
Avec 42 ans de carrière, le Toyota Land Cruiser 70 n’a clairement pas envie de tirer sa révérence. Encore vendu sur des marchés porteurs comme l’Australie, ce 4x4 avait pourtant disparu du catalogue. Le voilà de retour… mais pas tout à fait comme avant. Les puristes vont notamment devoir avaler une pilule : la boîte manuelle n’est plus au programme.
Autre changement majeur : le Land Cruiser 70 récupère l’ensemble de la mécanique du Hilux actuel, y compris ce qui touche à la dépollution. Et c’est précisément là que le débat s’enflamme : est-ce que ce virage peut bousculer la réputation de fiabilité « indestructible » du modèle ?
Quand on parle de fiabilité, Toyota est souvent cité, et le Land Cruiser en est l’un des symboles. C’est aussi ce qui explique son adoption sur le terrain par de nombreuses forces militaires ou de sécurité, souvent aux côtés du Hilux. Alors quand Toyota relance le Land Cruiser série 70 en Australie après une disparition l’année précédente, les fans respirent… tout en se demandant ce que ce retour implique vraiment.
Le point sensible, c’est que cette relance s’accompagne de changements techniques qui touchent directement à l’usage et à l’entretien, et qui peuvent inquiéter ceux qui choisissaient justement ce modèle pour sa simplicité.
Toyota avait suspendu la commande du Land Cruiser 70 en avançant une raison simple : trop de demandes par rapport à la capacité de production de l’usine japonaise de Yoshiwara. Mais une autre explication circule : le sujet des émissions polluantes.
Pour son retour, le Land Cruiser 70 s’offre en tout cas une nouveauté très concrète : un réservoir d’AdBlue de 20 litres, destiné à traiter les polluants avant leur sortie à l’échappement. Toyota opte ici pour un traitement par urée afin de répondre à la norme Euro 6, un passage visiblement devenu incontournable, y compris pour ce véhicule utilitaire décliné en plusieurs versions (4x4, petit camion plateau, transport de marchandises ou de troupes) et proposé avec trois formules d’empattement.
Dans les années 2000, Toyota avait introduit un V8 4.5 simple turbo diesel sur le Land Cruiser 70 en Australie. Désormais, ce bloc est remplacé par un quatre cylindres 2.8 suralimenté, toujours diesel — tout simplement celui du pick-up Hilux.
À noter : la puissance est décrite comme quasiment inchangée, même si le V8 se distinguait par un couple plus important sur une plage plus large.
Et là encore, un détail peut piquer les amateurs de franchissement « à l’ancienne » : ce moteur est désormais exclusivement associé à une boîte automatique, ce qui met fin à l’expérience boîte manuelle qui faisait partie du charme rustique du modèle pour certains.
Autre évolution à surveiller : le réservoir passe de 180 litres à 130 litres, probablement pour libérer l’espace nécessaire au stockage de l’AdBlue. Pour un véhicule pensé pour des longues distances et des usages utilitaires, c’est un changement qui compte.
Le retour du Land Cruiser 70 ne se fait pas à prix doux. Dans le même contexte, il est indiqué qu’il faut compter entre 50 et 65 000 dollars australiens pour un RAV4 (avec des variations selon la localité). Mais le Land Cruiser 70 joue dans une autre catégorie : le ticket d’entrée est à 83 000 dollars australiens.
Cher payé pour un modèle lancé en 1984. Pourtant, ces tarifs ne semblent pas refroidir les acheteurs australiens, toujours attirés par ce véhicule réputé « proche de l’indestructible » — du moins, tant qu’il n’y avait pas d’AdBlue.
Le Land Cruiser 70 n’est pas limité à l’Australie : d’autres marchés restent visés, comme le Moyen-Orient ou l’Amérique du Sud. En revanche, il est précisé que les Japonais ne peuvent plus l’acheter depuis la fin des années 70 pour des raisons liées aux émissions polluantes.
Le Land Cruiser 70 revient avec ce qui fait sa légende — une base utilitaire conçue pour durer — mais aussi avec des choix techniques beaucoup plus modernes : AdBlue, norme Euro 6, boîte automatique et mécanique issue du Hilux. Reste une question qui va hanter les passionnés : est-ce que cette mise à niveau préservera l’esprit « simple et increvable » qui a construit le mythe ? Une chose est sûre : la légende continue d’avancer, et c’est souvent dans ces virages que se joue l’avenir d’une icône.
Un réservoir d’AdBlue de 20 litres est ajouté pour traiter les polluants avant leur sortie à l’échappement.
Un quatre cylindres 2.8 suralimenté diesel, qui est celui du pick-up Hilux, remplace le V8 4.5 simple turbo diesel.
Le ticket d’entrée est à 83 000 dollars australiens.

De l'achat, à la revente, au financement, en passant par les derniers projets de loi automobile, Voiture Malin est la référence de l'info automobile
