
BMW, Volkswagen, Mercedes, Porsche : aucune de ces marques allemandes n’échappe au coup de froid en Chine, et la tendance se confirme au premier trimestre 2025. Le marché européen résiste encore, mais la vraie question est ailleurs : est-ce que l’Europe pourra compenser durablement une Chine qui décroche ?
Du côté de Porsche, le signal est clair : un gros point noir ressort, la Chine. Le constructeur y a perdu gros, et aucune amélioration ne se dessine. L’explication avancée par la marque tient en une idée : le pays subit un ralentissement économique et les foyers les plus aisés repousseraient simplement leur achat. Mais une autre lecture s’impose : les conducteurs chinois délaissent peut-être les marques allemandes, longtemps reines sur le luxe, au profit de modèles nationaux de plus en plus aboutis — et surtout ultra technologiques, un terrain où la demande est forte.
Le marasme chinois ne touche pas seulement les généralistes : il entraîne aussi le haut de gamme allemand, pourtant réputé “protégé” par son image et ses produits. Et c’est là que le contraste est le plus frappant.
Au premier trimestre, BMW affiche un recul mondial de 1,4% avec 586 000 unités, malgré une progression significative en Europe et aux États-Unis. Alors d’où vient la chute ? De la Chine, où BMW enregistre une baisse des ventes de plus de 17% sur ce qui est aujourd’hui son premier marché mondial.
Chez Volkswagen, plusieurs éléments se cumulent : des droits de douane qui pèsent sur le bénéfice net et une chute des ventes en Chine. En ce début d’année 2025, la marque progresse partout… sauf en Chine, où les immatriculations reculent de 7,1%. Le constructeur explique ce repli par la “forte concurrence” locale — une concurrence que les groupes allemands disent désormais subir de plein fouet.
Pour tenter de reprendre l’initiative, Volkswagen a annoncé trois nouveaux modèles spécifiques pour le marché chinois, qui doivent être dévoilés au Salon de Shanghai : une berline électrique, un SUV électrique urbain avec prolongateur d’autonomie et un SUV électrique.
Mercedes a fait un choix stratégique : se concentrer sur les gammes rentables et délaisser en partie l’“access”. La nouvelle CLA doit renforcer la gamme A, mais certains modèles vont disparaître, comme la Classe A. Résultat : la catégorie “Entry” est celle qui chute le plus (-9%), alors que le haut de gamme “Top End” ne baisse que de 2%.
Globalement, Mercedes recule de 7% dans le monde au premier trimestre 2025, avec une baisse de 10% sur l’électrique. Cette stratégie sur les compactes lui coûte aussi ailleurs : -7% en Europe et -10% en Allemagne. En Chine, le bilan est également négatif à -10%. Seuls les États-Unis sont en légère progression.
En Chine, la pression concurrentielle et l’appétit pour des voitures toujours plus technologiques mettent les marques allemandes face à un défi stratégique : s’adapter vite, sans diluer leur identité. Les prochains lancements dédiés, comme ceux annoncés par Volkswagen, diront si la reconquête est possible — et si l’équilibre mondial du marché auto est en train de basculer durablement.
Les ventes de BMW ont baissé de plus de 17% en Chine au premier trimestre 2025.
Volkswagen a annoncé une berline électrique, un SUV électrique urbain à prolongateur d’autonomie et un SUV électrique.
Mercedes affiche un bilan négatif à –10% en Chine au premier trimestre 2025.

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