
Quand un grand groupe auto traverse une zone de turbulences, une tentation revient souvent : ressortir une icône du passé et miser sur le néo-rétro. Après le choix de Renault de relancer des silhouettes familières, Stellantis affiche à son tour une ambition forte : ressusciter l’esprit de la Citroën 2CV à l’horizon 2028, avec un teaser à l’appui. Mais attention, il ne s’agira pas d’un simple copier-coller : plutôt d’une évocation moderne de la "Deux pattes", celle qui a marqué l’histoire de 1948 à 1990.
Longtemps laissé de côté, le segment A — celui des mini-berlines urbaines — reprend progressivement des couleurs. Un élément déclencheur est mis en avant : la Renault Twingo, annoncée comme une future locomotive du marché dès ce printemps. D’autres rivales sont aussi attendues, ce qui confirme que les petites électriques abordables redeviennent un vrai terrain de bataille.
Dans ce contexte, Stellantis n’entend pas rester spectateur. Le groupe prépare un programme interne baptisé E-Car, avec l’idée de faire d’une pierre trois coups : trois modèles partageraient le même projet industriel.
Cette fois, il n’est pas question de reproduire l’ancienne "triplette" Citroën–Peugeot–Toyota (C1, 107 puis 108 et Aygo) qui a existé de 2005 à 2022. D’après les informations présentes dans le contenu, le trio visé concernerait plutôt Citroën, Fiat et Opel.
Objectif affiché : permettre à ces trois marques de proposer des produits d’entrée de gamme abordables, chacune avec un ancrage sur son marché national, et avec en toile de fond une ambition : contrer, au moins en partie, la dynamique de Dacia sur les modèles accessibles.
Le calendrier annoncé place l’arrivée des nouvelles venues à l’horizon 2028. Citroën devrait ouvrir le bal en montrant, au Mondial de l’Auto à Paris à l’automne, un concept-car qui donnera un aperçu de sa future petite citadine.
Le point qui surprend le plus : la production. Les E-Car seraient fabriquées en Italie, sur le site industriel de Pomigliano d’Arco, près de Naples. Conçu à la fin des années 1960 et mis en service en 1972 (avec l’Alfasud), le site produit aujourd’hui l’Alfa Romeo Tonale, le Dodge Hornet, et surtout la Fiat Panda de troisième génération (devenue Pandina depuis l’arrivée de la Fiat Grande Panda).
Le projet E-Car inclurait également la remplaçante de la Fiat Panda, annoncée pour 2030.
Du côté d’Opel, plusieurs anciennes citadines pourraient servir d’inspiration : l’Agila, l’Adam et la Karl sont citées comme pistes possibles — des références plus récentes que la 2CV et que la Panda originelle lancée en 1980.
Des rumeurs évoquent une base technique chinoise issue de la Leapmotor T03, une citadine électrique au bon format (3,62 m de long). Mais l’orientation décrite ici est différente : les trois futures E-Car reposeraient plutôt sur un soubassement italien, étroitement dérivé de celui de l’actuelle Panda née en 2011.
Ce choix a un avantage clair : cette base serait déjà très largement amortie. Elle serait modernisée "juste ce qu’il faut". À noter aussi un point technique important : la Fiat Pandina affiche 3,65 m et n’exclut pas une hybridation, alors que la base de la T03 est présentée comme 100% électrique.
Le retour de la 2CV version électrique ressemble moins à un simple clin d’œil nostalgique qu’à une stratégie industrielle : reconquérir le terrain des petites voitures accessibles avec un trio de modèles, produits en Italie, et construits sur une base éprouvée. Reste à voir jusqu’où Stellantis poussera le curseur entre héritage et modernité — et si cette nouvelle vague de citadines abordables peut vraiment relancer l’envie de voiture en ville.
Les E-Car seront produites en Italie sur le site industriel de Pomigliano d’Arco près de Naples.
La future petite citadine électrique est annoncée à moins de 15 000 €.
Le trio reposerait plutôt sur un soubassement italien étroitement dérivé de celui de l’actuelle Panda née en 2011.

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