
En Europe, Suzuki passe souvent sous les radars (à part peut-être la Swift). Pourtant, à l’échelle mondiale, la marque est en train de prendre une trajectoire très solide — au point de pouvoir devenir le deuxième constructeur japonais le plus vendeur derrière Toyota. Et pour la première fois, Suzuki pourrait même passer devant Honda, alors que Honda est présent sur davantage de marchés, comme l’Amérique du Nord.
En France, Suzuki écoule un peu plus de 20 000 voitures par an, dans une relative discrétion, notamment depuis la disparition du Jimny. Mais l’essentiel se joue ailleurs : la marque vient d’annoncer ses objectifs pour son exercice 2026 (clôture au 31 mars).
Suzuki vise une hausse de 7,1 % de ses ventes : de 3,32 millions de voitures vendues en 2025 à 3,55 millions en 2026. Après une progression de 2,4 % l’an dernier, le renouvellement de plusieurs modèles lui permet d’afficher des ambitions plus élevées.
Si Suzuki peut viser la deuxième place, ce n’est pas seulement grâce à sa propre dynamique : c’est aussi parce que Honda traverse une période plus compliquée côté automobile.
Les ventes de voitures de Honda ont reculé de 8,9 % en un an pour atteindre 3,38 millions d’unités en 2025. Pour 2026, l’objectif n’est pas une vraie relance, mais plutôt de limiter les dégâts avec une hausse d’à peine 10 000 unités, afin d’atteindre 3,39 millions de voitures.
Et même la troisième place n’est pas forcément verrouillée : Nissan pourrait aussi se rapprocher, avec une prévision de 3,3 millions de voitures produites en 2026, un niveau très proche des objectifs affichés par Honda.
Le point clé, c’est l’Inde. Suzuki n’est pas présent sur le marché nord-américain, mais compense largement grâce à des performances impressionnantes sur le marché indien, où se fait la moitié de ses ventes mondiales.
Via sa coentreprise avec Maruti, Suzuki a vendu 1,8 million de voitures en Inde en 2025, en étant très largement leader. À titre de comparaison, Honda n’y occupe que la neuvième place avec 61 485 voitures vendues, et Nissan fait encore moins bien avec une douzième place et 22 604 ventes. Même Toyota, pourtant numéro un mondial, est derrière en Inde avec 351 582 voitures écoulées.
À l’échelle mondiale, Toyota garde une avance massive, avec 10,5 millions de voitures vendues par an. Autrement dit, la course au « plus grand constructeur japonais » n’est pas vraiment une course.
D’ailleurs, Toshiro Suzuki a indiqué que la marque ne cherchait pas spécifiquement à devenir numéro deux. Le cap affiché est clair : dynamiser au maximum le marché indien. Avec dix modèles de la marque parmi les vingt voitures les plus vendues du pays, l’objectif paraît à portée.
Suzuki n’a peut-être pas l’aura la plus bruyante en Europe, mais sa trajectoire mondiale raconte une autre histoire : une marque qui avance vite, portée par l’Inde, pendant que Honda tente surtout de stabiliser ses volumes. Si cette dynamique se confirme, l’ordre établi entre constructeurs japonais pourrait bien être bousculé — et ce n’est peut-être que le début.
3,55 millions de voitures en 2026, contre 3,32 millions en 2025.
3,38 millions d’unités en 2025, après un recul de 8,9 % en un an.
1,8 million de voitures en Inde en 2025 via sa coentreprise avec Maruti.

De l'achat, à la revente, au financement, en passant par les derniers projets de loi automobile, Voiture Malin est la référence de l'info automobile
