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Passer le contrôle technique, c’est rarement un moment kiffant pour les automobilistes. Et côté motards, après des années de mobilisation, l’examen est désormais aussi au programme. Qu’on aime ou pas, ce check-up obligatoire sert quand même la sécurité routière et la qualité de l’air, et son impact se renforce clairement. Bonne nouvelle (ou pas), ce n’est qu’un début: les prochaines années s’annoncent encore plus exigeantes. Karine Bonnet, à la tête du réseau Dekra, l’un des acteurs majeurs du secteur en France, nous a expliqué les grands virages à venir et ce que cela change concrètement pour nous tous.
Premier gros tournant: à partir du 1er janvier 2026, le contrôle technique intégrera une nouveauté qui va clairement accélérer certains rappels. Deux textes sont déjà prêts en coulisses et ne demandent plus qu’à être actés. L’idée phare? Pouvoir coller une contre-visite quand un rappel constructeur critique n’a pas été réalisé. L’affaire Takata a servi d’électrochoc: les rapports de contrôle signalent déjà les airbags à remplacer. Mais on passe d’une simple info à une vraie sanction, et pas seulement pour les coussins gonflables problématiques. En clair, si un rappel vital n’a pas été traité, l’auto pourra être recalée. L’objectif est simple: booster les mises à niveau de sécurité et protéger les conducteurs, sans multiplier les aller-retour inutiles.
La mesure vise les rappels dits « Stop drive », ceux qui imposent l’immobilisation immédiate du véhicule, encore rares en Europe mais ultra sensibles. Au-delà des cas liés aux airbags Takata, toutes les nouvelles campagnes critiques lancées dès 2026 seront dans le scope. Si le propriétaire n’a pas fait effectuer la réparation, le véhicule sera classé en contre-visite « critique »: deux mois pour régulariser, et interdiction de circuler dans l’intervalle, dès minuit le jour du contrôle. Certains craignent une double peine, notamment quand les pièces manquent et que les délais explosent. Mais l’enjeu est vital: trop d’automobilistes ont ignoré des rappels essentiels. L’idée, ici, est d’éviter qu’un scénario à haut risque ne se répète et de responsabiliser tout le monde, constructeurs comme usagers.
Oui, des propriétaires concernés par Takata redoutent d’être pénalisés alors qu’ils ne contrôlent pas toujours les délais de remplacement. Certains ont même reçu des courriers annonçant une longue attente. Mais un rapport a aussi pointé des cas d’inertie côté usagers, malgré l’urgence du rappel. Le nouveau dispositif veut couper court à ces situations: sécurité d’abord, et règle claire pour tout le monde. Moralité: mieux vaut anticiper et prendre rendez-vous dès réception d’un rappel critique afin d’éviter toute immobilisation surprise et une contre-visite assortie d’une interdiction de rouler.
Autre volet, plus friendly: s’assurer que l’info arrive au bon propriétaire, même quand un changement d’adresse sur la carte grise est passé à la trappe. L’OTC, qui supervise les centres de contrôle en France, va recevoir des données de contact enrichies pour les transmettre ensuite aux constructeurs: nom, adresse, mais aussi email et téléphone. L’idée est de créer un canal fiable vers le dernier titulaire connu. Résultat: moins de courriers perdus, moins d’alertes qui tombent dans l’oubli, et des rappels critiques traités plus vite. En pratique, le contrôle technique devient un point de contact clé entre l’écosystème auto et les usagers, pour sécuriser et fluidifier la chaîne d’information.
Côté deux-roues, focus sur les cyclomoteurs de moins de 50 cm3: la vérification du respect de la bride à 45 km/h, initialement prévue plus tôt, entrera en vigueur à partir de mars 2026. Après l’investissment dans des sonomètres coûteux pour mesurer le bruit des motos (déjà en place), les centres vont s’équiper de céléromètres pour contrôler la vitesse des cyclos. Usage attendu? Plutôt limité: en 2024, à peine 8,5 % des contrôles de la catégorie L concernaient des cycles, et on oscille désormais entre 10 et 11 %. Bref, une petite part du trafic en centre. Bonne nouvelle pour les pros: ces appareils pourront être mutualisés entre plusieurs sites, histoire de contenir les coûts tout en garantissant des tests fiables et reproductibles.
Plus ambitieux encore: un durcissement des contrôles antipollution est à l’étude. L’idée serait d’intégrer, pour la première fois, un test plus fin des particules fines (comme chez certains voisins européens) et une mesure des oxydes d’azote. Ce chantier s’inscrit dans un projet de directive européenne en discussion qui devra ensuite être transposé dans chaque pays. Horizon estimé: entre 2028 et 2030. Concrètement, le nombre de contre-visites pourrait croître, notamment parce que les réparations des systèmes antipollution sont souvent très chères et que certains finissent par les neutraliser. L’enjeu: aligner la route sur les vraies émissions, réduire l’impact sanitaire, et s’assurer que les véhicules restent conformes dans la durée, pas seulement le jour de leur homologation.
La même future directive évoque d’autres sujets chauds. Le plus clivant: un contrôle technique annuel pour les véhicules de plus de dix ans et/ou les utilitaires légers. L’idée circule, mais rien n’est acté. En France, ce ne serait pas simple à déployer: le parc vieillit, et une part non négligeable d’automobilistes esquive déjà l’échéance obligatoire. Le paquet comprend aussi la dématérialisation du certificat d’immatriculation et du PV de contrôle, histoire de moderniser l’expérience et de rendre les échanges plus fluides et plus traçables. Reste à transformer ces pistes en règles opérationnelles, sans bloquer des centres déjà très sollicités.
Il est aussi question de dématérialiser le certificat d'immatriculation et le procès-verbal du contrôle technique: des thèmes au cœur du projet de directive européenne pour simplifier et moderniser le système.
Arrivé en France en 1992, le contrôle technique entre donc dans une nouvelle ère. À la clé: des vérifications plus fines, des rappels mieux suivis et, surtout, un accent mis sur les aides à la conduite (ADAS) désormais omniprésentes avec la norme GSR 2. Un mauvais calibrage de capteurs ou de caméras après un changement de pare-brise peut provoquer des comportements étranges, comme des freinages intempestifs. Il faudra donc un protocole de test clair, commun aux États membres, pour vérifier leur bon fonctionnement. Pas simple, le champ est vaste et technique, mais nécessaire: la sécurité numérique et l’électronique embarquée font désormais partie intégrante de l’entretien.
En filigrane, ces évolutions bousculent aussi l’achat et le leasing: envie d’une Audi R8 sans stress de rappels? Explorez LOA/LLD et garanties solides avec Joinsteer pour un rêve auto bien encadré.

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