Mobilité verte

Froid polaire ou canicule : pourquoi hybrides et électriques voient leurs coûts grimper

Froid polaire ou canicule : pourquoi hybrides et électriques voient leurs coûts grimper

Quand les températures partent dans les extrêmes, on pense tout de suite aux voitures électriques : trop chaud, la batterie peut subir des dégâts irréversibles ; trop froid, elle perd en performance. Mais ce phénomène ne s’arrête pas aux électriques. Les voitures thermiques consomment davantage par grand froid et peuvent surchauffer dans les bouchons en pleine canicule, surtout les modèles anciens. Et les hybrides dans tout ça ? Une étude américaine met noir sur blanc que le froid et la chaleur ont aussi un vrai impact sur elles.

Des véhicules hybrides affectés par la canicule et le froid
Les hybrides, elles aussi, voient leur efficacité baisser quand il fait très chaud ou très froid.

Le froid : l’ennemi numéro un des électriques (et pas tendre avec les hybrides)

Les plus gros écarts apparaissent par temps froid. L’AAA (l’équivalent américain d’organisations automobiles comme l’ADAC en Allemagne ou le TCS en Suisse) a testé des véhicules hybrides et électriques à –7 °C.

Des hybrides dont la performance se dégrade par temps froid
Par temps froid, les performances se dégradent des deux côtés, mais l’écart est particulièrement marqué sur l’électrique.

Résultat : le froid coûte cher, et pas uniquement en confort.

  • Hybrides : +22,8 % de consommation de carburant.
  • Électriques : -35,6 % de consommation équivalente (MPGe) et -39,0 % d’autonomie calculée.
  • Hybrides : +28,44 $ de coût de carburant par 1 000 miles (1 600 km).
  • Électriques : +32,11 $ par 1 000 miles (1 600 km) avec recharge à domicile, et +76,93 $ par 1 000 miles (1 600 km) avec recharge publique.

Le constat est clair : le froid pénalise plus fortement les électriques que les hybrides. Une explication simple : l’hybride peut s’appuyer sur un moteur thermique, moins sensible à ce type de température qu’une batterie seule.

Toutes les batteries ne réagissent pas pareil : focus sur LFP vs NMC

Autre nuance importante : toutes les chimies de batterie ne se valent pas face au froid. La chimie LFP (lithium fer phosphate), de plus en plus populaire pour ses coûts et sa stabilité, perd plus d’efficacité que la NMC (nickel manganèse cobalt) lorsqu’il fait froid.

Parmi les modèles cités avec batteries LFP : Renault Twingo, MG4/MG4 Urban, Citroën e-C3 et Tesla Model 3.

La canicule : un coup dur pour les hybrides (et un vrai sujet pour l’électrique aussi)

À chaud, ce n’est pas seulement la batterie qui trinque : entre la climatisation de l’habitacle et la gestion des températures moteur/batterie, on tire de l’énergie, ce qui dégrade les performances des deux types de véhicules. Dans le test mené à 35 °C, les hybrides semblent souffrir davantage, mais l’écart avec les électriques est jugé trop faible pour être significatif.

  • Hybrides : -12 % de consommation de carburant (MPG).
  • Électriques : -10,4 % d’efficacité (MPGe) et -8,5 % d’autonomie par rapport à une température modérée (24 °C).
  • Hybrides : +13,02 $ de coûts d’utilisation par 1 000 miles (1 600 km).
  • Électriques : +6,78 $ par 1 000 miles (1 600 km) avec recharge à domicile, et +16,25 $ par 1 000 miles (1 600 km) avec recharge publique.

Point qui saute aux yeux : les coûts d’usage grimpent très fort dès qu’on recharge sur bornes publiques, que ce soit par temps froid ou par temps chaud.

Pourquoi l’hybride continue de séduire

Aux États-Unis, les hybrides continuent d’attirer. Quand on demande pourquoi choisir une hybride plutôt qu’une électrique, les réponses qui reviennent en tête sont : « plus adapté aux longues distances », et le fait de ne pas être inquiet de vider la batterie ou de dépendre du réseau de bornes.

Ces idées reçues restent tenaces sur la longue distance en électrique, même si, en Europe, ce type de trajet ne pose plus aucun problème, sauf dans certaines régions.

Conclusion

Froid piquant ou chaleur écrasante : hybrides et électriques perdent en efficacité, et la facture grimpe — avec un écart particulièrement marqué sur le coût dès qu’on passe par la recharge publique. À mesure que les technologies de batteries et les infrastructures évoluent, la vraie bataille se jouera aussi sur la capacité des voitures à rester sobres et fiables, quelles que soient les saisons.

Foire aux Questions

Quels sont les effets du froid à –7 °C sur les voitures électriques et hybrides selon l’AAA ?

À –7 °C, les hybrides consomment 22,8 % de carburant en plus, tandis que les électriques affichent une baisse de 35,6 % de leur efficacité (MPGe) et une diminution de 39,0 % de leur autonomie calculée.

De combien augmentent les coûts d’utilisation d’une voiture électrique avec recharge publique par temps froid (–7 °C) ?

À –7 °C, les coûts d’utilisation augmentent de 76,93 $ par 1 000 miles (1 600 km) pour une voiture électrique avec recharge publique.

Quel impact la chaleur à 35 °C a-t-elle sur l’autonomie d’une voiture électrique par rapport à 24 °C ?

À 35 °C, une voiture électrique perd 8,5 % d’autonomie par rapport à une température modérée de 24 °C.

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