
Et si l’un des meilleurs moyens de rendre une voiture électrique plus fiable consistait à… enlever une batterie ? C’est l’idée (contre-intuitive) explorée pendant deux ans par des chercheurs autrichiens. Leur point de départ est très concret : la petite batterie 12 V, celle qui alimente les accessoires et “réveille” la voiture, serait la cause principale d’un grand nombre de pannes.
D’après l’ADAC (Automobile Club allemand), 50 % des pannes seraient dues à une défaillance de la batterie de démarrage 12 V. Or, dans la plupart des voitures électriques actuelles, cette batterie auxiliaire joue un rôle clé : même si la batterie principale est pleine, sans 12 V, la voiture peut se retrouver incapable de démarrer.
Au-delà du “démarrage”, ce réseau basse tension sert aussi à alimenter une grande partie des équipements du quotidien : centralisation, éclairage, essuie-glaces, et plus largement de nombreux éléments de confort.
Pour s’attaquer au problème, des chercheurs du centre Silicon Austria Labs, avec Infineon Technologies Austria et AVL List, ont travaillé sur le projet REDSEL. L’objectif : utiliser l’énergie des accumulateurs haute tension pour faire tourner aussi le circuit des accessoires, sans dépendre d’une batterie 12 V séparée.
Sur le papier, l’idée semble simple. En pratique, elle impose de résoudre deux contraintes majeures : les accessoires ne peuvent pas fonctionner à une tension trop élevée, et la batterie de traction doit malgré tout pouvoir être mise en circuit de façon sûre.
La solution développée repose sur deux batteries au silicium de 750 V, associées à un système à semi-conducteurs qui permet de répartir leur charge de manière uniforme. Point important : l’une peut prendre le relais de l’autre en cas de défaillance, ce qui vise directement le sujet de la fiabilité.
Ensuite, un convertisseur de puissance transforme l’énergie : il peut recevoir du courant venant de différentes sources, puis le distribuer en 30 V pour alimenter les accessoires.
Le changement ne s’arrête pas à l’alimentation des accessoires. Les chercheurs ont aussi revu la façon dont la batterie principale alimente le ou les moteurs.
Dans une architecture classique, la batterie 12 V active des relais physiques, un peu comme des interrupteurs. Problème : ces pièces mécaniques peuvent s’user et devenir une source de souci avec le temps. Ici, elles sont remplacées par des composants électroniques qui assurent la même fonction, mais sans mouvement physique.
Le principal casse-tête, c’est l’encombrement : ces éléments supplémentaires peuvent rapidement devenir plus lourds et plus volumineux qu’une simple batterie 12 V. Un vrai point sensible, car les voitures électriques sont déjà souvent critiquées pour leur poids, et l’espace est compté autour d’une batterie de traction imposante.
Le défi de la compacité semble avoir été relevé, tout comme l’épreuve de la fiabilité (qui était au cœur du projet). Mais la suite est un autre chantier : passer à l’échelle industrielle.
Adopter une telle architecture impose aussi de revoir l’écosystème des composants “accessoires”. En automobile, le 12 V est généralisé, tandis que dans le monde du poids lourd, c’est le 24 V. De quoi douter d’une adoption rapide à court terme dans les véhicules de tous les jours, que ce soit pour des usages particuliers ou professionnels.
Supprimer la batterie 12 V peut sembler anecdotique, mais c’est peut-être un levier énorme pour réduire les pannes qui plombent encore la confiance dans l’électrique. Reste à voir si cette architecture pourra franchir le cap de l’industrialisation et bousculer un standard (le 12 V) devenu presque “invisible”… justement parce qu’il est partout. Si elle y parvient, la fiabilité des voitures électriques pourrait entrer dans une nouvelle phase.
50 % des pannes seraient dues à une défaillance de la batterie de démarrage 12 V.
La solution utilise deux batteries au silicium de 750 V avec un système à semi-conducteurs, et un convertisseur qui distribue ensuite du 30 V pour alimenter les accessoires.
Les relais physiques sont remplacés par des composants électroniques assurant la même fonction, sans mouvement physique.

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