
Marc Ouayoun, Directeur Général de Peter Auto (organisateur du Mans Classic, du 2 au 5 juillet 2026), détaille la nouvelle formule de l’événement. Objectif : faire cohabiter patrimoine et voitures plus récentes, sans perdre l’esprit accessible qui fait la réputation du rendez-vous. Cette année, l’invité d’honneur est Gordon Murray.
Le point de départ est très concret : le Mans Classic est né en 2002, à une époque où l’on faisait rouler des voitures de course jusqu’aux années 80. En 2026, l’histoire de la compétition a continué d’avancer, et de nouvelles catégories emblématiques ont vu le jour.
Mais la piste impose une limite : il y a six plateaux, et il n’est pas possible d’en ajouter davantage. Plus le temps passe, plus il devient difficile d’inscrire et de faire rouler toutes les voitures qui mériteraient d’être présentes.
L’idée est donc de répartir l’histoire en deux grands chapitres :
— Un Mans Classic « Heritage », qui couvre les premières 50 années de l’endurance.
— Un Mans Classic « Legend » (l’édition évoquée ici), qui regroupe les 50 dernières années, en allant jusqu’aux années 2015 avec les GT3 et le plateau « Legends of Le Mans ».
Marc Ouayoun décrit « Legends of Le Mans » comme un plateau à part, car il roule (en alternance) en ouverture des 24 Heures du Mans. Il réunit les voitures à l’origine du WEC (World Endurance Championship) :
— des LMP1 (2006–2013) ;
— des LMP2 (2006–2015), avec notamment des Ligier JS P2, des Oreca 05, et des Porsche RS Spyder (annoncées comme les seules à rouler en Europe dans ce contexte) ;
— des GTE, des GT rares car très limitées en production et parfois plus proches d’un prototype que d’une GT.
Dès cette année, une vingtaine de voitures sont annoncées, avec l’objectif d’en avoir une trentaine l’année prochaine.
Parmi les voitures et périodes mises en avant, Marc Ouayoun cite : des Peugeot 908, des Pescarolo 01, des Audi R8, ainsi que des voitures « post-Groupe C », les premières GT1, les premières GT2, et celles de la période BPR (ancien championnat d'endurance devenu championnat FIA GT).
Autre image forte annoncée : des McLaren F1 au départ du plateau 8, décrites comme un moment « magnifique ».
À côté des plateaux, l’événement met en avant des courses supports, « spectaculaires et différentes d’avant ». Exemple : la GT3. Elles ne roulaient pas au Mans à l’époque, d’où leur statut de course support plutôt que de plateau.
Une autre course support doit réunir des voitures très populaires : Mercedes SLS, Ferrari 458, BMW Z4, Porsche 911 R, Corvette et Ford GT.
Et la tête d’affiche côté « show » : une course support en NASCAR historique. Une collaboration avec l’IMSA (International Motor Sports Association) et la NASCAR est mise en place pour un échange de plateaux entre Le Mans et Daytona. Résultat annoncé : 35 NASCAR historiques des années 1990 pour une course qui doit « faire beaucoup de bruit » et attirer du public.
Parmi les moments plus transverses, l’événement prévoit la course « Little Big Mans » avec les enfants le vendredi. Il est aussi annoncé une démonstration, plusieurs fois pendant le week-end, de la Mazda 787B (victorieuse en 1991), qui viendrait directement du Japon — un déplacement présenté comme exceptionnel.
Marc Ouayoun résume l’intention : faire de cette édition « un festival incroyable ».
Pour Peter Auto, accueillir Gordon Murray est présenté comme « un immense honneur ». Il est décrit comme l’un des ingénieurs les plus brillants de la compétition automobile de l’après-guerre, ayant marqué Le Mans avec la McLaren F1, et aujourd’hui via Gordon Murray Automotive avec les T50.
Une rétrospective est annoncée autour de ses voitures : des Brabham F1, des McLaren, dont la F1 GTR. Point particulièrement marquant : la présence annoncée de F1 dans la rétrospective, dont la McLaren MP4/5B d’Ayrton Senna, qualifiée de rarissime au Mans.
Marc Ouayoun précise avoir contacté Gordon Murray il y a plus de six mois, et que celui-ci a accepté avec grand plaisir, en soulignant qu’il sort peu et que cela pourrait devenir un moment très fort. Son choix est présenté comme naturel, car il incarne une période « emblématique » des années 1990–2000.
Le Mans Classic est décrit comme l’événement où l’on peut le plus approcher les voitures, notamment grâce aux paddocks. Il est question d’un pass week-end avec accès paddock et, nouveauté annoncée, une entrée au M24, le musée historique qui vient d’ouvrir ses portes.
Avec ces accès, il est possible d’assister à l’ensemble des courses (plateaux et supports), de voir les voitures démarrer et repartir, et d’aller en pré-grille : être au contact de la course, l’entendre, « pas la toucher mais presque ».
L’événement veut aussi assumer une dimension festive avec des concerts. Les artistes cités : Purple Disco Machine, Etienne de Crécy, Superbus, Bon Entendeur, Bakus et Contrecoeur.
Il est également question d’un cinéma en plein air et des « parkings clubs » où l’on peut se balader.
Côté budget, Marc Ouayoun met en avant des billets annoncés à moins de 100 € pour 4 jours, musée inclus, en comparant ce niveau de prix à celui d’un billet de concert pour une seule soirée.
Les hospitalités ont aussi été repensées avec plusieurs formats : des espaces pour les partenaires autour du paddock, dans les loges ; un Drivers Club pour les pilotes afin de se restaurer à n’importe quel moment ; ainsi que des navettes pour emmener les VIP à différents endroits du circuit.
Marc Ouayoun cite des partenaires fidèles comme Richard Mille ou BMW, et explique que des entreprises voient Le Mans Classic comme un bon événement pour partager un moment convivial avec leurs clients.
À la question d’une seule voiture pour un tour de circuit à la tombée de la nuit, Marc Ouayoun choisit une LMP1, et plus précisément une Audi R8 des années 2000. Il la décrit comme absolument exceptionnelle : victorieuse au Mans, et réputée (y compris auprès de gentlemen drivers, Pierre Fillon étant cité) pour combiner efficacité, performance, confort pilote et sensations, notamment parce que c’est une voiture ouverte.
Il ajoute qu’à ses yeux, l’Audi R8 pourrait devenir encore plus connue à l’avenir, car elle est très marquante dans l’histoire de l’endurance.
Avec sa formule « Heritage » et « Legend », ses plateaux limités mais plus lisibles, ses courses supports très démonstratives et une expérience spectateur tournée vers la proximité, le Mans Classic 2026 veut élargir le terrain de jeu sans perdre son ADN. Et si la promesse est tenue — NASCAR historiques, Mazda 787B, rétrospective Gordon Murray — le rendez-vous pourrait bien donner un aperçu de ce que seront les grands événements auto de demain : plus transverses, plus vivants, et plus ouverts.
Le Mans Classic « Heritage » couvre les premières 50 années de l’endurance.
Le plateau « Legends of Le Mans » regroupe des LMP1 (2006–2013), des LMP2 (2006–2015) et des GTE.
35 NASCAR historiques des années 1990 sont annoncées.

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