
Pour la première fois depuis 2022, Toyota s’est imposé aux 24 Heures du Mans avec l’équipage #7 composé de Kamui Kobayashi, Nyck De Vries et Mike Conway. Pour la grande première dans la Sarthe de sa nouvelle Hypercar TR010, le constructeur nippon a réussi à devancer la BMW #20 et la voiture sœur #8 de l’écurie Toyota, au terme d’une course extrêmement serrée.
Toyota met fin à trois ans de règne Ferrari au Mans et renoue avec la victoire dans la Sarthe. Le scénario est d’autant plus marquant que l’équipe sortait de qualifications difficiles : la Toyota #7 s’élançait depuis la 14e position sur la grille. La clé ? Une stratégie décalée, assumée très tôt.
Dès le début de course, les ingénieurs et stratèges ont choisi d’anticiper les arrêts au stand et de décaler les relais entre les deux voitures engagées. Cette approche a permis à Toyota de remonter progressivement et de mettre sous pression Cadillac et BMW, longtemps vues comme candidates naturelles au succès.
Alors que les premières heures se déroulaient sans gros remous, la course a basculé en début de soirée puis dans la nuit : d’abord avec un contact entre une Hypercar et une LMP2, aux conséquences lourdes pour la BMW #15, puis plus tard avec l’arrêt de la Cadillac #38 suite à une défaillance mécanique. Entre les phases de full course yellow et les voitures de sécurité, les deux Toyota se sont retrouvées aux avant-postes pour jouer la gagne face à la BMW #20 et la Cadillac #12.
Au fil des heures, Toyota a affiché un rythme de plus en plus convaincant, au point d’installer ses équipages #7 et #8 dans le top 3. L’équipe ne s’est pas uniquement appuyée sur sa stratégie : elle a aussi pu compter sur une voiture efficace.
Toyota a tourné une page importante. Après une GR010 déjà redoutable — 20 victoires en 35 courses disputées — le constructeur a repoussé ses limites avec la nouvelle TR010 Hybride. Au programme : un ensemble aérodynamique complètement retravaillé, qui n’a pas manqué d’évoquer dans le paddock la Ferrari 499P, référence au Mans depuis 2023.
La TR010 s’était déjà montrée comme une arme dès le début de saison aux 6 Heures d’Imola. Nyck De Vries résumait alors l’esprit de cette évolution : « La voiture est évolution châssis, mais conserve des éléments systèmes très proche de l'ancienne voiture, nous avons travailler dur pour trouver de la performance et progresser. » Et au Mans, pour sa première apparition sarthoise, la promesse a pris forme : la Toyota TR010 a décroché un triomphe dès la manche inaugurale du WEC 2026, un exploit majeur dans un univers où il faut souvent accumuler les kilomètres avant de comprendre une nouvelle voiture à 100%.
Sur le papier, l’équipage #7 n’était pas le plus expérimenté chez Toyota face à la #8 de Sébastien Buemi, Brendon Hartley et Ryo Hirakawa, qui totalisaient à eux trois 8 victoires au Mans. Et pourtant, c’est bien le trio Kobayashi / De Vries / Conway qui a eu le dernier mot.
Nyck De Vries, ancien pilote de F1 et champion de Formule E 2021, a vécu un moment fort à l’arrivée : « J'ai beaucoup de rêves et d'objectifs, mais gagner les 24 Heures du Mans était très haut sur ma liste. » Avec ses équipiers — tous les deux vainqueurs au Mans en 2021 — la #7 a joué sa carte à fond : prendre la tête à seulement deux heures de l’arrivée, puis ne plus jamais la lâcher.
De Vries a aussi glissé une phrase qui colle parfaitement à l’ambiance unique du Mans : « On dit que Le Mans choisit ses vainqueurs, et je crois que c’est exactement ce qui s’est passé pour nous ». Et d’ajouter : « Les autres pilotes l'équipe [Toyota] avaient déjà gagné ici, j’étais le seul à ne pas avoir cette victoire au Mans donc je suis très heureux d’avoir enfin décroché ce titre. »
Dix ans après la désillusion de 2016 — un abandon dans le dernier tour à l’époque du LMP1 — Toyota laisse ses vieux démons derrière et remporte pour la sixième fois les 24 Heures du Mans.
La victoire revient à Toyota GR #7. BMW WRT #20 prend la 2e place à +10"913, et Toyota GR #8 complète le podium à +20"417. Cadillac Hertz Jota #12 termine 4e (+32"381), devant Ferrari AF Corse #51 (5e à +2'22"423). Au total, les dix premières places sont toutes occupées par des Hypercars.
Dans les autres catégories, Inter Europol #43 est indiqué comme leader de classe en LMP2 et Corvette TF Sport #33 comme leader de classe en LMGT3. Plusieurs équipages sont notés OUT (abandon), dont notamment Ferrari AF Corse #50 en Hypercar, BMW WRT #15 en Hypercar, ainsi que Cadillac Herzt Jota #38 en Hypercar.
Entre stratégie audacieuse, rythme en progression et efficacité de la nouvelle TR010, Toyota signe au Mans 2026 une victoire qui a le goût des grandes nuits d’endurance. Et si cette édition rappelle une chose, c’est que sur 24 heures, rien n’est jamais écrit d’avance — sauf l’envie de revenir plus fort.
Toyota GR #7 a gagné avec Kamui Kobayashi, Nyck De Vries et Mike Conway.
La Toyota #7 partait en 14e position sur la grille de départ.
La BMW #15 a subi les conséquences lourdes d’un contact avec une LMP2, et la Cadillac #38 s’est arrêtée suite à une défaillance mécanique.

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