
Disparue de la gamme depuis bientôt 14 ans, la boîte manuelle fait son retour chez Ferrari… mais pas comme on l’imagine. Avec la 12Cilindri Manuale, la marque adopte une commande « by-wire » : le levier de vitesses et la pédale d’embrayage pilotent une transmission à double embrayage, sans liaison mécanique. Sur le papier, l’idée promet un mélange inédit entre sensations traditionnelles et efficacité moderne. Dans la réalité, elle soulève aussi des doutes, au point d’être comparée par certains à l’univers du jeu vidéo.
Chez Ferrari, la boîte manuelle avait été reléguée au musée depuis bientôt 14 ans. Le coupé-cabriolet California était jusqu’ici le dernier modèle de la marque à proposer ce type de transmission. Mais la demande pour cette variante a été extrêmement faible, poussant Ferrari à arrêter rapidement. Aujourd’hui, changement de cap : la 12Cilindri se décline en version « Manuale ». Et derrière l’appellation italienne et la grille en H très évocatrices, on découvre une solution technique vraiment particulière.
Malgré les apparences, cette variante conserve une boîte robotisée à double embrayage à huit rapports, comme le reste de la gamme. Il est d’ailleurs toujours possible de la laisser fonctionner en mode automatique. En revanche, les palettes derrière le volant ont disparu, même s’il aurait été techniquement possible de les conserver.
Ici, si vous voulez passer les vitesses vous-même, vous le ferez « à l’ancienne »… mais sans aucune liaison mécanique entre le levier, la pédale d’embrayage et la transmission. Ferrari utilise une technologie « by-wire », entièrement électronique.
Pour certains équipementiers, le « by-wire » représente l’avenir de l’automobile, notamment pour la direction. Mais appliqué à une boîte manuelle, c’est quasiment une première. Seule l’hypercar CC850, encore plus chère et exclusive, proposait un système assez proche.
D’une certaine manière, Ferrari cherche à combiner le meilleur des deux mondes : l’implication d’une commande « manuelle » et la performance d’une transmission moderne. L’approche évite aussi à Ferrari de développer une boîte entièrement nouvelle pour une série limitée à seulement 1 499 exemplaires, un investissement difficile à rentabiliser.
Ce choix du « by-wire » ne met pas tout le monde d’accord. Sur les réseaux sociaux, la nouveauté déclenche des commentaires très critiques. Cette fois, ce n’est pas le style — quasiment inchangé à quelques détails — qui fait parler. Encore moins le V12 atmosphérique, qui conserve ses 830 ch à 9 250 tr/mn et ses 678 Nm de couple.
Le vrai point de friction, c’est l’absence de liaison mécanique entre le levier et la transmission. Beaucoup comparent cette solution aux boîtes manuelles proposées dans les jeux vidéo, avec la crainte d’un ressenti trop artificiel.
Ferrari assure pourtant avoir particulièrement travaillé la consistance de la pédale d’embrayage et le maniement du levier pour les rendre aussi naturels que possible. Une machinerie complexe a été développée dans cette optique, afin que le conducteur se sente impliqué au maximum… quitte à faire caler le moteur en cas de manœuvre inadaptée.
Il faudra évidemment essayer la 12Cilindri Manuale pour savoir si les sensations sont à la hauteur des anciennes Ferrari. Elle pourrait même faire mieux sur certains points : les Ferrari manuelles d’autrefois étaient souvent critiquées pour le manque de rapidité de leur commande de boîte. Ici, comme le levier pilote une transmission à double embrayage, la théorie suggère des passages de rapports très rapides.
Côté performances, le 0 à 100 km/h reste annoncé en 2,9 s, comme sur la 12Cilindri classique — alors qu’une vraie boîte en H dégrade normalement les accélérations. À noter : seuls six rapports sur huit sont utilisés en mode manuel, sans doute pour éviter une grille trop complexe.
Mais seuls 1 499 clients pourront vérifier si le pari est réussi, et beaucoup risquent de rouler très peu avec leur voiture. Ce type de série limitée est parfois acheté pour spéculer, comme on le voit souvent en ventes aux enchères.
Ferrari n’est pas le seul à explorer ce genre de technologie : Porsche a également envisagé une idée similaire pour tenter de sauver la boîte manuelle. À terme, on peut même imaginer retrouver un système comparable sur une voiture hybride ou électrique, combiné à une transmission fictive et à un faux bruit de moteur thermique.
Avec la 12Cilindri Manuale, Ferrari tente un grand écart : remettre au goût du jour l’implication d’une commande « manuelle », tout en s’appuyant sur l’efficacité d’une boîte double embrayage. Reste une question simple : le plaisir vient-il davantage du mécanisme… ou de ce que l’on ressent derrière le volant ? Si la réponse est dans les sensations, alors l’avenir pourrait réserver quelques surprises.
La Ferrari 12Cilindri Manuale conserve une boîte robotisée à double embrayage à huit rapports.
La Ferrari 12Cilindri Manuale est limitée à 1 499 exemplaires.
Le 0 à 100 km/h est annoncé en 2,9 s.
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