
Les assureurs doivent redoubler de solutions pour lutter contre la hausse des fraudes. Entre 2022 et 2023, les fausses déclarations ont augmenté de 26 %, pour un total de 237 millions d’euros. Et ce chiffre ne concerne que les fraudes détectées.
Après la falsification de documents ou le maquillage physique des véhicules, une nouvelle méthode est en plein essor : la fraude par intelligence artificielle. L’idée est simple : mentir sur l’état de sa voiture pour obtenir la prise en charge de réparations.
Certains souscrivent à un contrat d’assurance en possédant un véhicule déjà endommagé. Si l’assureur demande des photos du véhicule lors de la souscription, ils peuvent envoyer des photos prises avant sinistre, sous faible luminosité, ou désormais avec les défauts supprimés grâce à l’intelligence artificielle.
D’après un rapport de l’assureur en ligne Leocare, 50 % des tentatives de fraude analysées concernent un maquillage physique ou numérique du véhicule lors de la souscription.
L’autre technique impliquant l’IA consiste à déclarer de faux sinistres en utilisant la retouche d’images.
De plus en plus d’assureurs permettent de déclarer un sinistre en ligne et réclament souvent des photos des véhicules endommagés. C’est là que la supercherie intervient : certains utilisent de fausses images pour obtenir un remboursement. Pour contourner la contrainte des photos en direct, certains vont même jusqu’à apposer leur plaque d’immatriculation sur un véhicule identique au leur.
En moyenne, d’après Leocare, un sinistre frauduleux coûte 2 500 € à l’assureur, et 1 000 € pour un bris de glace.
Pour limiter ce fléau, les photos envoyées par les assurés sur les applications sont systématiquement analysées. Des équipes entières sont dédiées à cette tâche et, pour les aider à détecter des images falsifiées (notamment retouchées par intelligence artificielle), elles s’appuient elles aussi sur l’intelligence artificielle.
Au bout du compte, les assurés honnêtes sont les premiers touchés : les fausses déclarations finissent par se répercuter sur les cotisations.
« La fraude évolue plus vite que jamais : avec l'intelligence artificielle, il devient possible d'effacer un dommage en quelques clics. Ce qui nous inquiète, c'est que la lutte contre la fraude représente un coût allant jusqu’à 10 % du prix d’une assurance, supporté par l'ensemble des assurés. »
En cas de détection de fraude, les conséquences peuvent être lourdes. Outre la radiation par l’assureur, celui-ci peut engager des poursuites judiciaires pour escroquerie.
Dans les cas les plus graves, l’usage de documents falsifiés peut coûter jusqu’à 45 000 € d’amende et trois ans d’emprisonnement. Si l’escroquerie est retenue, la peine encourue peut atteindre 375 000 € d’amende et cinq ans de prison.
Entre retouches d’images, faux dossiers et sinistres inventés, la fraude change de forme… mais la facture, elle, reste bien réelle. Plus l’intelligence artificielle devient accessible, plus la course entre fraudeurs et assureurs s’intensifie — et l’enjeu, désormais, c’est de garder une longueur d’avance sans pénaliser ceux qui jouent le jeu.
Entre 2022 et 2023, les fausses déclarations ont augmenté de 26 %, pour un total de 237 millions d’euros.
50 % des tentatives de fraude analysées concernent un maquillage physique ou numérique du véhicule lors de la souscription.
Un sinistre frauduleux coûte en moyenne 2 500 € à l’assureur, et 1 000 € pour un bris de glace.

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