Véhicules propres

Le moteur rotatif revient : la Chine relance le “Wankel” là où presque tout le monde a abandonné

Le moteur rotatif revient : la Chine relance le “Wankel” là où presque tout le monde a abandonné

Le moteur à pistons rotatifs, aussi appelé « wankel », traîne une réputation tenace : malgré des décennies d’efforts, il n’a jamais vraiment réussi à régler ses deux gros points noirs, une fiabilité souvent décevante et une consommation élevée, aussi bien en carburant qu’en huile. Même Mazda, son plus fidèle défenseur, peine aujourd’hui à faire vivre cette architecture, désormais cantonnée à un SUV MX-30 en prolongateur d’autonomie, avec un résultat qui ne fait pas l’unanimité. Pourtant, un nouvel acteur pourrait relancer l’histoire : le groupe chinois Changan, via sa filiale Harbin Dongan Auto Engine, annonce avoir conçu son propre moteur rotatif.

Harbin Dongan Auto Engine, filiale du groupe chinois Changan, a développé un moteur rotatif inédit
Une filiale de Changan annonce un moteur rotatif inédit, pensé pour de nouveaux usages.

Sur le papier, le moteur rotatif a de quoi séduire : il est compact et comporte moins de pièces qu’un moteur classique. Pas étonnant que des marques comme Mercedes ou Citroën s’y soient intéressées… avant de lâcher l’affaire, freinées par de gros soucis de fiabilité. Et comme si ça ne suffisait pas, cette mécanique a aussi la réputation d’être trop gourmande, en huile comme en carburant. Ces défauts sont devenus difficiles à accepter quand la crise pétrolière a frappé au début des années 1970. Résultat : seul Mazda a vraiment continué durablement, sans jamais réussir à effacer tous les problèmes. Aujourd’hui encore, le constructeur japonais utilise cette solution comme prolongateur d’autonomie sur le MX-30, mais l’ensemble reste jugé peu convaincant. Malgré tout, le « Wankel » — surnom courant du moteur rotatif en hommage à l’ingénieur allemand Félix Wankel — pourrait bien trouver un second souffle grâce à la Chine.

Le SUV Mazda MX-30 utilise un moteur rotatif comme prolongateur d’autonomie
Le Mazda MX-30 fait partie des derniers véhicules à utiliser un moteur rotatif en prolongateur d’autonomie.

Un moteur rotatif chinois destiné à des engins volants

Harbin Dongan Auto Engine, une filiale du groupe Changan, vient d’annoncer avoir réussi le premier démarrage de ce qu’elle présente comme le « premier moteur rotatif chinois », baptisé R05E. Il n’embarque qu’un seul rotor, reprend le principe des pistons triangulaires aux bords incurvés et se limite à une puissance de 57 kW (environ 72 ch), avec un régime plafonné à 6 500 tr/min. Autrement dit, inutile d’espérer un nouveau coupé sportif dans l’esprit des Mazda RX-7, ou même de la RX-8, dernière de la lignée avant que le durcissement des normes antipollution ne l’écarte du marché.

Le positionnement est ailleurs : ce moteur rotatif serait destiné à des véhicules capables de voler à basse altitude. On parle ici d’un type d’engin qui se situe entre le drone, l’aviation et l’automobile, un segment que la Chine veut développer. Dans ce scénario, le moteur Wankel redevient intéressant sur le plan théorique : il est petit, affiche une forte puissance spécifique, et gère plutôt bien les « NVH » (bruits, vibrations et secousses), un point clé pour des machines où le confort et la stabilité perçue comptent.

La Chine veut développer des véhicules capables de voler à basse altitude, entre drone, avion et voiture
La Chine mise sur des engins hybrides entre drone, avion et voiture pour le vol à basse altitude.

La Chine s'intéresse désormais aux moteurs mal aimés

Pour essayer de limiter la consommation, traditionnellement le talon d’Achille de ce type de moteur, Changan indique avoir choisi un bloc en aluminium avec un revêtement intérieur anti-friction NDC (un composite de nanodiamant). Le moteur rotatif chinois reçoit aussi un système d’allumage à double circuit indépendant, ainsi que plusieurs autres technologies. La grande question reste la même : ce R05E sera-t-il vraiment moins gourmand que ses équivalents japonais, et tiendra-t-il plus longtemps ?

Jusqu’ici, le « wankel » a souvent obligé à prévoir une réfection à des kilométrages relativement bas, parfois avant 100 000 km. De quoi refroidir la majorité des acheteurs, même si l’opération peut rester moins coûteuse que sur un moteur classique. Quoi qu’il en soit, ce projet illustre une tendance claire : la Chine ne se contente plus de reproduire ce que font les autres. Elle remet aussi sur la table des solutions techniques que presque tout le monde avait laissées de côté, comme le montre également l’arrivée d’un moteur à plat chez Yangwang, la marque haut de gamme liée à BYD.

La berline Yangwang U7 utilise un moteur à plat comme prolongateur d’autonomie
Yangwang mise aussi sur une architecture atypique : un moteur à plat en prolongateur d’autonomie.

Foire aux Questions

Quelle puissance affiche le moteur rotatif chinois R05E annoncé par Harbin Dongan Auto Engine (Changan) ?

Le moteur rotatif chinois R05E est annoncé à 57 kW, soit environ 72 ch.

À quel régime maximal est limité le moteur rotatif R05E de Changan ?

Le régime du moteur rotatif R05E est limité à 6 500 tr/min.

Quel type d’usage est visé pour le moteur rotatif R05E selon les informations disponibles ?

Le moteur rotatif R05E serait utilisé dans des véhicules destinés au vol à basse altitude, à mi-chemin entre le drone, l’aviation et l’automobile.

Comme un écho à cette renaissance, nos rêves restent bien ancrés : du Wankel aux cieux urbains, l’émotion rivalise avec une Mercedes 300 SL. Pour la vivre sereinement en LOA/LLD, explorez Joinsteer.

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