
Les voitures autonomes accumulent des millions de kilomètres de tests aux États-Unis. Mais un scénario très concret semble encore les mettre en défaut : l’interaction avec les services de secours. Au point que l’agence américaine de sécurité routière demande aux constructeurs et aux développeurs de prendre le sujet à bras-le-corps, après trop de situations où des véhicules sans conducteur auraient gêné pompiers, policiers ou ambulances.
Le message de l’agence américaine est direct : « Un véhicule automatisé incapable d'interagir en toute sécurité avec les secouristes représente un danger pour le grand public ». Pour l’organisme, même si la technologie est parfois présentée comme déjà prête, elle ne l’est pas complètement. Et quelque part, ce n’est pas surprenant : anticiper 100 % des situations reste une utopie. L’objectif, en revanche, est de s’en rapprocher, et cela implique de savoir gérer des signaux comme une sirène ou des gyrophares.
Pour l’instant, l’agence se contente d’une lettre ouverte adressée à l’ensemble des développeurs de véhicules autonomes. Mais l’avertissement est déjà posé : ces véhicules devront s’améliorer sur ce point.
Ces derniers mois, l’agence a constaté un problème récurrent : des véhicules autonomes interfèrent avec les forces de l’ordre et les autres services d’urgence. De nombreux cas ont été recensés où des véhicules autonomes ont pénétré directement sur des lieux d’intervention, bloqué la circulation des ambulances et des pompiers, ou encore omis de reconnaître et de réagir à des signaux de sécurité élémentaires tels que les gyrophares, les fusées éclairantes, la fumée, les incendies et les cônes de signalisation. En clair : un véhicule autonome incapable d’interagir en toute sécurité avec les services d’urgence représente un danger pour la population.
Cette lettre est signée par Jonathan Morrisson, principal administrateur de l’agence, qui appelle les acteurs concernés à réagir vite : ils doivent concentrer immédiatement leurs ressources sur la résolution de ce problème. Aucun acteur n’est cité nommément, mais la presse texane a notamment rapporté un épisode où un véhicule Waymo (Google) aurait bloqué le trafic alors que des camions de pompiers se rendaient en urgence sur un incendie.
La voiture autonome bénéficie de plus de latitude dans certains États américains qu’en Europe, mais elle reste imparfaite. Plusieurs enquêtes de l’agence sont toujours en cours sur des dossiers impliquant des blessés graves et des morts, directement ou indirectement, dans des accidents liés à des véhicules autonomes. L’enquête la plus médiatisée concerne Tesla, mais le constructeur n’est pas le seul visé.
Cette réalité permet aussi de comprendre pourquoi certaines marques européennes avancent de manière plus prudente sur un sujet très complexe, dans lequel les clients et automobilistes peuvent se retrouver, de fait, dans une position de cobaye ou de beta testeur.
Le constat est simple : tant que les véhicules autonomes ne sauront pas réagir correctement face à une scène d’intervention — gyrophares, fumée, cônes, véhicules prioritaires — la promesse de sécurité restera incomplète. La suite se jouera sur la capacité des industriels à traiter ces situations comme des priorités absolues, pour que la route de demain laisse enfin passer l’urgence sans hésitation.
La NHTSA constate que des véhicules autonomes interfèrent avec les forces de l’ordre et les services d’urgence, en entrant sur des lieux d’intervention, en bloquant ambulances et pompiers, ou en ne réagissant pas à des signaux comme les gyrophares, la fumée, les incendies et les cônes de signalisation.
La lettre est signée par Jonathan Morrisson, principal administrateur de la NHTSA.
La presse texane a rapporté un cas où un véhicule Waymo (Google) aurait bloqué le trafic alors que des camions de pompiers se rendaient en urgence sur un incendie.

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