Découvert lors de la Milano Design Week, le projet Tensei signé Pininfarina et JAS Motorsport remet sur le devant de la scène une idée devenue presque rebelle : une supersportive qui mise d’abord sur la sensation, pas sur la surenchère technologique. Sur le papier, on pourrait croire à un restomod de plus. En pratique, cette relecture de la toute première Honda NSX coche exactement les cases que beaucoup de supercars modernes ont progressivement laissées de côté : V6 atmosphérique, boîte manuelle, visibilité soignée, ergonomie simple et poids contenu.
À son arrivée en 1990, la première génération de Honda NSX bouscule l’idée même de la supercar. Là où certaines rivales italiennes de l’époque peuvent paraître intimidantes, elle se montre plus fiable, plus facile à vivre et étonnamment rationnelle au quotidien. Son lancement en rouge assume clairement l’ambition : défier les références établies.
Sa réputation se construit sur des choix très concrets : une architecture en aluminium, un V6 atmosphérique en position centrale arrière, une visibilité remarquable et une ergonomie sans fioritures. La mise au point est également marquante, avec une contribution d’Ayrton Senna. Des décennies plus tard, la formule parle encore aux passionnés — et c’est précisément ce que Pininfarina a choisi de respecter plutôt que de réinventer à tout prix.
Le projet Tensei repose sur des Honda NSX du début des années 1990 soigneusement sélectionnées. L’approche ne se limite pas à coller quelques détails rétro : les proportions évoluent en profondeur. Empattement allongé, voies élargies, porte-à-faux arrière raccourci, caisse abaissée, roues plus généreuses… l’auto change de posture, sans perdre son ADN.
Dimitri Vicedomini, responsable du design extérieur chez Pininfarina, résume l’intention : « Les proportions sont la chose la plus importante pour un designer. Une fois que nous avons compris l’ampleur des changements possibles, la voiture s’est presque dessinée d’elle-même. » Le résultat reste immédiatement identifiable comme une Honda NSX, mais avec une présence visuelle nettement plus contemporaine. Et surtout, sans tomber dans le déguisement.
Sous une nouvelle carrosserie en fibre de carbone, la Tensei conservera un V6 atmosphérique inspiré de l’architecture mécanique d’origine, associé à une boîte manuelle à six rapports. Aucun turbo annoncé, aucune hybridation, aucune promesse de puissance délirante. L’idée n’est pas de gagner une bataille de chiffres, mais d’assumer une philosophie.
Le contraste est clair avec l’esprit de nombreuses supercars actuelles, qui empilent batteries, transmissions robotisées, écrans et puissances à quatre chiffres. Ici, le projet semble viser autre chose : un moteur qui monte dans les tours, une commande de boîte mécanique, et au final un lien plus direct entre la machine et la personne au volant.
Pininfarina rappelle que son histoire avec Honda remonte à 1984, avec le concept HP-X, précurseur de la NSX. La Tensei boucle donc une relation ancienne, tout en célébrant une icône. L’ambition n’est pas de « réinventer » la supercar, mais de démontrer qu’une autre voie reste possible.
Assemblé à la main en série ultra-limitée chez JAS Motorsport, près de Milan, le projet restera forcément très niche et ne bouleversera pas le marché. Mais il envoie un message limpide : une supercar n’a pas besoin d’être surpuissante, surconnectée ou intimidante pour marquer les esprits. Les objectifs revendiqués sont dans la continuité de la NSX originelle : « performance, équilibre, facilité d’usage et engagement émotionnel ».
Avec Tensei, Pininfarina et JAS Motorsport rappellent qu’une voiture d’exception peut encore miser sur la simplicité intelligente : une architecture pensée pour le conducteur, une mécanique atmosphérique, une boîte manuelle, et une silhouette modernisée sans trahir la base. Si les premiers exemplaires produits sont aussi convaincants que les rendus, ce projet pourrait bien inspirer une nouvelle vague de supercars plus humaines — et c’est une perspective qui donne envie de voir la suite.
Un V6 atmosphérique inspiré de l’architecture mécanique d’origine, associé à une boîte manuelle à six rapports.
Sur des exemplaires de Honda NSX du début des années 1990 soigneusement sélectionnés.
À la main, en série ultra-limitée, chez JAS Motorsport près de Milan.

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