
Avec son Grenadier, Ineos n’a jamais vraiment caché son objectif : reprendre l’esprit du Land Rover Defender originel, ce 4x4 pur et dur qui a fini par monter en gamme au fil des années. Assemblé en France dans l’ancienne usine Smart d’Hambach (Moselle), l’Ineos Grenadier a relancé l’idée d’un baroudeur rustique, et il a même reçu quelques évolutions techniques bien ciblées en début d’année.
Mais aujourd’hui, la marque semble vouloir aller beaucoup plus loin : plus de puissance, plus de caractère… et peut-être un gros V8 sous le capot. Sur le papier, l’idée fait rêver. Dans la réalité, elle soulève aussi pas mal de défis.
Quand James Ratcliffe crée Ineos Automotive Limited en 2017, l’ambition est claire : produire l’héritier du Defender originel, tout juste parti à la retraite. L’assemblage du Grenadier démarre ensuite en 2022, en France, à Hambach.
Depuis, la gamme s’organise autour de versions 2 ou 5 places, en carrosserie classique ou en pick-up. Sous le capot, on retrouve deux six-cylindres en ligne fournis par BMW : 286 ch en essence et 249 ch en diesel.
James Ratcliffe, passionné assumé, semble vouloir pousser “son” Defender maison vers quelque chose de plus musclé. Pour l’instant, on parle surtout d’une intention, pas d’une annonce de série.
Concrètement, cette intention s’est matérialisée via un prototype réalisé en 2024 : le six-cylindres BMW a été remplacé par un moteur V8 de 6,2 litres et 431 ch emprunté à General Motors. On reste loin des 635 ch d’un Defender Octa ou des 585 ch d’une Mercedes Classe G 63 AMG, mais le gain de puissance est suffisamment conséquent pour imposer une refonte en profondeur afin que le châssis encaisse le surplus sereinement.
Installer un V8 ne se résume pas à “poser un plus gros moteur”. Dans le détail, le prototype a nécessité de nombreuses adaptations : supports moteur spécifiques, système électrique et réseau électronique redimensionnés, ainsi que des modifications sur le refroidissement (eau et huile), le collecteur d’échappement, le silencieux arrière, les supports de transmission, les écrans thermiques et même certains éléments de la console centrale.
Forcément, une transformation de cette ampleur aurait des conséquences directes : sur le coût de fabrication, sur l’organisation de la construction du véhicule à l’usine, et sur le prix de vente.
En France, le prix d’appel de l’Ineos Grenadier est annoncé à 72 140 € hors malus en version Station Wagon utilitaire biplace.
Malgré tout, ces évolutions ne seraient pas vues comme un obstacle par le propriétaire de la marque, qui considérerait le Grenadier assez mûr pour adopter un V8, d’après des sources australiennes proches du dossier. À noter aussi que le Grenadier a récemment reçu des évolutions pour le millésime 2026.
Autre piste, plus “raisonnable” : Justin Hocevar, directeur de la filiale australienne d’Ineos Automotive, évoque la possibilité de simplement augmenter les performances des six-cylindres BMW déjà au catalogue.
Le V8 dans l’Ineos Grenadier n’est pas encore une promesse de production, mais le sujet a déjà dépassé le simple fantasme grâce à un prototype concret, techniquement très travaillé. Entre l’option du gros V8 6,2 litres et la piste d’un six-cylindres BMW “boosté”, Ineos a plusieurs chemins possibles pour rendre son 4x4 encore plus désiré.
Reste à voir quelle direction la marque choisira pour la suite — et jusqu’où elle osera pousser l’idée d’un baroudeur moderne, taillé pour demain.
Le prototype est annoncé avec un moteur V8 de 6,2 litres développant 431 ch.
Le Grenadier propose des six-cylindres en ligne de 286 ch en essence et 249 ch en diesel, fournis par BMW.
Le prix d’appel est de 72 140 € hors malus en version Station Wagon utilitaire biplace.

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