
Après près de deux ans de silence, plusieurs radars automatiques ont de nouveau été sciés en Italie fin 2025 puis début 2026. Même mode opératoire, même intervention nocturne, même signature. Le phénomène “Fleximan”, né en 2023 en Vénétie, semble refaire surface. Plus qu’un individu, c’est devenu un symbole — et un révélateur des tensions persistantes autour des “autovelox”.
Dans la nuit du 29 au 30 décembre 2025, un radar Velocar (un dispositif qui ressemble aux radars tourelles) a été sectionné à Mezzano, dans la province de Ravenne. Puis, le 2 février 2026, deux appareils ont été mis hors service à Rivalta, près de Turin.
Dans les deux cas, la méthode est identique : une meuleuse portable, une intervention de nuit, et le mât de l’appareil tranché net à la base. Une “patte” devenue familière en Italie depuis 2023. De quoi réveiller un nom qui s’était transformé en légende : “Fleximan”.
Entre mai 2023 et février 2024, pas moins de 24 radars avaient été abattus dans plusieurs régions du nord de l’Italie : de la Vénétie à la Lombardie, en passant par l’Émilie-Romagne et le Piémont.
L’auteur présumé — qui n’était pas forcément seul — avait été surnommé “Fleximan”, en référence au flessibile, le nom italien de la meuleuse utilisée pour scier les structures métalliques. Et très vite, l’affaire a dépassé le simple fait divers.
Sur les réseaux sociaux, certains ont érigé Fleximan en “Robin des Bois des automobilistes”, en applaudissant une action vue comme une riposte contre des radars jugés trop nombreux ou trop rentables.
En mars 2025, un homme de 43 ans a été mis en cause pour sept dégradations de radars dans la province de Rovigo. Les enquêteurs ont évoqué des investigations techniques et des recoupements téléphoniques. L’affaire semblait alors se resserrer, sans que toutes les actions attribuées à “Fleximan” puissent lui être formellement imputées pour autant.
Les sabotages de fin 2025 et début 2026 relancent la grande question : s’agit-il du même individu, d’un imitateur, ou d’un phénomène devenu collectif ? Car le cas Fleximan a créé un effet d’émulation. Plusieurs dégradations recensées en Italie n’ont pas toutes été attribuées formellement au suspect identifié en 2025. À force, le mythe a parfois pris le pas sur la réalité judiciaire.
Au-delà de la figure médiatique du “super-héros” censé venir au secours des automobilistes, un point reste central : détruire un radar est un délit de dégradation aggravée d’un bien public, passible de plusieurs années de prison en Italie.
Chaque appareil détruit représente aussi plusieurs milliers d’euros de réparation pour les collectivités locales. Et les autorités rappellent régulièrement que ces dispositifs sont censés être installés sur des axes considérés comme accidentogènes, avec un objectif affiché : réduire la vitesse et prévenir les accidents — même si la rentabilité de ces équipements continue d’alimenter la polémique.
Au final, ces débats sur les radars ne sont pas qu’italiens : ils résonnent aussi très fort ailleurs en Europe.
Que “Fleximan” soit une personne, un imitateur ou un phénomène collectif, la réapparition de radars sciés montre à quel point le sujet reste inflammable. La suite dira si ce retour n’était qu’un signal isolé… ou le début d’un nouveau chapitre dans ce bras de fer entre contrôle, sécurité et acceptation sociale.
Dans la nuit du 29 au 30 décembre 2025, un radar a été sectionné à Mezzano, puis le 2 février 2026, deux dispositifs ont été mis hors service à Rivalta.
Une meuleuse portable est utilisée lors d’une intervention de nuit, et le mât du radar est tranché net à la base.
Pas moins de 24 radars ont été abattus entre mai 2023 et février 2024.

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