
Depuis son rachat par BMW, Rolls-Royce est surtout associé à des V12 puissants, raffinés, doux et silencieux. Mais il existe une autre facette bien moins connue du grand public : Rolls-Royce Power Systems, une filiale qui conçoit des moteurs pour des usages commerciaux et militaires. Son projet le plus spectaculaire du moment ? Un V10 diesel hybridé affichant une puissance cumulée annoncée à plus de 1 900 ch.
Non, il ne s’agit pas d’un moteur destiné à se glisser sous le capot d’un Cullinan ou d’une Phantom. Rolls-Royce Power Systems travaille sur un nouveau V10 diesel pour une mission très différente : motoriser le futur char qui doit remplacer à la fois les Leopard 2 allemands et les Leclerc français.
Pour ce programme, le BAAINBw (Bureau de liaison allemand pour le matériel de défense) a chargé Rolls-Royce de développer le moteur de ce futur engin. Le contexte est clair : les plateformes actuelles vieillissent. Le premier char Leclerc de série a été livré en 1991, tandis que le Leopard 2 est entré en service en 1979. Très répandu dans plusieurs armées européennes, le Leopard 2 a été engagé dans de nombreux conflits.
Le nouveau moteur est dérivé d’une famille déjà existante chez le constructeur : les MTU 199. La configuration retenue est un V10 de 20 litres, une cylindrée énorme, que même les camions les plus performants ne proposent pas.
Rolls-Royce Power Systems annonce déjà une puissance supérieure à 1 400 kW, soit plus de 1 900 ch. Le couple n’a pas été communiqué, mais il est présenté comme devant être encore plus colossal. L’objectif est simple : fournir l’énergie nécessaire pour déplacer environ 60 tonnes sur des terrains difficiles.
Pour atteindre ces performances, le diesel est épaulé par un moteur électrique. Et ici, l’idée n’est pas de “verdir” l’engin : l’usage de cette technologie n’a pas pour but de réduire les émissions de CO2 ni d’éviter un quelconque malus écologique.
Les deux moteurs peuvent fonctionner indépendamment ou ensemble. Le système électrique a aussi un rôle pratique : il peut alimenter les différents appareils électroniques à bord en cas de souci avec l’alimentation standard.
Autre détail important : le moteur thermique peut accepter plusieurs carburants.
Le futur char doit également être associé à une transmission fournie par ZF. Dans un char, la transmission est critique : elle ne se limite pas à la propulsion, elle participe aussi à la direction et intègre le freinage. Pour l’instant, si le développement du moteur est déjà bien avancé, les autres composants du futur char le sont moins.
Dans le monde des blindés, la durée de vie opérationnelle est longue — et la conception l’est tout autant. Les premiers prototypes roulants sont attendus d’ici 2030, et la mise en service effective dans les armées ne devrait intervenir qu’à partir de 2040.
À ce moment-là, les premiers chars Leclerc totaliseront 49 ans de service “dans les chenilles”, et les Leopard 2 pourront atteindre jusqu’à 63 ans. Bien sûr, les premiers exemplaires sont entretenus et reçoivent parfois des équipements plus modernes pour rester utilisables.
Ce V10 diesel hybride montre que, loin des voitures de luxe, Rolls-Royce Power Systems prépare une motorisation taillée pour des contraintes extrêmes : puissance massive, hybridation pragmatique, et compatibilité multi-carburants. La suite se jouera désormais sur l’intégration complète du véhicule — et si le calendrier est respecté, la prochaine génération de chars pourrait bien redéfinir la norme en matière de propulsion lourde.
Rolls-Royce Power Systems annonce une puissance supérieure à 1 400 kW, soit plus de 1 900 ch.
Le moteur retenu est un V10 de 20 litres issu de la gamme MTU 199.
La mise en service effective dans les corps d’armées ne devrait intervenir qu’à partir de 2040.

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