
Mercedes vient de dévoiler des versions restylées de deux grands SUV et s’apprête à lancer une nouvelle génération de GLC. Mais en parallèle, la marque enclenche surtout une autre manœuvre, bien plus stratégique : investir massivement aux États-Unis pour limiter l’impact des droits de douane imposés sur les véhicules importés.
Les États-Unis raffolent des SUV, et Mercedes l’a intégré depuis longtemps. La marque met en avant une présence historique dans le pays (138 ans) et fête ses 140 ans cette année. En revanche, la fabrication sur place est bien plus récente : depuis 1996, Mercedes produit aux États-Unis plusieurs crossovers destinés au marché local, mais aussi à l’export.
Le bilan est déjà massif : en trente ans, cinq millions de véhicules sont sortis des chaînes américaines. Et ce volume est appelé à augmenter.
Mercedes annonce un plan de 7 milliards de dollars d’investissements dans ses sites américains d’ici 2030. Le contexte pèse lourd dans la décision : les modèles produits en Europe et importés aux États-Unis subissent 27,5 % de droits de douane. Produire davantage sur place permet donc de limiter cette exposition.
Sur le plan commercial, le pays compte énormément pour la marque : avec 303 200 voitures et 40 000 fourgons vendus en 2025, les États-Unis sont le deuxième plus gros marché de Mercedes, derrière la Chine (461 579 ventes en 2025).
Sur les 7 milliards annoncés, quatre milliards de dollars vont directement à l’usine de Tuscaloosa, en Alabama, la première usine Mercedes aux États-Unis. C’est un site clé pour les grands SUV : on y assemble notamment les GLE, GLE Coupé, GLS et la version Maybach du GLS.
L’usine assemble aussi les grandes berlines électriques de la marque, mais leur succès n’est pas au rendez-vous. Mercedes évoque d’ailleurs un restylage à venir de l’EQS, sans certitude que cela change réellement la situation.
Autre information importante : le nouveau GLC va également être produit à Tuscaloosa. Une partie des investissements servira à ajouter sa ligne de production. Sur de nombreux marchés, ce SUV figure parmi les meilleures ventes de Mercedes.
Tuscaloosa est la plus grosse usine de Mercedes aux États-Unis, mais elle représente moins de 10 % des emplois générés par la marque dans le pays. Mercedes estime à 107 000 le nombre d’emplois créés aux États-Unis.
Autre site important : l’usine de Charleston, en Caroline du Sud. Elle produit des Sprinter depuis 20 ans et emploie 1 700 personnes. L’utilitaire est populaire outre-Atlantique, notamment auprès de grandes flottes comme FedEx, aussi bien en versions thermiques qu’avec les eSprinter électriques.
Mercedes ne détaille pas d’investissements spécifiques pour Charleston, mais annonce l’ouverture d’un nouveau centre de recherche et développement à Atlanta.
Jusqu’ici, Mercedes disposait de plusieurs locaux répartis dans le pays. Après avoir déplacé son siège social du New Jersey à Atlanta en 2018, la marque veut aller plus loin avec ce nouveau centre de recherche, qui devrait générer 500 emplois supplémentaires.
Le montant annoncé pour ce site est beaucoup plus limité : Mercedes parle de quelques millions de dollars. L’enjeu, au-delà de l’organisation, est aussi financier : la marque vise des économies.
Le besoin de réduire les coûts s’inscrit dans une période moins favorable sur plusieurs marchés. Les ventes ont stagné aux États-Unis en 2025, et elles ont reculé dans d’autres zones, notamment en Chine (-21,3 %) ainsi que dans certains marchés européens, dont la France (-11,9 %).
En injectant des milliards dans ses sites américains, Mercedes cherche clairement à produire plus près de son public, tout en se protégeant d’un contexte douanier pénalisant. Entre expansion industrielle, nouvelles lignes de production et centre de recherche à Atlanta, la marque parie sur une implantation encore plus solide sur le long terme. Reste à voir comment cette stratégie influencera la prochaine vague de modèles et l’équilibre entre production locale et importations dans les années à venir.
Sept milliards de dollars doivent être investis aux États-Unis d’ici 2030.
Quatre des sept milliards de dollars prévus seront consacrés à l’usine de Tuscaloosa.
Les modèles produits en Europe et importés aux États-Unis subissent 27,5 % de droits de douane.

De l'achat, à la revente, au financement, en passant par les derniers projets de loi automobile, Voiture Malin est la référence de l'info automobile
