
Un break au look de baroudeur à moins de 25 000 € en entrée de gamme : c’est la promesse du Dacia Striker. Comme le Bigster dont il dérive et dont il se revendique la version plus basse, il sera aussi proposé en version 4x4. La marque roumaine du groupe Renault tient-elle enfin la bonne formule pour imposer ce type de voiture, alors que la plupart des constructeurs généralistes s’y sont essayés sans succès ?
Avec le Striker, Dacia vise clairement les automobilistes qui ne veulent pas, ou ne veulent plus, de SUV. Et ce n’est pas un micro-marché : sur le segment C en Europe, cela représenterait tout de même 40% des clients.
Pour Dacia, l’enjeu est simple : il serait dommage de se priver de cette clientèle. Le Jogger parle déjà en partie à ces profils, mais il n’est présenté ici que comme une solution intermédiaire, avec un potentiel technique forcément limité puisqu’il dérive de la petite Sandero. Résultat : le Striker se positionne comme un modèle complémentaire, à la fois du Jogger et du Bigster.
Dacia n’est pas le premier à réfléchir à une voiture familiale pratique, avec une bonne capacité de chargement et une garde au sol rehaussée, histoire de pouvoir s’aventurer hors des routes au besoin. L’idée, c’est aussi d’éviter les inconvénients d’un SUV sur certains points : une grande surface frontale et un poids conséquent.
À noter qu’une position de conduite plus haute peut aussi apporter deux bénéfices très concrets : une visibilité améliorée et un accès plus facile à bord, à la montée comme à la descente.
Dans cette catégorie, une exception ressort : la Subaru Outback, dont la première génération remonte à 1995. La septième génération est apparue en 2025. Le modèle rencontre un vrai succès en Amérique du Nord, mais pas chez nous.
Chiffre parlant : en 2022, Subaru a écoulé 150 000 Outback aux États-Unis contre seulement 3 unités sur le marché français sur la même année.
En Europe, Subaru tente désormais une version 100% électrique baptisée E-Outback.
Si l’on met volontairement de côté les marques premium (Audi, Mercedes et Volvo) et leurs breaks 4x4 très chers, l’origine “grand public” de cette recette remonte notamment à l’AMC Eagle. Un modèle singulier dans un pays où le SUV a, dès les années 1960, pris une place importante.
À la fin des années 1970, AMC a été racheté par Renault. Et en Europe, beaucoup de marques généralistes ont tenté de reprendre l’idée… sans vraiment trouver la formule gagnante. Les nombreuses tentatives citées n’ont, à ce jour, pas eu de suite.
Les tentatives listées couvrent plusieurs décennies. On retrouve notamment : AMC Eagle (1980), Citroën C5 Cross Tourer (2014), Fiat Stilo Multi Wagon Uproad (2006), Fiat Tipo Cross SW (2022), Ford Focus SW Active (2018), Opel Insignia Country Tourer (2014 et 2017), Peugeot 508 RXH (2012), Seat Leon X-Perience (2014), Skoda Octavia Scout (2007, 2014, 2019), Skoda Superb Outdoor (2012) et Superb Scout (2019), Subaru Outback (depuis 1995) et E-Outback (2026), Toyota Corolla Teck (2020), Toyota bZ4X Touring (2026), Volkswagen Golf Alltrack (2015 et 2020) ainsi que Volkswagen Passat Alltrack (2012 et 2015).
Plusieurs raisons sont avancées pour expliquer pourquoi la formule n’a pas vraiment pris : le malus qui pénalise les transmissions intégrales, le manque d’exclusivité, ou tout simplement la stratégie de certaines marques qui préfèrent pousser des SUV plus onéreux et plus rentables. Exemple cité : chez Seat, la Leon X-Perience a fait l’intérim avant l’arrivée de l’Ateca.
Mais le concept n’a peut-être pas dit son dernier mot. Toyota et Subaru viennent de décliner l’idée en 100% électrique avec deux “jumeaux techniques” : Toyota bZ4X Touring et Subaru E-Outback. Chez Skoda, un break électrique est évoqué : il a été esquissé par le concept Vision O, avec la question d’une possible déclinaison en version Scout.
Avec le Striker, Dacia remet sur la table une recette que beaucoup ont testée sans réussir à l’installer durablement chez les généralistes : un break pratique, surélevé, et pensé pour ceux qui veulent autre chose qu’un SUV. Si l’électrique donne un nouveau souffle à cette catégorie, le vrai match reste à venir : convaincre au quotidien, au bon prix, avec le bon équilibre entre style, usage et contraintes.
Et si, finalement, l’avenir de la voiture familiale “cool et utile” passait par un retour assumé du break baroudeur ?
Le Dacia Striker est annoncé à moins de 25 000 € en entrée de gamme.
Le Dacia Striker sera également proposé en version 4x4.
En 2022, Subaru a vendu 150 000 Outback aux États-Unis contre 3 unités sur le marché français la même année.

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