Le pétrole repart brutalement à la hausse. Le Brent a franchi les 125 dollars, un sommet inédit depuis 2022, après de nouvelles déclarations de Donald Trump sur un conflit au Moyen-Orient qui pourrait durer encore plusieurs mois. Dans le même temps, les Émirats arabes unis annoncent leur départ de l’OPEP. Entre tension géopolitique et fragilisation du principal cartel pétrolier, les automobilistes craignent de trinquer : faut-il s’attendre à une nouvelle flambée des carburants ?
Le conflit qui oppose les États-Unis et Israël à l’Iran continue de peser sur l’économie mondiale. Après quelques semaines d’accalmie liées à un cessez-le-feu, le marché pétrolier s’est de nouveau tendu. En cause : des propos de Donald Trump laissant entendre que le blocus autour de l’Iran pourrait se prolonger pendant des mois.
Ce scénario ravive immédiatement les inquiétudes autour du détroit d’Ormuz, un passage stratégique par lequel transite habituellement près d’un cinquième du pétrole consommé dans le monde. Dès qu’un doute apparaît sur cette zone, les cours réagissent au quart de tour.
Résultat : le Brent, référence mondiale, a dépassé les 125 dollars. On n’avait plus vu de tels niveaux depuis les tensions de 2022 après l’invasion de l’Ukraine, même si cela reste en dessous des 140 dollars atteints en 2008.
En France, où les prix des carburants étaient déjà orientés à la hausse, cette poussée du brut risque de se répercuter en stations-service avec quelques semaines de décalage.
La tension énergétique se voit déjà dans les comportements. D’après un relevé national de consommation réalisé par le Comité professionnel du pétrole, la consommation de carburants a nettement reculé en avril. Entre le 11 et le 20 avril, les volumes de gazole ont chuté de près de 19 %, tandis que les essences reculaient de plus de 14 % par rapport à la même période de 2025.
Le paradoxe, c’est que cette baisse intervient alors que les prix à la pompe s’étaient légèrement détendus sur la période. Cela laisse penser que beaucoup de ménages avaient déjà commencé à ajuster leurs habitudes : déplacements reportés, arbitrages budgétaires, et une sensibilité accrue avant même la nouvelle flambée du baril.
Dans ce contexte déjà tendu, les Émirats arabes unis ont annoncé leur retrait de l’OPEP à compter du 1er mai. Officiellement, Abou Dhabi veut retrouver davantage de liberté pour défendre ses intérêts nationaux et produire selon sa propre stratégie. En filigrane, le pays critique depuis longtemps les quotas imposés par l’organisation.
Pour rappel, l’OPEP (Organisation des pays exportateurs de pétrole) réunit plusieurs grands pays producteurs. Son rôle consiste à ajuster la production de ses membres pour peser sur l’équilibre entre l’offre, la demande… et donc les prix.
Mais le départ des Émirats arabes unis est particulièrement scruté : ils font partie des rares producteurs capables d’augmenter rapidement leurs volumes. Leur sortie affaiblit donc la capacité de l’OPEP à piloter le marché. À court terme, cela ne fera pas baisser les prix tant que les tensions régionales persistent. Mais à moyen terme, cela pourrait rendre les cours plus imprévisibles et accentuer les variations.
Quand le pétrole grimpe, la première inquiétude est évidemment le prix à la pompe. Gazole et sans-plomb pourraient encore progresser si le Brent se maintient autour de ses sommets actuels, proche des 125 dollars. Des dispositifs temporaires de plafonnement, comme ceux maintenus par TotalEnergies dans ses stations françaises, peuvent amortir une partie du choc — sans l’effacer totalement.
Mais le vrai danger, c’est peut-être un marché devenu imprévisible. Si la guerre se prolonge, si le détroit d’Ormuz reste sous tension et si l’OPEP apparaît moins soudée, les consommateurs pourraient surtout devoir s’habituer à des variations brutales, à la hausse comme à la baisse. Pour les ménages, les transporteurs et les automobilistes, un carburant instable — même entre deux accalmies — peut compliquer presque autant le quotidien qu’un carburant durablement cher.
Entre tension géopolitique, baril au plus haut et OPEP fragilisée, la menace ne se limite pas à un simple “coup de chaud” sur les prix : c’est la volatilité qui pourrait s’installer. Dans les semaines à venir, la grande question sera moins de savoir si les tarifs vont bouger… que jusqu’où et à quelle vitesse. Dans un monde où l’énergie devient un terrain de secousses, la capacité à s’adapter pourrait bien devenir la nouvelle norme.
Le Brent a dépassé les 125 dollars.
Près d’un cinquième du pétrole consommé dans le monde transite habituellement par le détroit d’Ormuz.
Entre le 11 et le 20 avril, les volumes de gazole ont chuté de près de 19 %.

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