
Sur le marché français, et plus largement en Europe, la rivalité Peugeot-Renault a changé de dimension avec l’arrivée de l’électrique. Là où ces deux constructeurs se suivaient de près depuis des années, ils avancent désormais avec deux stratégies presque opposées pour organiser leurs gammes.
Chez Peugeot, la règle est claire : une approche « multi-énergie ». L’idée est de s’appuyer sur un même modèle pour couvrir l’essence, l’hybride et l’électrique. Exemple parlant : la 208 existe en thermique, en micro-hybride et en 100 % électrique.
Renault fait l’inverse : la marque distingue davantage ses modèles en fonction de l’énergie. Le thermique est confié à la Clio (essence, GPL et full hybride), tandis que l’électrique est porté par d’autres silhouettes, comme la R5. Sur le terrain des SUV, la logique est similaire avec le duo Captur/R4.
Autre différence de style : Peugeot reste fidèle à certaines silhouettes, comme la 308 déclinée aussi en break, un format que Renault a supprimé de sa gamme.
Peugeot a misé sur une rationalisation de sa gamme avec sa stratégie multi-énergie. Cette politique, mise en place à l’époque sous l’impulsion de Carlos Tavares, permet d’ajuster plus finement la production selon les marchés : on pousse davantage l’électrique ou le thermique selon la demande.
Dans les faits, la marque s’appuie sur des plateformes capables d’accueillir, sur un même modèle, du thermique, de l’hybride (48V ou rechargeable) et du 100 % électrique.
La gamme de véhicules particuliers s’articule autour de plusieurs piliers :
- Les berlines 208 et 308 (avec une 308 break)
- Le crossover 408, dont l’audace stylistique n’a pas trouvé son public
- L’offre SUV concentrée sur 2008, 3008 et 5008
Le catalogue est complété par le ludospace Rifter et le fourgon Traveller, qui tient le rôle de grand monospace.
Renault a choisi de scinder son offre en modèles dédiés, tout en capitalisant sur la nostalgie pour ses modèles électriques « à la prise ». Résultat : davantage de silhouettes au catalogue.
D’un côté, le thermique (y compris les hybrides) repose notamment sur une Clio 5 qui continue sa carrière, avec une version hybride de 145 ch affichée à 24 500 € en prix d’appel. Ce socle est complété par une nouvelle génération de Clio dont la gamme doit couvrir plus large.
Le reste de l’offre thermique est très orienté SUV : Captur, Symbioz, Austral, Espace et Rafale. Renault ajoute aussi le ludospace Kangoo et le Trafic vitré pour les particuliers.
En parallèle, la gamme électrique mise sur le néo-rétro, en remettant au goût du jour des silhouettes inspirées de la Twingo, avec la R5 et la 4L. L’offre est complétée par la Mégane E-Tech restylée, et au-dessus par le Scenic E-Tech.
Renault l’emporte nettement en variété de modèles : le constructeur aligne 14 modèles, contre 8 pour Peugeot.
Sur la diversité des motorisations, Renault affiche un catalogue plus éclectique. La marque propose :
- du thermique micro-hybride
- du full hybride E-Tech (non rechargeable), très populaire en Europe
- un hybride rechargeable, mais seulement sur le haut de gamme Renault Rafale, avec transmission intégrale et puissance cumulée de 300 ch
Le Rafale 300 ch démarre à 55 750 €. Renault (comme Dacia) conserve aussi une spécificité de niche : la bicarburation essence/GPL sur Clio, Captur et Symbioz. Le diesel reste présent sur Kangoo et Trafic. Enfin, le 100 % électrique est également au programme, mais uniquement en configurations monomoteur pour l’instant.
Renault aligne une offre moteur très large allant de l’essence (100 à 130 ch) au GPL (120 ch), en passant par l’hybride (160 à 200 ch), l’hybride rechargeable (300 ch en 4x4) et le diesel (95 à 170 ch). En électrique, Renault annonce des niveaux de puissance de 95 à 220 ch.
Peugeot, de son côté, propose de l’essence (100 et 110 ch), du micro-hybride (110 et 145 ch), de l’hybride rechargeable (195, 225 et 240 ch), du diesel (100 à 180 ch) et une large plage en électrique allant de 136 à 325 ch, avec une configuration 4x4 mentionnée sur les plus puissantes.
Peugeot a uniformisé son offre autour :
- du thermique pur en 100 ch
- d’une micro-hybridation 48V en 110 et 145 ch
- du rechargeable
- et de l’électrique : 136 et 156 ch pour les 208 et 308, puis 210, 230 et 320 ch (bimoteur) pour les E-3008 et E-5008, sans oublier 280 ch pour la Peugeot E-208 GTI.
Peugeot ne propose pas de GPL, mais conserve une offre diesel sur les utilitaires Rifter et Traveller, ainsi que sur les 308 et 308 SW.
Peugeot mise sur l’efficacité industrielle et la cohérence avec des modèles capables de tout faire, tandis que Renault joue la carte de la diversité en multipliant les silhouettes et les propositions selon l’énergie. Au final, tout se joue sur une question simple : préfère-t-on une gamme compacte et polyvalente, ou une offre plus éclatée mais plus variée ? Une chose est sûre : la suite va se décider au rythme des attentes sur l’électrique et l’hybride en Europe.
Renault est annoncé avec 14 modèles, contre 8 modèles pour Peugeot.
Le prix de base indiqué pour le Renault Rafale 300 ch est de 55 750 €.
La technologie mentionnée est une micro-hybridation 48V, en 110 ch et 145 ch.

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