
Face aux prix du carburant qui explosent en France, la tension monte chez les transporteurs. Plusieurs centaines de routiers ont investi le Boulevard périphérique de Paris pour une opération escargot, dénonçant des aides jugées insuffisantes et trop complexes, avec un risque de perturbations durables pour la circulation en Île-de-France.
Sur place, un chauffeur résume l’ambiance sans détour : « Les routiers sont sympas mais s’agirait de ne pas les prendre pour des trompettes ! ». Il s’apprêtait à rejoindre un cortège réuni à la porte de Vincennes, où quelques centaines de camions et de cars se sont rassemblés.
Au cœur de la colère : les aides annoncées par le gouvernement pour répondre à la flambée des prix du carburant, qui touche aussi bien les particuliers que les professionnels. Les transporteurs jugent le montant insuffisant : l’aide annoncée est de 20 centimes d’euros par litre, avec une mise en place prévue à partir du mois d’avril.
Mais ce n’est pas qu’une question de montant. Les professionnels ciblés par cette aide dénoncent surtout des démarches trop lourdes. La Fédération Nationale des Transports Routiers (FNTR) parle même d’une « véritable usine à gaz ».
Les différents syndicats expliquent qu’ils attendaient au moins 30 centimes par litre. D’où l’appel à manifester via une opération escargot sur le périphérique parisien, annoncée entre 10h et 11h, au départ de la porte de Vincennes, avec une arrivée prévue au pied de la direction de la préfecture de Région, dans le 15e arrondissement de Paris.
Conscients de l’image que peut renvoyer un blocage, les chauffeurs ont fait un choix stratégique : occuper le périphérique en dehors des heures de pointe, pour limiter l’hostilité de l’opinion publique.
La mobilisation ne se limite pas à l’Île-de-France. Durant le week-end, une vingtaine de chauffeurs de poids lourds ont manifesté sur l’autoroute A7, au sud de Lyon, en bloquant pendant quelques heures deux voies sur trois.
D’autres actions sont annoncées dans l’Hexagone : plusieurs initiatives sont prévues sur les routes de l’Aveyron, du Lot-et-Garonne et des Pays-de-Loire, puis des blocages sont envisagés à Toulouse ainsi qu’en région Provence-Alpes-Côte d’Azur.
Le gouvernement affirme ne pas pouvoir augmenter l’aide au-delà de 20 centimes par litre sans mettre en danger les finances publiques. Reste la grande question : si le secteur du transport décidait de passer à la vitesse supérieure, l’exécutif maintiendrait-il sa ligne, ou finirait-il par céder ?
Entre hausse des coûts, aide jugée insuffisante et démarches perçues comme décourageantes, la colère des routiers s’organise et s’étend. La suite dépendra autant de la capacité du gouvernement à simplifier et convaincre que de la détermination d’une profession qui refuse de rester au point mort. La route, elle, n’a peut-être pas fini de se tendre.
L’aide annoncée est de 20 centimes d’euros par litre de carburant.
Les syndicats attendaient au moins 30 centimes par litre.
Des actions sont mentionnées sur l’autoroute A7 au sud de Lyon, ainsi que sur des routes de l’Aveyron, du Lot-et-Garonne, des Pays-de-Loire, et des blocages envisagés à Toulouse et en région Provence-Alpes-Côte d’Azur.

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