
Nissan traverse une période délicate et doit aller à l’essentiel. Après deux exercices consécutifs lourdement déficitaires, le constructeur accélère sa stratégie de redressement menée par Ivan Espinosa : baisse massive des coûts, fermeture de sites, plan social, et maintenant une décision centrale pour les prochaines années : réduire le nombre de modèles afin de se concentrer sur ceux qui se vendent vraiment dans les marchés clés, principalement l’Asie et l’Amérique du Nord.
Le message est clair : il faut sauver Nissan, et vite. Ivan Espinosa a déjà annoncé la fermeture de neuf sites, y compris des sites historiques, et un vaste plan social : 20 000 emplois doivent être supprimés à l’échelle mondiale. Le nouveau chapitre vise la rentabilité pure : arrêter de disperser les ressources sur des véhicules peu performants et concentrer l’effort là où la marque a le plus d’impact.
En Europe, la stratégie passe par un renouvellement important de modèles, notamment en s’appuyant sur les productions du partenaire Renault. Des exemples sont cités : la Micra basée sur la R5 E-Tech, ainsi qu’une future citadine basée sur la Twingo.
Mais même avec ces nouveautés, l’Europe reste un marché secondaire pour Nissan, surtout face aux États-Unis, où la marque a vendu 873 307 voitures en 2025. Dans ce contexte, Nissan veut arrêter d’entretenir une gamme “trop large” pour ses capacités actuelles : sur 56 modèles proposés au niveau mondial, certains ne pèsent pas lourd en volumes.
Le recentrage est net : Nissan annonce qu’à l’avenir, onze modèles devraient être supprimés. Les détails n’ont pas été donnés sur les modèles concernés, mais la marque précise qu’il s’agira des moins performants du point de vue de la rentabilité.
Pour rendre l’offre plus lisible et mieux piloter les coûts, Nissan veut découper sa gamme en quatre familles : Heartbeat, Core, Growth et Partner. L’idée : regrouper les véhicules par grands usages et positionnements (familiaux, utilitaires, ou encore plus orientés “passion”).
En coulisses, l’objectif est d’aller beaucoup plus loin dans la mutualisation : motorisations, plateformes et logiciels embarqués doivent être partagés au maximum entre les modèles.
Sur le papier, rationaliser une gamme peut sonner comme la fin des voitures “coup de cœur”. Pourtant, Nissan tente de rassurer : la notion de modèles pour passionnés reste dans le radar.
La GT-R, actuellement indisponible au catalogue, pourrait revenir avec une nouvelle génération d’ici quelques années. De son côté, la lignée des coupés Z ne serait pas totalement abandonnée, même si ce ne serait pas pour tous les marchés. L’Europe, elle, est déjà privée de la Z actuelle, héritière de la 370Z. Le texte souligne aussi un point technique et économique : son V6 3.0 L biturbo, sans hybridation, l’aurait de toute façon condamnée en France au malus maximal, rendant sa carrière inexistante.
Le marché européen conserve malgré tout des arguments : la plupart des modèles doivent être renouvelés. Au-delà des véhicules spécifiques à l’Europe et liés à Renault, Nissan met en avant des évolutions sur des modèles globaux. Après l’arrivée de la Leaf de troisième génération en 2025, le nouveau Juke a été dévoilé par surprise. Le X-Trail (appelé Rogue selon les pays) a été restylé, et le Qashqai a reçu des évolutions techniques en début d’année.
Nissan se prépare à une transformation profonde : moins de modèles, plus de cohérence, et une attention maximale portée aux marchés qui pèsent le plus. La marque veut réduire la dispersion, mutualiser plus fort et préserver, autant que possible, une part d’icônes capables de faire rêver. Si la stratégie tient ses promesses, la suite pourrait marquer un nouveau départ — plus simple, plus solide, et peut-être plus ambitieux.
873 307 voitures ont été vendues aux États-Unis en 2025.
Onze modèles devraient être supprimés à l’avenir.
Heartbeat, Core, Growth et Partner.

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