens, les voitures chinoises signent des performances impressionnantes. Au point qu’aujourd’hui, les marques chinoises représentent 10 % des ventes de voitures neuves en Europe. Mais il y a une exception qui intrigue : la France.
Chez nous, aucune voiture chinoise n’apparaît dans le Top 20 des ventes. Une résistance assez unique, qui pose une vraie question : le fait de restreindre les aides selon le pays d’origine des véhicules est-il en train de changer la donne ?
On a beau être voisins, les palmarès des voitures neuves les plus vendues changent radicalement selon que l’on se trouve en Italie, en Belgique, en Espagne, au Royaume-Uni… ou en France. Et c’est précisément là que la différence saute aux yeux : la France fait partie des rares pays à encore résister de façon notable aux modèles chinois.
En France, ces voitures ne figurent pas en haut du classement, y compris lors des mois de lancement de nouveaux modèles — périodes qui provoquent souvent des pics d’immatriculations (ventes tactiques, démonstrations, flottes, etc.). À l’inverse, il suffit de traverser les Alpes pour voir des voitures chinoises s’installer parmi les meilleures places du marché italien. Et si vous passez la Manche, vous pouvez même tomber sur un SUV chinois en haut des ventes britanniques, toutes motorisations confondues.
Le classement italien récent illustre une montée en puissance rapide des marques chinoises. Leur multiplication joue un rôle clé : marques, sous-marques, modèles à la chaîne… un ensemble qui finit par peser lourd dans les chiffres, même si chaque véhicule pris séparément est rarement un best-seller.
Il existe cependant des exceptions, notamment sur des modèles populaires et abordables. Le mois dernier en Italie, le BYD Atto 2 a atteint la 3e place des ventes, derrière la Fiat Panda et la Dacia Sandero. La Leapmotor T03, qui était récemment sur la troisième marche du podium, est redescendue à la 6e place, derrière la Toyota Yaris et le Yaris Cross.
En Espagne, le constat est similaire : les MG cartonnent, et le SUV ZS se classe régulièrement parmi les meilleures ventes. Et on parle de pays qui ont pourtant une industrie automobile et des constructeurs nationaux.
En Grande-Bretagne, la percée est tout aussi spectaculaire : Jaecoo, tout juste arrivé, atteint déjà les sommets avec son modèle « 7 ». Sur le premier semestre, il pointe à la troisième place, derrière le Ford Puma et le Kia Sportage. Une performance marquante pour une marque sans image ni historique en Europe.
À l’échelle européenne, les voitures électriques chinoises sont déjà surtaxées. Mais en France, elles doivent aussi faire face à un cadre encore plus protecteur.
Les aides à l’achat sont conditionnées à l’origine des véhicules, et cette logique est renforcée par les critères du leasing social, devenu un élément majeur des immatriculations de voitures neuves. Ajoutez à cela un réflexe de préférence nationale qui joue en faveur des marques françaises — y compris sur l’électrique, où des modèles comme la Renault 5, le Scénic ou le Peugeot e-3008 performent.
En France, la première vente chinoise reste le BYD Atto 2, comme en Italie. Mais l’écart est net : il n’arrive qu’en 22e position au mois de juin, derrière le Citroën C5 Aircross.
Pour l’instant, en dehors de quelques coups d’éclat — notamment chez MG — le marché français résiste donc mieux que ses voisins. Certains constructeurs tentent de contourner l’absence de bonus avec de grosses remises : MG, par exemple, a baissé le prix de sa compacte MG4 de plusieurs milliers d’euros. Mais tous les constructeurs chinois n’ont pas la capacité financière de suivre cette stratégie.
Et le contexte se tend aussi côté rentabilité : ces derniers mois, la rentabilité de BYD a sérieusement perdu de sa vigueur à l’échelle mondiale. Un possible retour à la réalité après l’euphorie ?
Partout en Europe, les marques chinoises gagnent du terrain, mais la France continue de faire bande à part, portée par sa politique d’aides, le leasing social et une préférence nationale qui pèse dans les choix. Reste à voir si ce rempart tiendra face aux remises agressives et à l’offensive continue des nouveaux acteurs : le match ne fait peut-être que commencer.
Les marques chinoises représentent désormais 10 % des ventes de voitures neuves en Europe.
Le BYD Atto 2 s’est hissé à la 3e place des ventes en Italie, derrière la Fiat Panda et la Dacia Sandero.
Le BYD Atto 2 est 22e au mois de juin en France, derrière le Citroën C5 Aircross.

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