
Lancée en fin d’année dernière, la sixième génération de Renault Clio signe déjà un bon démarrage commercial. Les essais confirment une citadine polyvalente toujours très solide, capable d’élever son niveau sur plusieurs points. Mais tout n’avance pas dans le bon sens : certains choix techniques et industriels la font stagner… voire reculer face à la Clio 5.
Autre signal fort : la Clio 5 arrive en fin de cycle, avec une production qui s’arrête en juin 2026. Résultat, la Clio 6 devient progressivement l’option “neuve” incontournable. Sauf qu’en reprenant la base de sa devancière, elle n’apporte pas automatiquement un mieux partout.
Premier sujet qui peut frustrer : le rapport encombrement/habitabilité. La Clio 6 grandit franchement : +7 cm en longueur pour atteindre 4,12 m. La largeur augmente aussi de 4 cm (hors rétroviseurs). Dans la vraie vie, ça peut compliquer certaines manœuvres de stationnement en ville, d’autant que la visibilité périphérique n’est pas parfaite.
Le hic, c’est que ces centimètres supplémentaires ne se transforment pas vraiment en espace à bord. L’empattement (la distance entre les roues) ayant très peu évolué, l’espace aux jambes à l’arrière n’est pas meilleur que sur la génération précédente. Des adultes pas trop grands pourront s’installer, mais risquent de se sentir un peu serrés. L’accès arrière devient même un peu plus délicat : le pavillon plus fuyant oblige à baisser la tête.
En comparaison, une Volkswagen Polo peut se montrer plus accueillante à l’arrière, malgré 7 cm de moins en longueur. La Clio 6 reste toutefois plus spacieuse qu’une Renault 5, pénalisée par ses 3,92 m et un style prioritaire.
Le coffre reste plutôt convaincant sur les versions 100 % thermiques, avec 260 dm3 mesurés. En revanche, la 1.8 E-Tech hybride de 160 ch descend à 190 dm3, à cause de la batterie haute tension logée sous le plancher. Et c’est là que ça pique : la Clio 5 en 1.6 E-Tech de 140 ch (rapidement passée à 145 ch) faisait un peu mieux. Bref, la Clio 6 prend de la place dehors, sans redonner autant dedans.
Deuxième reproche possible : la finition. Malgré une bande de tissu sur la planche de bord qui tente de donner le change, les matériaux sont majoritairement durs et parfois sensibles aux rayures. La génération précédente apparaissait plus soignée (même si une baisse avait été remarquée après son restylage de 2023). La Clio 5 avait d’ailleurs nettement progressé par rapport à la Clio 4, très critiquée sur la qualité de fabrication.
Troisième point : le choix mécanique. Au lancement, la Clio 6 se limitait à deux options :
• 1.2 turbo essence trois-cylindres de 115 ch, avec boîte manuelle ou automatique à double embrayage EDC
• 1.8 hybride de 160 ch avec une transmission à crabots
Depuis, une version 1.2 TCe de 120 ch compatible GPL a été ajoutée, mais elle impose la boîte automatique EDC. Et la gamme est annoncée comme complète, sauf surprise. Dans les faits, c’est plus restrictif que sur les précédentes Clio.
Exemple parlant : la Clio 5 a conservé une offre diesel quasiment jusqu’à la fin, avec une version Blue dCi 100 appréciée des entreprises. Sa disparition paraît logique, vu l’érosion continue du diesel depuis des années. Mais d’autres absences comptent aussi : le petit essence atmosphérique de 65 ch (utile pour baisser le ticket d’entrée malgré des performances modestes) n’a pas été reconduit, pas plus qu’un équivalent direct. Et le 1.3 TCe (130 puis 140 ch) avait déjà quitté la scène dès 2023 sur Clio 5.
La Clio 6 n’est pas parfaite : elle conserve une certaine sécheresse de suspension à basse vitesse, même en jantes de 16 pouces sur les versions d’entrée de gamme. Sur ce point, elle ne fait pas franchement mieux que son aînée.
Mais elle rehausse encore son niveau sur un pilier décisif : le comportement routier. Le châssis est décrit comme très efficace et parfaitement stable, au point que la Clio assume pleinement son rôle de polyvalente taillée pour les longs trajets. Le confort progresse quand le rythme augmente, et l’insonorisation se montre digne d’un niveau supérieur. Malgré quelques régressions et des boîtes de vitesses encore perfectibles, elle conserve son statut de référence du segment.
La Renault Clio 6 avance sur l’essentiel — le châssis, la stabilité, l’aptitude aux trajets quotidiens comme aux longues distances — mais elle laisse aussi quelques regrets : espace arrière qui ne décolle pas malgré le gabarit, coffre hybride réduit, matériaux moins valorisants et offre moteur resserrée. Si cette génération montre une chose, c’est qu’une référence peut encore se renforcer… même quand elle ne progresse pas partout. La suite se jouera sur la capacité à élargir l’offre et à corriger ces petits “irritants” qui comptent beaucoup au quotidien.
La Renault Clio 6 mesure 4,12 m de long, soit 7 cm de plus que la génération précédente.
La Renault Clio 6 1.8 E-Tech hybride de 160 ch affiche 190 dm3 de coffre, en raison de la batterie haute tension sous le plancher.
Au lancement, la Renault Clio 6 proposait un 1.2 turbo essence de 115 ch (boîte manuelle ou EDC) ou un 1.8 hybride de 160 ch avec une transmission à crabots.

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