
À l'origine, tout part d'une demande très simple formulée par un client : imaginer une version fermée de la Morgan Midsummer, ce modèle spectaculaire conçu avec Pininfarina. Deux ans plus tard, l’idée devient une vraie voiture : la Morgan Midsummer Coupé, produite à neuf exemplaires seulement.
Et non, il ne s’agit pas d’une Midsummer à laquelle on aurait « juste » ajouté un toit. Morgan explique avoir repris le projet presque depuis zéro, avec une nouvelle approche du design, de l’architecture et du développement. Résultat : une interprétation plus proche d’un grand coupé de tourisme, où se croisent artisanat traditionnel, aluminium et technologies modernes.
La Midsummer Coupé garde un lien évident avec la barquette dont elle dérive, mais Morgan insiste : ce n’est pas une simple verrière ajoutée par-dessus. Le passage au toit fixe change les proportions et l’équilibre général de la voiture.
La nouvelle silhouette se distingue par une immense surface vitrée et une ligne de toit qui se prolonge naturellement vers l’arrière. L’ensemble évoque davantage les grands coupés artisanaux italiens ou britanniques des années 1950 et 1960 : long capot, habitacle rejeté vers l’arrière et vitrages généreux, dans un style immédiatement reconnaissable chez Morgan.
Ce choix répond aussi à une logique très concrète d’usage. Morgan met en avant une meilleure protection contre les intempéries, une isolation renforcée et une climatisation intégrée. Une philosophie qui s’éloigne de la Midsummer originelle, pensée avant tout comme une barquette à ciel ouvert.
À bord, la Midsummer Coupé ressemble presque plus à un objet d’artisanat qu’à une automobile moderne. Le teck reste central, accompagné de cuir, d’aluminium et d’une multitude de détails réalisés à la main. Sous l’immense verrière, l’ambiance se veut à la fois chaleureuse et étonnamment contemporaine, fidèle au mélange de tradition et de modernité revendiqué par Morgan.
Cette version Coupé a exigé un gros travail de développement. Morgan a créé une nouvelle architecture intégrant notamment des montants de pare-brise en aluminium usinés dans la masse et des vitrages structurels qui participent directement à la rigidité de l’ensemble.
Malgré cette conception plus complexe, le constructeur annonce un surpoids limité à 2,5 % par rapport à une Supersport équipée d’un hard-top.
Morgan reste aussi fidèle à ses signatures historiques : le célèbre cadre en frêne demeure intégré à la structure. Les panneaux d’aluminium, eux, continuent d’être formés à la main avant d’être assemblés avec l’aide d’outils numériques modernes. Une façon très Morgan de marier savoir-faire ancien et méthodes actuelles.
Côté mécanique, sous le long capot prend place un six-cylindres en ligne BMW turbocompressé, associé à une boîte automatique ZF à huit rapports. Morgan ne communique pas la puissance dans ses informations, mais rappelle que la Midsummer présentée précédemment utilisait cette base dans une configuration de 340 ch et 500 Nm.
Au-delà de l’objet automobile, la Midsummer Coupé reflète la volonté de Morgan de développer une activité de carrosserie sur mesure. Chacun des neuf exemplaires sera conçu en étroite collaboration avec son futur propriétaire.
Couleurs, selleries, essences de bois, détails de finition : la personnalisation annoncée est poussée, au point de faire de chaque voiture une pièce à part. Le prototype présenté, qualifié par Morgan d’« épreuve d’artiste » (un clin d’œil au monde de l’art), ne rejoindra pas un client privé : après sa tournée de présentation, il intégrera la collection du musée Louwman, aux Pays-Bas.
Au final, la Morgan Midsummer Coupé incarne ce genre de création difficile à justifier uniquement par la raison : une voiture conçue pour le plaisir, l’élégance et la passion — et qui rappelle qu’il existe encore des projets capables de faire rêver.
Partie d’une conversation et d’une idée de client, la Midsummer Coupé montre jusqu’où Morgan peut aller quand on lui demande d’imaginer une voiture hors normes : structure retravaillée, verrière spectaculaire, artisanat omniprésent et production ultra-limitée. Si cette approche du sur-mesure continue de grandir, elle pourrait bien redessiner la manière dont on imagine les voitures d’exception, une pièce unique à la fois.
Neuf exemplaires seront construits.
Un six-cylindres en ligne BMW turbocompressé est associé à une boîte automatique ZF à huit rapports.
Il intégrera la collection du musée Louwman, aux Pays-Bas.

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