
Stellantis a beau avoir levé le pied sur le marché chinois, le groupe pourrait bien refaire surface… mais via une approche plus pragmatique : s’appuyer sur son partenaire historique Dongfeng. L’idée, qui circule en coulisse, ressemble à un échange de bons procédés : Stellantis ferait produire certaines de ses voitures en Chine par Dongfeng, et en retour, Dongfeng pourrait utiliser des usines européennes de Stellantis pour assembler ses propres véhicules.
La direction actuelle de Stellantis a déjà confirmé un vaste plan d’investissements pour l’Amérique du Nord. En revanche, sur le volet européen, les intentions restent difficiles à lire, avec un grand plan annoncé mais pas encore détaillé. Et parmi les scénarios qui font le plus réagir, il y en a un qui pourrait clairement faire grincer des dents : voir des voitures chinoises sortir d’usines Stellantis situées en Europe, notamment dans des pays où le sujet industriel est ultra-sensible.
Stellantis a déjà accéléré l’arrivée de Leapmotor en Europe. Le constructeur chinois a confirmé fin mars qu’il produirait sur le continent, notamment en Espagne ou en Pologne, dans des usines… de Stellantis.
Mais ce partenariat pourrait n’être qu’un début. Stellantis pourrait aussi activer un autre levier : Dongfeng. Le groupe, après des échecs de certaines campagnes produits, avait quitté la Chine « la tête basse ». L’option étudiée serait alors de revenir progressivement en faisant produire certaines voitures Stellantis directement en Chine via Dongfeng.
Le “deal” ne s’arrêterait pas là : en échange, Dongfeng profiterait d’un appareil industriel européen jugé sous-exploité. Dans un contexte où, pour de nombreux constructeurs, les taux moyens d’occupation des usines en Europe sont faibles, il resterait de la place sur les lignes d’assemblage pour fabriquer des modèles chinois destinés au marché européen.
Et pour ces industriels, la logique est simple : la porte du marché américain s’étant fermée, l’Europe devient un axe de développement majeur. Dans ce mouvement, Leapmotor prévoit d’ailleurs de vendre plus de 100 000 voitures en dehors de Chine, dont une partie non négligeable en Europe.
D’après Automotive News, des représentants chinois auraient déjà visité des usines Stellantis en Allemagne et en Italie. Objectif probable : évaluer la faisabilité industrielle de la production de véhicules issus d’un constructeur chinois dans ces sites.
Plus marquant encore, une source citée évoque que Stellantis ne se limiterait pas forcément à un seul allié chinois. Et il existerait même la possibilité qu’un partenaire finisse, à terme, par acquérir l’usine concernée en son nom propre.
Si ces discussions se confirment, elles donneraient un indice sur une ligne stratégique possible en Europe : réduire le risque en ouvrant davantage l’outil industriel, dans un contexte compliqué pour un groupe qui aligne 14 marques — et même 15 avec Leapmotor. De quoi alimenter les inquiétudes autour des marques les plus fragiles ou les plus exposées du portefeuille, comme Alfa Romeo, Lancia, Maserati, et même DS.
Entre capacité industrielle disponible, alliances avec des groupes chinois et repositionnement sur des marchés devenus très concurrentiels, Stellantis semble explorer des options qui pourraient redessiner la carte de l’assemblage automobile en Europe. Si ce type d’accord voyait le jour, il pourrait bien devenir un symbole d’une nouvelle ère : plus interconnectée, plus pragmatique, et pleine de défis à relever pour l’industrie du continent. L’avenir dira jusqu’où ira cette ouverture.
Dongfeng pourrait produire des voitures Stellantis en Chine, et en échange, Dongfeng pourrait utiliser des usines européennes de Stellantis pour produire ses propres véhicules.
Des usines Stellantis en Allemagne et en Italie auraient été visitées par des représentants chinois.
Leapmotor prévoit de vendre plus de 100 000 voitures en dehors de Chine.

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