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Le moteur rotatif revient… et ce n’est pas Mazda qui relance la hype

Le moteur rotatif revient… et ce n’est pas Mazda qui relance la hype

Malgré des décennies d’efforts, le moteur à pistons rotatifs n’a jamais vraiment réussi à exorciser ses vieux défauts. Ce moteur, aussi surnommé « Wankel » en hommage à son inventeur, traîne une réputation tenace : une durée de vie plus courte que la norme, et une consommation élevée, autant en carburant qu’en huile. Même le constructeur qui l’a le plus défendu a fini par le cantonner à un rôle discret, sur un SUV où il sert surtout à prolonger l’autonomie, sans convaincre tout le monde. Pourtant, le scénario change : un nouvel acteur, le groupe chinois Changan, annonce avoir développé son propre moteur rotatif. Et l’idée n’est pas de relancer un coupé sportif, mais de viser un usage beaucoup plus inattendu.

Harbin Dongan Auto Engine, filiale du groupe chinois Changan, a développé un moteur rotatif inédit
Une filiale de Changan affirme avoir mis au point un moteur rotatif inédit.

Sur le papier, le moteur rotatif a de quoi séduire : il est compact et comporte moins de pièces qu’un moteur « classique ». Ce combo a déjà attiré de grands noms comme Mercedes ou Citroën… avant qu’ils ne renoncent, freinés par de sérieux soucis de fiabilité. Et comme si ce n’était pas assez, le rotatif est aussi connu pour son appétit trop important en huile et en carburant. Ces défauts sont devenus encore plus difficiles à justifier quand la crise pétrolière a éclaté au début des années 1970. Résultat : presque tout le monde a abandonné. Un constructeur a persévéré plus longtemps que les autres, sans parvenir à éliminer totalement ces faiblesses. Aujourd’hui, alors que cette technologie semblait condamnée à rester marginale, la Chine débarque avec une proposition qui remet le sujet sur la table.

Le SUV Mazda MX-30 utilise un moteur rotatif comme prolongateur d’autonomie
Le moteur rotatif est encore utilisé comme prolongateur d’autonomie sur certains véhicules.

Un moteur rotatif chinois destiné à des engins volants

Une filiale du groupe Changan, Harbin Dongan Auto Engine, annonce avoir réussi le premier démarrage de ce qu’elle présente comme le « premier moteur rotatif chinois » : le R05E. Ici, pas de promesse de renaissance d’une lignée de sportives : on parle d’un moteur à un seul rotor, qui conserve le principe des « pistons » triangulaires aux bords incurvés. Côté chiffres, le R05E revendique 57 kW (environ 72 ch) et un régime limité à 6 500 tr/min. Clairement, l’objectif n’est pas de rivaliser avec des moteurs de performance, mais de fournir une solution compacte pour un autre terrain de jeu.

Et ce terrain de jeu, c’est le « vol à basse altitude » : des véhicules hybrides dans l’esprit, à mi-chemin entre drone, aviation et automobile. Dans ce contexte, le moteur rotatif redevient théoriquement intéressant. Pourquoi ? Parce que sa taille réduite, sa puissance spécifique et sa gestion des NVH (les bruits, les vibrations et les secousses) peuvent coller aux contraintes d’un engin volant où chaque kilo et chaque centimètre comptent. En gros : quand l’espace est ultra limité et que le confort vibratoire devient un enjeu, un Wankel a des arguments que les moteurs traditionnels ont parfois du mal à égaler.

La Chine veut développer des engins entre drone, avion et voiture capables de voler à basse altitude
La Chine vise des véhicules capables de voler à basse altitude, entre drone, avion et automobile.

La Chine s'intéresse désormais aux moteurs mal aimés

Reste la question qui fâche : la conso. Pour attaquer le point faible historique du rotatif, Changan mise sur des choix techniques précis. Le R05E utiliserait un bloc en aluminium avec un revêtement intérieur anti-friction NDC (un composite de nanodiamant). Il embarquerait aussi un système d’allumage à double circuit indépendant, plus diverses autres technologies. L’objectif est clair : limiter l’appétit en carburant associé d’ordinaire à cette architecture.

Mais la vraie inconnue, c’est l’équilibre final : est-ce que ce R05E sera réellement moins gourmand que ses équivalents japonais, et est-ce qu’il pourra durer plus longtemps ? Jusqu’ici, le moteur Wankel a souvent imposé une réfection à des kilométrages relativement faibles, parfois avant d’atteindre 100 000 km. De quoi refroidir la plupart des acheteurs, même si cette opération peut rester moins chère que sur un moteur conventionnel. Au-delà du débat technique, ce projet illustre surtout un changement d’attitude : la Chine ne se contente plus de reproduire ce qui existe déjà. Elle explore aussi des solutions délaissées par presque tout le monde, en réinvestissant des idées mises de côté ailleurs.

La berline Yangwang U7 utilise un moteur à plat comme prolongateur d’autonomie
D’autres projets chinois remettent en avant des architectures moteur délaissées, comme le moteur à plat.

Foire aux Questions

Quelle puissance annonce le moteur rotatif chinois R05E de Changan ?

Le moteur rotatif chinois R05E est donné pour 57 kW, soit environ 72 ch.

Quel est le régime maximal indiqué pour le moteur rotatif R05E ?

Le régime du moteur rotatif R05E est limité à 6 500 tr/min.

À quel usage est destiné le moteur rotatif R05E selon les informations disponibles ?

Le moteur rotatif R05E serait utilisé dans des véhicules destinés au vol à basse altitude, entre le drone, l’aviation et l’automobile.

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