
Dans la galaxie Stellantis, depuis l’annonce du plan stratégique Fastlane 2030, toutes les marques n’avancent pas au même rythme. Mais pour Citroën, le message est clair : la marque se retrouve à un moment charnière, avec une promesse forte à l’horizon 2030. D’ici là, l’ensemble de la gamme aura été renouvelé, soit via le remplacement des modèles, soit en passant par la case restylage. Tour d’horizon de ce qui se prépare.
Lors de la présentation du plan Fastlane 2030 de Stellantis, les plans produits des 14 marques du groupe ont été passés en revue. Parmi elles, Citroën ressort comme celle qui pourrait le plus transformer la physionomie de sa gamme en quelques années. Une des diapositives présentées évoque un catalogue à venir largement inédit, et l’objectif affiché est ambitieux : un renouvellement global à l’horizon 2030.
La future 2CV est annoncée comme un projet clé. Citroën prévoit d’en montrer un avant-goût sous forme de concept au Mondial de Paris, histoire de donner le ton sans dévoiler encore le modèle définitif.
Dans les éléments partagés, la future 2CV est associée à une promesse très directe : une E-Car électrique annoncée sous la barre des 15 000 €. Les lignes définitives ne devraient être révélées que plus tard, pour une commercialisation en 2028.
Sur le plan du positionnement, l’idée est simple : la future 2CV viendrait se glisser entre l’Ami (2,41 m, à partir de 8 190 €) et l’ë-C3 (4,01 m, à partir de 19 090 € hors aides). Elle serait fabriquée en Italie, sur le site de Pomigliano d’Arco, aux côtés de la future Fiat Panda, avec laquelle elle partagerait sa base technique.
Avec un gabarit annoncé aux alentours de 3,80 m, elle entrerait dans la catégorie des E-car et répondrait au cahier des charges du sous-segment M0 ou M1 ASEV (Affordable Sustainable Electric Vehicle, soit véhicule électrique durable et abordable). Les spécificités techniques exactes restent, à ce stade, inconnues.
Lancée début 2020 puis restylée au printemps 2025, la Citroën Ami — un quadricycle électrique apparenté au duo Fiat Topolino / Opel Rocks-Electric — doit être remplacée d’ici 2030 par une nouvelle version.
La Citroën C3 commercialisée depuis mars 2024 doit être restylée à mi-carrière, puis remplacée autour de 2030 par une cinquième génération. Contrairement à la future Peugeot E-208 attendue à l’été 2027, la prochaine C3 ne profiterait pas de la plateforme STLA One : elle resterait sur une base actuelle appelée STLA Smart.
Ce choix est présenté comme une manière de maintenir les coûts tout en répondant aux besoins de marchés lointains (Inde, Amérique Latine), sans viser des technologies comme le 800V ou le volant by wire.
Au catalogue depuis mars 2025, le Citroën C3 Aircross de seconde génération (SUV compact offrant jusqu’à 7 places) devrait passer par un restylage avant 2030. Cousin technique de l’Opel Frontera et du futur Fiat Grizzly, il soulève aussi une question : sera-t-il épaulé par une version Fastback, qui pourrait prendre le relais sur certains marchés émergents ?
Doyenne de la gamme, la Citroën C4 remonte à octobre 2020 et a déjà bénéficié d’une opération cosmétique à l’automne 2024, tout comme sa déclinaison à coffre C4X. La relève est attendue à l’horizon 2028, avec cette fois la base technique STLA One, afin de réaliser des économies.
Arrivé sur le marché en septembre 2025, le Citroën C5 Aircross de seconde génération serait restylé dans le courant de l’année 2029.
La C5 X apparaît encore au catalogue, mais il s’agirait de modèles vendus sur stocks. La berline, présentée comme l’héritière de grandes Citroën (DS, CX, XM, C6), ne serait pas renouvelée. Pour son haut de gamme, Citroën préparerait plutôt un retour à une carrosserie qui lui a déjà réussi : le monospace.
En Europe, Renault a lancé la vague des monospaces avec l’Espace et le Scénic, aujourd’hui transformés en SUV. Citroën a répondu rapidement, avec le succès du Xsara Picasso en 1999, puis en appliquant la formule sur plusieurs segments (B, C et D). Ensuite, la mode s’est essoufflée au profit des SUV, et les familles se sont davantage tournées vers des véhicules comme le Berlingo ou le Space Tourer.
Face à l’hégémonie des SUV, Citroën veut jouer à contre-courant en relançant le monospace, en misant sur ce qui fait encore sa force : modularité et praticité. Un concept-car électrique présenté à Bruxelles, baptisé Citroën ELO, illustre cette orientation. L’enjeu évoqué est l’autonomie : le futur monospace devrait retravailler son aérodynamisme, notamment en affinant sa poupe pour réduire la traînée frontale.
Xavier Chardon, patron de la marque, confirme que l’avenir du monospace est en développement. En revanche, il n’est pas question d’adopter des idées d’ergonomie jugées trop fantaisistes, comme trois places de front à l’avant. Gilles Vidal, directeur du design de Stellantis, indique aussi que cette silhouette est à l’étude, avec l’objectif d’évolutions stylistiques majeures pour la rendre désirable.
Entre le retour annoncé d’une 2CV électrique abordable, une avalanche de renouvellements et de restylages, et la relance d’un monospace pensé pour l’ère électrique, Citroën se prépare à une décennie de transformation profonde. Si ces promesses se concrétisent, la marque pourrait bien réussir un pari rare : bousculer les codes tout en restant fidèle à son ADN. La suite va se jouer sur un point clé : transformer ces intentions en voitures qui donnent envie, tout simplement.
La future 2CV est annoncée comme une E-Car électrique promise sous la barre des 15 000 €.
La future 2CV doit se glisser entre la Citroën Ami (2,41 m, à partir de 8 190 €) et l’ë-C3 (4,01 m, à partir de 19 090 € hors aides).
Le Citroën C5 Aircross de seconde génération doit être restylé dans le courant de l’année 2029.

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