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Inde : pourquoi Renault et Citroën peinent à exister sur le plus grand marché humain de la planète

Inde : pourquoi Renault et Citroën peinent à exister sur le plus grand marché humain de la planète

Pays le plus peuplé au monde, l’Inde fait rêver les constructeurs automobiles. Renault s’y est lancé en 2015, Citroën en 2020. Sur le papier, tout y est : investissements, production locale et même des voitures pensées pour les contraintes du pays. Dans les faits, les ventes restent faibles, et l’écart avec les leaders est immense.

Un marché géant… mais très codifié

L’Inde écoule près de 4,5 millions de voitures par an. Une grande partie des ventes concerne de petites voitures du segment A, notamment parce que la législation locale favorise les véhicules de moins de 4 mètres. Résultat : pour espérer percer, les marques doivent adapter leur offre.

Les marques françaises ont bien tenté de répondre à cette réalité en développant des modèles spécifiques. Pourtant, malgré la production locale et des investissements lourds, l’élan n’a pas pris. Pour les constructeurs tricolores, l’eldorado attendu ressemble plutôt à un miroir aux alouettes.

Un podium verrouillé par les locaux

La Maruti Suzuki Dzire, modèle le plus vendu en Inde
La Maruti Suzuki Dzire fait partie des modèles qui dominent les ventes en Inde.

L’Inde reste un marché ultra fermé. Le classement des ventes le montre : le podium est dominé par des acteurs locaux. Maruti-Suzuki (via sa joint-venture, qui en fait le leader), Mahindra et Tata concentrent à eux trois 3 millions de voitures, soit environ les deux tiers du marché. Derrière, Hyundai, Toyota et Kia totalisent 1,2 million d’unités.

À partir de la 7e place, occupée par Skoda, il ne reste plus que des miettes. Skoda a vendu 72 665 voitures sur l’année mentionnée, un volume qui paraît modeste à l’échelle du pays, mais qui représente tout de même le double de l’année précédente. La marque se recentre sur l’Inde.

Côté français, ni Peugeot ni DS ne sont présents. Renault est 11e avec 38 065 ventes, et Citroën 13e avec 7 898 ventes.

Renault : une ambition affichée malgré un départ compliqué

Renault Duster sur le marché indien
Le Renault Duster lancé en Inde est présenté comme plus valorisant que le Dacia Duster de troisième génération.

Renault a d’abord tenté sa chance avec la Kwid en 2015 (un modèle dont découle la Dacia Spring), sans parvenir à créer le succès espéré. La marque y croyait pourtant, notamment via un concept-car marquant présenté au salon de New Delhi, avec une idée originale à l’époque : l’usage d’un drone.

Malgré des ventes limitées (38 000 unités sur l’année citée), Renault fait désormais de l’Inde une priorité. Objectif annoncé : 200 000 véhicules par an à l’horizon 2030. Pour y parvenir, l’offensive produits doit s’appuyer sur deux SUV majeurs : le Renault Bridger et le Renault Duster.

Citroën : des modèles dédiés, mais un vrai trou d’air commercial

Citroën Basalt destiné à l'Inde
Le Citroën Basalt est prévu pour l’Inde et l’Amérique du Sud, avec une silhouette inspirée d’un SUV coupé.

Citroën a officialisé ses ambitions indiennes en avril 2019, avec un lancement qui démarre en 2020 via le C5 Aircross de première génération. Ensuite, la marque a conçu trois modèles spécifiques, plus dépouillés que leurs équivalents européens : C3, C3 Aircross et Basalt. Leur style, sur place, ne suit pas encore les mêmes canons esthétiques que ceux observés en Europe.

Citroën a aussi misé sur l’électrification avec l’ë-C3 indienne, mais les volumes restent très faibles : 770 clients sur l’année citée. Pour rendre l’offre plus attractive, une formule incluant la location des batteries est proposée, dans une logique comparable à celle déjà vue avec la Renault Zoé.

Les ventes modèle par modèle : un aperçu très parlant

Les chiffres disponibles montrent quels modèles « français » existent réellement sur le marché indien, et à quel niveau :

Renault : Triber (22 788 ventes, 45e), Kiger (8 729 ventes, 60e), Kwid (6 548 ventes, 63e).

Citroën : C3 (4 533 ventes, 66e), Basalt (1 428 ventes, 76e), C3 Aircross (1 107 ventes, 79e), ë-C3 (770 ventes, 81e), C5 Aircross (60 ventes, 95e).

Pour mesurer l’écart, le top 10 du marché indien est emmené par la Maruti Suzuki DZire (214 488 ventes), suivie notamment par la Hyundai Creta (201 122) et la Tata Nexon (200 561). Dans ce peloton de tête, plusieurs modèles dépassent largement les 170 000 ventes.

Conclusion

L’Inde reste un marché aussi fascinant que difficile : immense, mais dominé par des acteurs solidement installés et des règles locales qui imposent des choix produits très spécifiques. Renault affiche une ambition forte à l’horizon 2030, tandis que Citroën cherche encore la recette qui ferait décoller ses volumes. La suite dira si les marques françaises peuvent transformer l’essai… ou si ce marché restera un défi de plus à apprendre, patiemment.

Foire aux Questions

Combien de voitures Renault ont été vendues en Inde sur l’année mentionnée ?

38 065 ventes.

Combien de voitures Citroën ont été vendues en Inde sur l’année mentionnée ?

7 898 ventes.

Combien de clients l’ë-C3 indienne a-t-elle séduit sur l’année mentionnée ?

770 clients.

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