
Great Wall Motor (GWM) remet les gaz en Europe après un premier passage resté discret. Cette fois, le groupe chinois annonce un plan plus musclé : au moins 10 nouveaux modèles dans les deux prochaines années, avec une commercialisation prévue sur 13 marchés européens à court terme, dont la France.
Mais l’annonce la plus intéressante n’est pas seulement une question de volume. GWM change aussi de méthode : au lieu de miser principalement sur l’électrique, le constructeur prévoit une offre multi-énergies où thermiques, hybrides et électriques cohabitent. Une façon d’ajuster sa copie face à un marché européen qui, lui aussi, n’avance pas partout au même rythme.
Lors de sa première tentative en Europe, Great Wall s’était appuyé notamment sur Ora pour l’électrique et Wey pour l’hybride rechargeable. Problème : la stratégie est restée confidentielle dans un environnement déjà ultra-concurrentiel.
Le constat est brutal : les ventes européennes de GWM ont reculé de 25,4 % en 2024 puis de près de 30 % en 2025, pour tomber autour de 3 500 unités. Pendant ce temps, d’autres marques chinoises ont accéléré et occupé le terrain bien plus vite.
GWM semble donc tirer une leçon simple : l’Europe n’est pas un bloc “100 % électrique”. Plusieurs pays continuent de plébisciter les hybrides ou des motorisations thermiques abordables. Résultat : le groupe veut coller davantage aux réalités locales, plutôt que d’imposer une seule solution partout.
Le plan ne se limite pas aux voitures. GWM annonce une montée en puissance rapide de sa présence commerciale : l’Espagne et l’Italie doivent accueillir de nouvelles structures locales, et la Pologne suivra dans les prochains mois.
Le groupe a déjà officialisé sa filiale espagnole, confiée à d’anciens cadres du secteur automobile local. L’Espagne est présentée comme un choix prioritaire car c’est un marché réputé plus ouvert aux marques chinoises, avec un réseau de distribution jugé réceptif et une progression rapide de nouveaux entrants.
Et sur le long terme, l’ambition reste industrielle : Great Wall vise toujours une usine européenne capable de produire 300 000 véhicules par an d’ici à 2029, même si aucun site n’est confirmé à ce stade.
Dans les premiers véhicules attendus, on retrouve notamment l’Ora 5, une compacte qui doit jouer un rôle central. D’autres SUV et tout-terrain sont aussi évoqués, comme le Jolion Max ou le H7.
Le vrai défi, c’est le timing : Great Wall revient dans une Europe plus encombrée qu’en 2022. Les constructeurs historiques défendent leurs positions, pendant que plusieurs marques chinoises ont déjà pris de l’avance. En clair : même avec une gamme élargie, il faudra se faire une place sur un marché devenu nettement plus saturé.
Avec 10 modèles annoncés, une implantation commerciale renforcée et une stratégie qui assume le mélange des motorisations, Great Wall veut transformer un premier essai timide en vrai retour. Reste à voir si cette approche plus flexible suffira à percer dans une Europe où la concurrence n’a jamais été aussi dense.
Une chose est sûre : l’avenir se jouera moins sur les promesses et plus sur l’exécution, pays par pays, modèle par modèle.
Great Wall Motor annonce l’arrivée d’au moins 10 nouveaux modèles en Europe au cours des deux prochaines années.
Great Wall Motor prévoit une commercialisation sur 13 marchés européens à court terme, dont la France.
Great Wall Motor vise une usine européenne capable de produire 300 000 véhicules par an d’ici à 2029.

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