
La Ferrari F40 fait partie de ces supercars dont la cote semble ne jamais se calmer. À chaque vente aux enchères d’un exemplaire en état exceptionnel, les chiffres montent — et cette fois, le marteau est tombé très haut.
Une des dernières Ferrari F40, produite en 1992, affichant seulement 1 418 km, a été adjugée 5 250 000 dollars lors d’une vente RM Sotheby’s à Miami, en Floride. Un prix vertigineux pour une auto déjà mythique… mais l’histoire ne s’arrête pas à la célébration.
Achetée neuve à Rome, la voiture y est restée plusieurs années. Elle est décrite comme étant dans un état proche du neuf, avec ses documents d’origine. Le département Classiche du constructeur lui a même délivré une certification attestant de son état “clinique”.
Ce niveau de conservation ne s’est pas seulement vu en photos : la F40 a aussi remporté des distinctions lors d’événements auxquels elle a participé, dont le Cavallino Platinum Award au Palm Beach Cavallino Classic en 2025, l’un des grands rassemblements Ferrari aux États-Unis.
Là où l’histoire devient vraiment salée, c’est quand le passé de la voiture remonte à la surface — au pire moment possible, après la vente.
La transaction a fait parler d’elle, comme souvent pour ce type de modèle, et de nombreuses infos sur l’auto ont circulé en ligne. Cette visibilité a fini par attirer l’attention des administrateurs de Kvalintena AB et de ses filiales, chargés de représenter les créanciers d’un groupe immobilier en faillite.
Le lien avec la Ferrari F40 ? En examinant les biens du groupe, notamment du côté du parc automobile, plusieurs voitures de luxe apparaissent (Rolls-Royce, Mercedes-Benz… et une F40). Problème : cette F40 porterait le même numéro de châssis que l’exemplaire vendu à Miami.
Le passé de la voiture semblait à première vue “propre”, mais il y aurait des zones d’ombre : la F40 de cette vente aurait transité entre plusieurs propriétaires suédois entre 1999 et 2024. Les conditions de son importation aux États-Unis restent floues, tout comme la manière dont elle s’est retrouvée aux enchères.
Une enquête est en cours. Si la F40 vendue à Miami est bien celle liée à l’entreprise suédoise en faillite et si les cessions n’auraient pas dû avoir lieu, les administrateurs pourraient être en droit de la réclamer afin d’éponger une partie des 85 millions d’euros de créances associées à Kvalintena AB.
Ce scénario ferait très mal à tout le monde : à l’acheteur américain, évidemment, mais aussi à la maison de ventes ayant organisé les enchères. Les administrateurs soupçonnent par ailleurs le groupe de dissimuler la possession d’autres véhicules de ce type.
Sur le papier, c’est l’histoire parfaite : une Ferrari F40 rarissime, quasi neuve, et un prix record. Dans les coulisses, c’est un rappel brutal qu’une provenance peut cacher des zones grises… et que même une légende sur quatre roues peut se retrouver au cœur d’un dossier explosif. Cette affaire n’a visiblement pas fini de révéler ses rebondissements — et pourrait bien devenir un cas d’école pour les ventes de voitures de collection.
5 250 000 dollars.
1 418 km.
85 millions d’euros.

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