
La guerre au Moyen-Orient et la fermeture du détroit d’Ormuz bouleversent l’approvisionnement mondial en pétrole. Ce passage stratégique, par lequel transite 20% du pétrole mondial, voit actuellement la circulation des pétroliers empêchée. En quelques jours, la situation a complètement rebattu les cartes pour les pays très dépendants des importations, avec des conséquences directes sur les prix et le risque de pénurie.
Face à la flambée des tarifs à la pompe dans certains pays, plusieurs gouvernements commencent à envisager des mesures exceptionnelles. Deux exemples ressortent nettement : la Nouvelle-Zélande et l’Australie, qui étudient à la fois des restrictions d’usage de la voiture et des assouplissements de normes sur les carburants.
En Nouvelle-Zélande, l’effet de la crise est déjà très visible : depuis le début de la guerre, les prix de l’essence ont augmenté de plus de 10% en moyenne à la pompe, et le gazole a grimpé de plus de 20%.
Face à cette pression, les autorités disent envisager très sérieusement de recourir à une restriction de l’usage des véhicules utilisant du pétrole si la situation au Moyen-Orient perdure et que les réserves de carburant diminuent. La ministre des Finances, Nicola Willis, a confirmé que le gouvernement réfléchissait à une option aussi simple que radicale : obliger les propriétaires de voitures à choisir un jour par semaine pendant lequel l’usage de la voiture leur serait interdit.
L’Australie importe elle aussi l’immense majorité de son pétrole. Résultat : le prix du litre de carburant y a également flambé depuis le début du conflit.
Pour répondre à l’urgence, les autorités ont choisi une mesure présentée comme radicale : abaisser temporairement les normes de qualité des carburants afin de permettre l’injection de 200 millions de litres sur le marché intérieur au cours des deux prochains mois, notamment vers les zones les plus reculées. Concrètement, Canberra compte autoriser, pendant cette période, des niveaux de soufre plus élevés dans le carburant distribué dans certaines régions — alors même que le dioxyde de soufre est un polluant potent puissant normalement encadré par des taux stricts. Une manière assumée de relâcher, provisoirement, les règles liées à la pollution de l’air.
Autre annonce côté australien : le ministre de l’Énergie, Chris Bowen, a indiqué que le gouvernement réduirait de 20% l’obligation minimale de stockage, destinée à garantir un niveau de base de stocks de carburant pour l’essence et le diesel.
Objectif affiché : libérer jusqu’à 762 millions de litres d’essence et de diesel issus des réserves nationales australiennes, afin de pouvoir compenser des perturbations locales du marché.
Entre restriction d’usage de la voiture, assouplissement temporaire des carburants et mobilisation des stocks, la Nouvelle-Zélande et l’Australie montrent jusqu’où des pays dépendants du pétrole importé peuvent aller quand l’approvisionnement se tend. Si la crise s’installe, ces décisions pourraient bien donner un aperçu des arbitrages qui attendent d’autres nations — et accélérer la réflexion sur des solutions plus résilientes pour l’avenir.
20% du pétrole mondial transite par le détroit d’Ormuz.
Les prix ont augmenté de plus de 10% en moyenne pour l’essence et de plus de 20% pour le gazole.
L’Australie prévoit de réduire de 20% l’obligation minimale de stockage, ce qui peut libérer jusqu’à 762 millions de litres d’essence et de diesel.

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