
En Italie, un projet né à l’école Polytechnique de Milan veut changer une règle tacite de la location courte durée : d’habitude, il faut soit aller chercher une voiture à une station, soit compter sur un convoyeur pour la déplacer. Ici, l’idée est beaucoup plus directe : louer un véhicule sans convoyeur, parce que le véhicule vient à toi… tout seul.
Concrètement, la voiture se déplace de manière autonome jusqu’au client, s’immobilise devant chez lui, puis repart après usage vers sa prochaine mission : rejoindre un autre utilisateur, retourner dans la flotte ou passer par une borne de recharge.
Cette innovation est portée par Niulinx, une start-up italienne issue du Politecnico di Milano. L’entreprise annonce avoir réalisé une levée de fonds de 38 millions d’euros et veut bousculer le car-sharing en s’attaquant à un point très concret : la rotation des véhicules entre les utilisateurs.
Le concept est présenté comme une forme de conduite autonome « hybride » : la voiture peut assurer la liaison entre clients de manière autonome, mais avec une contrainte actuelle importante.
Pour matérialiser cette ambition, Niulinx s’appuie sur la Fiat 500 électrique. Cette base sert de véhicule d’expérimentation, équipée d’un ensemble de capteurs, de lidars et d’algorithmes d’intelligence artificielle pour analyser l’environnement, lire la signalisation et anticiper les flux urbains.
Mais pour l’instant, la partie autonome dédiée aux trajets de liaison entre clients est bridée : la Fiat 500e ne dépasse pas 30 km/h en mode autonome.
La démonstration technique a notamment été réalisée sur les routes de Segrate. Et si le résultat est jugé convaincant sur le plan technologique, la généralisation reste un marathon.
Le modèle économique évoqué s’oriente vers la fourniture de la technologie aux municipalités, afin qu’elles puissent piloter leur propre service de partage de véhicules. L’idée, à terme, est aussi d’ouvrir la porte à des solutions de « robo-carring » : des voitures capables d’apporter plus d’autonomie de déplacement à des publics comme les personnes à mobilité réduite ou les seniors, souvent dépendants d’un tiers au quotidien.
Comme souvent avec la conduite autonome, le verrou principal reste législatif. La législation italienne actuelle, comme dans une grande partie de l’Europe, a du mal à intégrer ces nouveaux usages dans le code de la route.
Malgré cela, Niulinx affiche sa confiance : l’équipe table sur une homologation pour une circulation autonome en conditions réelles d’ici trois ans. Une ambition portée par une équipe d’environ soixante ingénieurs, avec une moyenne d’âge d’à peine 25 ans.
Faire venir une voiture de location à ta porte sans conducteur, puis la voir repartir vers le prochain utilisateur, c’est la promesse simple et spectaculaire de Niulinx. Entre limites techniques actuelles (30 km/h en autonome) et défis réglementaires, le projet avance avec une idée forte : demain, la mobilité pourrait s’organiser autour de véhicules qui se déplacent d’eux-mêmes, au service des villes et de leurs habitants.
La voiture utilisée comme base est une Fiat 500 électrique (Fiat 500e).
La vitesse est limitée à 30 km/h en mode autonome.
Niulinx indique avoir bouclé un tour de table de 38 millions d’euros.

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