
Sur le papier, les configurateurs en ligne des constructeurs automobiles devraient être l’arme fatale pour convaincre avant même un passage en concession. En pratique, c’est souvent l’inverse : une expérience confuse, des infos difficiles à trouver, et des tarifs qui demandent parfois un décodeur.
Une étude du cabinet Simon-Kucher met des chiffres sur ce que beaucoup ressentent déjà : l’ergonomie de ces outils reste globalement faible, au point de transformer une simple configuration en casse-tête selon les marques.
Quand on cherche un prix, une option précise ou une donnée technique sur une version bien définie, les configurateurs officiels sont incontournables. Le problème, c’est que l’expérience peut vite tourner à l’agacement : informations mal rangées, parcours peu lisible, et propositions parfois difficiles à comprendre selon le constructeur.
Simon-Kucher rappelle pourtant l’enjeu : ces outils jouent un rôle clé pour capter le client avant même qu’il n’arrive en concession. Or, l’étude pointe un relais numérique visiblement négligé, avec peu d’efforts sur l’ergonomie des modules de configuration.
En moyenne, Simon-Kucher attribue aux constructeurs la note de 46/100. Et ce n’est pas juste “moyen” : 55 % des marques se situent sous cette moyenne.
Les écarts entre marques sont aussi très marqués : 22/100 pour le configurateur le moins bien noté, contre 65/100 pour le meilleur.
La méthode revendiquée est directe : l’étude a analysé les configurateurs en ligne de 51 marques automobiles avec un ensemble standardisé de critères et 100 points d’évaluation, en tenant compte des points de vue des clients, des constructeurs et des concessionnaires. Les tests ont été réalisés sur ordinateur et mobile.
Le communiqué de Simon-Kucher résume bien le problème : les configurateurs sont souvent plus jolis qu’avant, mais leur fonctionnement n’a que légèrement progressé. Même les marques haut de gamme peinent à rendre la logique des prix et des offres vraiment transparente, et les liens entre les options sont encore insuffisamment expliqués.
Parmi les mieux notés, l’étude cite Audi, Skoda, Mercedes et Volkswagen.
Le prix “catalogue” reste une zone de friction. Entre des constructeurs qui affichent des tarifs différents sur Internet, ceux qui intègrent (ou non) les aides à l’achat dans le prix affiché, et ceux qui poussent parfois à chercher le prix comptant plutôt que de mettre en avant un loyer de leasing, lire un configurateur est devenu plus complexe qu’il ne devrait l’être.
Et pour les véhicules électriques, l’exercice peut être encore plus déroutant : certains constructeurs ont tendance à inclure directement les aides publiques dans le prix affiché, ce qui brouille la lecture et fausse la compréhension du tarif réel.
Autre point clé souligné : la possibilité de comparer deux versions avec un affichage simple et clair des différences est souvent absente. Résultat : difficile de trancher sans jongler entre des écrans, ou sans refaire plusieurs configurations.
Et avec des technologies toujours plus nombreuses, ainsi que des motorisations et énergies différentes sur un même modèle, le besoin de lisibilité ne va pas diminuer. Au contraire.
Les configurateurs auto ont gagné en apparence, mais pas assez en clarté : notes faibles, prix difficiles à décrypter et comparaisons trop souvent inexistantes. La bonne nouvelle, c’est que les attentes sont limpides—et qu’un configurateur vraiment transparent pourrait devenir un avantage décisif. La prochaine étape, c’est de transformer ces outils en vrais copilotes d’achat, pas en épreuves de patience.
46/100.
22/100 pour le pire configurateur contre 65/100 pour le mieux noté.
Audi, Skoda, Mercedes et Volkswagen.
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