
Pour les coupés et cabriolets sportifs, les temps sont durs sur le marché français. De la Mazda MX-5 à la Ferrari 296 en passant par l’Alpine A110 ou la Porsche 911, la plupart des modèles de cette catégorie enregistrent une forte baisse de leurs ventes sur les cinq premiers mois de 2026. Pour certains, comme la Ford Mustang, les immatriculations deviennent carrément symboliques dans l’Hexagone, en grande partie à cause d’un malus écologique toujours plus dissuasif.
Dans un contexte difficile pour Porsche, les ventes de 911 restent au beau fixe dans le monde. En 2025, le modèle a trouvé 51 583 acheteurs à l’échelle globale, un record pour cette voiture et un score exceptionnel pour sa catégorie.
Mais en France, l’ambiance est beaucoup moins lumineuse : après avoir déjà reculé de 15 % l’année précédente, les immatriculations de la Porsche 911 ont quasiment été divisées par deux sur les cinq premiers mois de 2026. Seulement 92 exemplaires ont été écoulés sur cette période, toutes versions confondues.
La raison de cet effondrement est assez claire. Depuis le début de l’année, le barème du malus écologique s’est encore durci. Même si les 911 GTS et Turbo S sont passées à l’hybride depuis le restylage de l’actuelle génération, cette technologie sert surtout à augmenter les performances. Résultat : les rejets de CO2 restent trop élevés pour éviter le plafond fiscal de 80 000 €.
Pour donner une idée, ce montant représente 56 % du prix d’une 911 Carrera de base, affichée à 141 500 € hors options. De quoi refroidir des clients, y compris très aisés, qui peuvent refuser de payer autant, ne serait-ce que par principe.
La situation est encore plus brutale pour la Ford Mustang, pourtant présentée comme la plus accessible des sportives à moteur V8. Sur le papier, elle commence à 59 800 €. Mais avec un malus bien plus dissuasif que dans la majorité des pays européens, l’addition est plus que doublée et frise les 140 000 €.
Sans surprise, les acheteurs fuient : depuis le début de l’année, seuls 4 exemplaires ont été immatriculés, soit une baisse de 63,64 % par rapport à 2025. À titre de comparaison, la dernière Lotus thermique, l’Emira, n’a trouvé aucun amateur en 2026 pour l’instant (contre deux unités écoulées douze mois plus tôt).
Jusqu’en fin d’année précédente, certaines marques de luxe semblaient mieux encaisser les assauts d’un malus écologique qui pouvait déjà grimper à 70 000 €. Mais ce rempart ne tient plus vraiment. Même Ferrari subit une lourde chute de 47 %.
Le best-seller de la marque, la 296, a été touché de plein fouet par la révision du calcul des consommations des hybrides rechargeables au 1er janvier 2026. Ses émissions de CO2 sont passées de 149 g/km à 201 g/km, notamment à cause de la taille modeste de sa batterie. Conséquence directe : elle se prend elle aussi la punition fiscale maximale. Seuls 13 exemplaires ont été écoulés, dont 12 pour la toute nouvelle version spéciale.
Le constat n’est pas plus glorieux pour Aston Martin, Bentley, McLaren ou Maserati, avec des baisses situées entre 25 % et 46 %. Lamborghini fait partie des rares exceptions, avec une hausse de 14,63 %. Une partie de cette progression est liée au SUV Urus, mais 11 unités de la supercar Revuelto ont aussi été immatriculées (quatre de plus que sur les cinq premiers mois de 2025). Les quatre premiers exemplaires français de la Temerario, remplaçante de l’Huracan, ont également contribué modestement à ce résultat.
À l’autre extrémité du spectre, même avec un malus et des tarifs plus mesurés, la Mazda MX-5 souffre. Seuls 178 clients ont choisi ce roadster japonais. La disparition de la version la plus puissante n’a probablement pas aidé, et le remplacement du modèle se fait attendre : l’actuelle génération a démarré en 2015, soit environ onze ans de carrière.
Le MG Cyberster, lancé l’année dernière et seul à jouer la carte du 100 % électrique dans cette catégorie, ne fait pas mieux.
Après 153 immatriculations entre janvier et mai 2025 (notamment grâce à des véhicules de démonstration livrés aux concessions), l’unique cabriolet biplace « zéro émission » du marché n’a trouvé que 63 amateurs en 2026 : une dégringolade de près de 60 %.
Et pourtant, il se fait devancer par un BMW Z4 dont les ventes ont plus que doublé, à 127 unités. Un sursaut qui ressemble à un chant du cygne : la production du roadster vient de s’arrêter discrètement, sans succession annoncée.
Cas à part : l’Alpine A110. Même si elle a eu du mal à s’imposer à l’étranger, cette « berlinette » moderne est la sportive préférée des Français depuis ses débuts en 2017. Sa légèreté lui permet aussi de limiter ses émissions de CO2 et donc de contenir son malus à des niveaux plus raisonnables que ceux de ses rares concurrentes — un argument énorme sur le marché français.
Le coupé dieppois fait ainsi encore mieux que tous les autres modèles évoqués, avec 363 immatriculations sur la période observée. Mais cela représente tout de même une baisse de 18,8 % par rapport à 2025.
Surtout, cette deuxième génération arrive en fin de parcours : les commandes en sortie d’usine ont déjà été arrêtées et il ne reste que quelques exemplaires en stock. Les ventes vont donc mécaniquement s’effondrer au second semestre, d’autant que la prochaine mouture ne sera pas commercialisée avant 2027.
Reste une grande question : le passage au 100 % électrique de la future Alpine relancera-t-il l’intérêt des Français pour les coupés… ou l’inverse ?
Entre un malus écologique qui grimpe très haut et une fiscalité devenue franchement décourageante, les sportives — du coupé iconique au cabriolet plaisir — se retrouvent prises en étau sur le marché français. Quelques modèles résistent encore, mais même les plus solides montrent des signes de fatigue.
La suite dépendra beaucoup des choix techniques à venir (hybride, électrique, allègement) et de la capacité des marques à continuer de faire rêver sans faire exploser la facture. Une chose est sûre : la passion automobile, elle, n’a pas dit son dernier mot.
92 exemplaires ont été écoulés sur les cinq premiers mois de 2026 en France, toutes versions confondues.
Le plafond fiscal indiqué est de 80 000 €.
Seuls 4 exemplaires ont été immatriculés depuis le début de l’année.

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