
Seat S.A. vient de vivre une année historique. Sur le papier, tout va bien : les volumes montent, le chiffre d’affaires progresse, et Cupra continue d’accélérer. Sauf que quand on regarde les comptes de près, l’histoire est beaucoup moins brillante. Rentabilité quasi nulle, trésorerie négative, investissements industriels massifs… Le groupe se retrouve fragilisé, malgré une dynamique commerciale incontestable.
Avec 586 300 voitures livrées en 2025, en hausse de 5,1 % par rapport à 2024, Seat S.A. atteint son meilleur niveau de ventes. Le chiffre d’affaires suit la même trajectoire et grimpe à un record de 15,1 milliards d’euros (+3,7 %).
Dans le détail, la performance est largement portée par Cupra. La marque enregistre 328 800 immatriculations (+32,5 %) et s’impose comme le principal moteur commercial du groupe. À l’inverse, les ventes de Seat reculent à 257 400 unités (-17 %). Cette bascule prolonge une tendance déjà observée, Cupra ayant déjà surpassé Seat en volumes sur un semestre.
En parallèle, les modèles électrifiés continuent de progresser fortement : les livraisons de voitures 100 % électriques augmentent de près de 66 %, et celles des hybrides rechargeables de plus de 62 %. Seat S.A. indique aussi avoir atteint ses objectifs d’émissions de CO₂ en Europe.
Le contraste est brutal : la bonne santé commerciale ne se retrouve pas dans les comptes. Le résultat opérationnel s’effondre, passant de 633 millions d’euros en 2024 à seulement 1 million d’euros en 2025. En clair, le groupe vend plus et encaisse plus… mais ne gagne presque plus d’argent.
Autre signal d’alerte : la trésorerie disponible passe dans le rouge, à -431 millions d’euros. Le facteur principal mis en avant est le poids des investissements nécessaires pour préparer la transition vers l’électrique et transformer l’outil industriel.
Depuis 2020, Seat S.A. a consacré plus de 6,2 milliards d’euros à ces projets, dont 1,3 milliard pour la seule année 2025. L’usine de Martorell est en pleine mutation pour devenir un centre de production dédié aux véhicules électriques, notamment pour la future citadine Cupra Raval et des modèles apparentés au sein du groupe Volkswagen. Même pour un groupe qui “marche bien”, la facture est énorme.
Le cas Seat-Cupra illustre un phénomène plus large : même les constructeurs capables d’augmenter leurs ventes et de lancer de nouveaux modèles électriques voient leurs marges se réduire, tirées vers le bas par l’ampleur des investissements à engager.
À cela s’ajoutent des vents contraires qui pèsent sur la rentabilité à court terme : concurrence accrue (notamment des marques chinoises) et tensions commerciales liées aux droits de douane.
Pour tenter de retrouver une rentabilité durable, Seat S.A. dévoile un plan stratégique de long terme baptisé « Programme Performances ». Objectif affiché : viser une marge opérationnelle de 6 % à l’horizon 2030.
Les leviers annoncés sont clairs : réduire les coûts fixes, améliorer l’efficacité industrielle, et continuer à faire monter Cupra en puissance pour tirer la rentabilité vers le haut. La transformation de Martorell est présentée comme un pilier central : l’usine doit devenir un hub majeur de production de citadines électriques du groupe Volkswagen, avec l’arrivée attendue dès 2026 de la Cupra Raval et de dérivés techniques, comme la future Volkswagen ID.2.
Au total, plus de 3,3 milliards d’euros ont été engagés pour adapter les installations et préparer l’industrialisation de ces modèles. Markus Haupt résume l’ambition : rendre l’entreprise plus agile, plus rapide et plus orientée vers la création de valeur, en misant sur le renouvellement de la gamme et l’électrification dans un contexte très concurrentiel.
Seat-Cupra montre à quel point la transition vers l’électrique peut faire grimper les compteurs de ventes tout en comprimant les marges. Entre investissements industriels lourds et pression concurrentielle, l’équation est tendue — mais le cap vers 2030 est posé. La suite se jouera sur un mot-clé très concret : exécuter, vite et bien, pour transformer l’effort d’aujourd’hui en rentabilité de demain.
586 300 voitures ont été livrées en 2025, soit une hausse de 5,1 % par rapport à 2024.
Le résultat opérationnel est tombé à 1 million d’euros en 2025, contre 633 millions d’euros en 2024.
Plus de 6,2 milliards d’euros ont été consacrés depuis 2020, dont 1,3 milliard sur la seule année 2025.

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