
Mercedes s’attaque à son tour au segment des berlines familiales électriques avec une nouvelle Classe C. Et le message est clair : cette génération fait le grand ménage dans le passé pour se rapprocher nettement de son cousin SUV, le GLC, en reprenant au passage beaucoup de ses solutions technologiques.
Sur le papier, la fiche technique a de quoi attirer l’œil… mais il y a un effet secondaire impossible à ignorer : la voiture prend de l’ampleur, beaucoup d’ampleur.
Ça n’a rien d’exceptionnel : en changeant de génération, la plupart des voitures grandissent. Sauf qu’ici, Mercedes ne s’est visiblement pas retenu. La nouvelle Mercedes Classe C électrique mesure 4,88 m de long, soit 13 cm de plus que la Classe C actuelle.
Résultat : la hiérarchie devient plus floue dans la gamme, car cette nouvelle venue ne fait que 7 cm de moins qu’une Classe E. Avec 1,89 m de large (sans rétroviseurs) et 1,50 m de haut, elle a une vraie présence sur la route.
Autre détail marquant : ses proportions sont jugées étonnantes, notamment à l’arrière, où la malle de coffre paraît particulièrement courte. L’ensemble donne une silhouette un peu “entre deux mondes”, à mi-chemin entre la forme plus ovoïde d’une EQE et une berline plus classique.
Sans surprise, la filiation avec le GLC se voit vite : la voiture reprend une calandre massive (avec rétroéclairage en option) et un épais bandeau noir arrière qui intègre les feux. Autre signature désormais bien connue : la signature lumineuse en étoiles à trois branches.
Face à la BMW i3 qu’elle vise, la Classe C semble d’emblée moins musculeuse et moins affûtée — un choix de style qui ne plaira pas à tout le monde, mais qui assume une autre personnalité.
Si l’extérieur peut diviser, l’habitacle cherche clairement l’effet “waouh”. Le point d’orgue, c’est l’Hyperscreen optionnel : une planche de bord transformée en un seul grand ensemble avec un écran de 39 pouces de diagonale.
Le design est décrit comme discret, mais la partie techno coche les cases : tactile réactif, bonne définition, animations fluides. À cela s’ajoute un logiciel annoncé comme boosté par de l’IA (Gemini, ChatGPT, Bing), pour une expérience multimédia à bord jugée plaisante.
En revanche, la stratégie d’équipement peut faire grincer des dents : trois écrans sont de série, et celui face au passager est présenté comme n’ayant aucune fonction autre que servir de “cadre photo”… sauf si l’on passe par les options. Il faut donc monter en gamme d’options pour le rendre tactile, puis choisir un niveau au-dessus pour obtenir l’Hyperscreen. De quoi s’y perdre.
La recherche d’une image ultra technologique ne ferait presque pas oublier un autre point : Mercedes semble avoir rehaussé la qualité de finition ces derniers temps, notamment via les matériaux. Métal, cuir, placages en bois véritable : il est possible de configurer une Classe C très cossue, fidèle à l’idée que beaucoup se font de la marque.
Mention spéciale aux surpiqûres particulièrement travaillées aperçues sur une sellerie marron du modèle présenté.
À l’arrière, l’accueil est annoncé comme confortable : deux adultes, même grands, y trouvent leur place. Avec un empattement de 2,96 m, on pourrait cependant s’attendre à encore plus d’espace aux jambes, d’autant qu’il faut des chaussures fines pour glisser les pieds sous le siège avant.
Ce point rappelle une contrainte fréquente sur les électriques : le plancher est plus haut que sur une thermique (les batteries étant placées entre les essieux), ce qui plie davantage les jambes. Cela dit, l’ensemble serait plus agréable que dans la BMW i3.
Côté bagages, la malle donne accès à un coffre de 470 dm3 (valeur annoncée par le constructeur), contre 455 dm3 pour une Classe C berline thermique actuelle. Bonus notable : un frunk sous le capot avant ajoute 101 dm3, pratique pour le câble de recharge ou ce qu’on ne veut pas mélanger au reste.
La Mercedes Classe C électrique repose sur la plateforme MB.EA, inaugurée par le GLC. L’architecture 800V permet de viser de fortes puissances de charge, avec un pic annoncé à 330 kW.
Pour l’instant, une seule version estivale est annoncée : la Classe C électrique 400 4MATIC, avec une batterie de 94,5 kWh et 489 ch cumulés.
La configuration technique combine deux moteurs électriques (un à l’avant, un à l’arrière). Particularité : le moteur arrière intègre une boîte automatique à deux rapports. L’objectif annoncé est double : des performances très solides (0 à 100 km/h en 4 s) tout en conservant de l’efficience sur long trajet.
Sur l’autonomie, Mercedes annonce 760 km (WLTP) pour la 400 4MATIC. D’autres variantes, en propulsion, sont attendues plus tard, avec la promesse d’aller encore plus loin. La gamme devrait aussi accueillir au moins une batterie plus modeste, afin de proposer des tarifs plus attractifs.
De série, la Classe C électrique reçoit une suspension passive capable d’adapter l’amortissement selon les aspérités de la route.
Mais via un pack technique optionnel, elle peut reprendre les armes du GLC : roues arrière directrices et suspension pneumatique. Pour les roues arrière directrices, Mercedes annonce jusqu’à 4,5° en antagoniste sous 60 km/h, puis jusqu’à 2,5° dans le même sens que l’avant au-dessus de 60 km/h.
La suspension pneumatique promet confort et efficacité, avec un côté “smart” : grâce au GPS (basé sur Google Maps), la voiture peut s’abaisser automatiquement pour favoriser l’efficience lorsqu’elle détecte une voie rapide, quelle que soit la vitesse.
Plus surprenant : la voiture peut aussi s’appuyer sur le cloud de la marque. En étant connectée comme des millions d’autres modèles, elle peut par exemple enregistrer l’emplacement d’un dos-d’âne particulièrement violent et permettre à d’autres Mercedes connectées (et équipées) d’adapter la suspension de manière préventive en passant au même endroit.
Avec cette Classe C électrique, Mercedes joue la carte du grand format, de la technologie omniprésente et des prestations haut de gamme, tout en promettant des chiffres ambitieux en performance, recharge et autonomie. Reste encore à découvrir les tarifs et l’étendue précise de la gamme.
Si cette direction se confirme, la berline familiale électrique pourrait bien entrer dans une nouvelle phase : plus connectée, plus efficiente, et pensée comme une plateforme qui évolue avec son écosystème.
La Mercedes Classe C électrique mesure 4,88 m de long.
La Mercedes Classe C électrique 400 4MATIC annonce 489 ch cumulés et 760 km d’autonomie (WLTP).
La Mercedes Classe C électrique annonce un pic de charge à 330 kW.

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