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Renault vend plus, mais gagne moins : pourquoi la marge du groupe recule

Renault vend plus, mais gagne moins : pourquoi la marge du groupe recule

Une perte massive… mais pas seulement une histoire comptable

Renault a dévoilé ses résultats financiers annuels avec un chiffre qui attire immédiatement l’attention : une perte nette de 10,9 milliards d’euros en 2025. Le principal facteur est la dépréciation de la participation du groupe dans Nissan, à laquelle s’ajoute la consolidation d’une partie des pertes du constructeur japonais. Au total, l’impact dépasse 9 milliards d’euros.

Une fois cet élément isolé, le tableau est plus nuancé. Le chiffre d’affaires progresse de 3 % pour atteindre 57,9 milliards d’euros. Et grâce à l’activité automobile, le groupe a dégagé 1,47 milliard d’euros de liquidités. Hors Nissan, Renault reste bénéficiaire, avec 715 millions d’euros de résultat net.

Renault : des ventes en hausse, mais une marge en recul en 2025
Malgré des ventes en hausse, Renault voit sa marge reculer en 2025 : un signal plus structurel que le seul effet Nissan.

Le vrai signal : plus de ventes, moins de rentabilité

Le contraste se voit surtout côté opérationnel. La marge opérationnelle — la part du chiffre d’affaires réellement gagnée avant impôts et éléments exceptionnels — tombe à 6,3 %, contre 7,6 % en 2024. L’objectif initial d’environ 6,5 % n’est donc pas atteint. Et la trajectoire annoncée reste sous tension : pour 2026, Renault vise environ 5,5 %, un niveau inférieur aux attentes des analystes.

En clair : le groupe vend davantage, mais dégage proportionnellement moins de rentabilité. Cette situation raconte quelque chose de plus profond qu’une simple mauvaise année : la mécanique “on vend plus, on gagne plus” est moins automatique qu’avant.

Les nouveaux modèles comme la R5 E-Tech électrique et le Dacia Bigster tirent les ventes
Les nouveaux modèles, dont la R5 E-Tech électrique et le Dacia Bigster, orientent les ventes vers des versions mieux positionnées.

Des modèles récents, des coûts en baisse… mais une marge qui recule quand même

Pourtant, Renault met en avant des leviers concrets. Les nouveaux modèles — notamment la R5 E-Tech électrique et le Dacia Bigster — tirent les ventes vers des versions mieux positionnées. En parallèle, le groupe affirme avoir réduit ses coûts variables d’environ 400 € par véhicule.

Malgré cela, la rentabilité baisse. Autrement dit, même en vendant plus, même en améliorant le mix produit, même en grattant sur les coûts : la marge ne remonte pas mécaniquement. Un signe que l’environnement (marchés, contraintes industrielles, transitions technologiques) pèse plus fort qu’avant.

L’électrique : incontournable, mais encore moins rentable

Renault met clairement le sujet sur la table : la rentabilité des véhicules électriques reste inférieure à celle des modèles thermiques. Or ces véhicules représentent 14 % des ventes du groupe, et 20 % pour la marque Renault.

Cette montée en puissance est indispensable à la fois sur le plan réglementaire et stratégique, mais elle pèse sur la marge moyenne. En pratique, plus l’électrique prend de place, plus le défi consiste à préserver (ou reconstruire) la rentabilité globale.

La croissance hors d’Europe et certains contrats : plus de volume, moins de marge

Autre facteur de pression : la progression hors d’Europe, notamment en Inde, ainsi que certaines activités réalisées pour des partenaires. Le point commun est simple : ces marchés et ces contrats affichent des niveaux de rentabilité plus faibles que le cœur historique européen.

Résultat : une partie de la croissance repose sur des activités qui rapportent moins par véhicule. Renault assume donc une année 2026 encore sous pression, tout en visant un redressement progressif de sa rentabilité à moyen terme.

Et maintenant : une stratégie de reconquête, mais sous tension

Pour la suite, le groupe mise sur une nouvelle vague de lancements, dont la Twingo, et sur la poursuite de la baisse des coûts. L’objectif annoncé est de retrouver progressivement de la marge, malgré une période de transition où l’électrification et l’expansion sur des marchés moins rentables peuvent comprimer les résultats.

Conclusion

Les chiffres racontent une histoire moins simple qu’un “bon” ou “mauvais” bilan : Renault progresse en ventes et en chiffre d’affaires, mais sa rentabilité recule, coincée entre l’électrique encore moins lucratif, des marchés en croissance moins rémunérateurs et un contexte industriel exigeant. Le défi des prochaines années sera clair : transformer cette transition en moteur de marge, pas seulement en moteur de volume.

La suite dépendra de la capacité du groupe à faire de ses nouveaux lancements et de sa discipline sur les coûts un vrai point d’appui pour la prochaine étape.

Foire aux Questions

Quelle perte nette Renault a-t-il annoncée en 2025 ?

Une perte nette de 10,9 milliards d’euros en 2025.

Quel est le chiffre d’affaires de Renault après sa progression annoncée ?

Le chiffre d’affaires progresse de 3 % à 57,9 milliards d’euros.

Quelle part des ventes du groupe Renault représente l’électrique ?

Les véhicules électriques représentent 14 % des ventes du groupe et 20 % pour la marque Renault.

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