
Alfa Romeo s’apprête à revenir sur le terrain très disputé des berlines compactes, avec une héritière annoncée des 147 et Giulietta. Un retour qui rappelle une tentative bien plus ancienne… et franchement douloureuse.
Car la marque au trèfle s’était déjà aventurée sur ce segment en 1983 avec l’Arna. L’objectif était clair : aller chercher la Volkswagen Golf de deuxième génération. Sauf qu’à l’époque, Alfa Romeo a appris à ses dépens qu’un simple changement de badges ne suffit pas à créer une vraie Alfa.
La marque doit revenir sur le segment des berlines compactes avec un modèle présenté comme une rivale des Audi A3 Sportback, BMW Série 1 et Mercedes Classe A. Le contexte est particulier, puisque la Giulietta (lancée en 2010) a quitté la gamme en 2022 sans remplacement immédiat.
Ce choix s’inscrit dans une logique de plateforme partagée : la future compacte doit reposer sur une base technique commune avec les futures Peugeot 308 III, Opel Astra 7 et Lancia Delta. L’idée est de rentabiliser le projet en multipliant les partenaires, même si les compactes ne sont plus au centre de la tendance actuelle.
Chez les marques généralistes, le segment s’est d’ailleurs nettement réduit : hormis Peugeot et Opel, Renault et Ford ont retiré de leurs catalogues les Mégane (thermique) et Focus.
Retour en arrière : en 1983, Alfa Romeo lance l’Arna. Dans l’esprit de la marque, c’est la première tentative “moderne” de berline compacte, pensée pour contrer la Volkswagen Golf II.
Le problème, c’est qu’Alfa Romeo n’a alors pas de véritable réponse dans sa gamme. L’Alfasud, née en 1972 et positionnée plus bas (plutôt face à une Volkswagen Polo), arrive en fin de vie. Et au milieu d’un marché où Fiat Ritmo et Lancia Delta occupent déjà le terrain, Alfa Romeo veut aussi sa part.
La solution trouvée par les décideurs milanais est radicale : créer une coentreprise avec Nissan. Sur le papier, difficile d’imaginer deux univers plus opposés.
Pour viser large sur le marché européen, Nissan et Alfa Romeo font les choses en grand. Une usine dédiée est construite à Pratola Serra, en Campanie, à l’est de Naples. Là-bas, des Nissan Pulsar reçoivent sous leur capot le moteur de l’Alfasud. Sauf que cette greffe, non prévue à l’origine par les ingénieurs japonais, impose de longues et coûteuses adaptations.
Sur le marché, le verdict est brutal. Trop chère et pas assez différenciée de son modèle d’origine, l’Arna déçoit. Et pour cause : changer les logos sur la calandre, les jantes, et ajouter un volant sport ne suffit pas à convaincre les Alfistes.
Produite entre 1983 et 1987, l’Arna ne trouve preneur qu’auprès de 53 000 clients. L’opération tourne au désastre, autant industriel que commercial.
Alfa Romeo doit alors réagir vite : un plan B est trouvé dans l’urgence, avec la 33, arrivée quelques mois après la commercialisation de l’Arna. Dès lors, l’Arna n’a plus vraiment de raison d’exister.
Sur le papier pourtant, la gamme se voulait complète : versions 3 et 5 portes, et motorisations essence allant de 63 à 95 ch.
L’Arna restera comme le rappel qu’une compacte ne se résume pas à une silhouette pratique ou à une fiche technique : pour une marque comme Alfa Romeo, l’identité compte autant que le produit. Avec le retour annoncé sur ce segment, la question n’est plus de “revenir”, mais de réussir là où l’Arna a échoué — et de prouver qu’une compacte peut encore faire vibrer.
Produite entre 1983 et 1987.
53 000 clients.
Des motorisations essence de 63 à 95 ch.

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